Au loin c’est Tétouan la blanche ! Mais encore faut-il y arriver …

Rabat, Ceuta, Tetouan

 

Mardi 9 janvier. Le compte à rebours prend bientôt fin puisque nous avons jusqu’au lendemain pour ressortir du Maroc.

Après une nuit au  camping de Kénitra, 75 bornes au nord de Rabat, Jérôme tourne la clef dans le contact et c’est reparti !

 

 

Dernière étape du road-trip

 

 

Enfin presque ….

 

A peine avons nous fait 500 mètres que l’embrayage (pourtant réparé de neuf en France il y a moins de 10 000 bornes par un garage Citroën) se met à faire un bruit affreux. Deux kilomètres plus tard, il devient évident que nous allons avoir un sérieux problème… Que faire ? Insister quand même et partir en direction de Ceuta en comptant rouler essentiellement sur l’autoroute et donc débrayer le moins possible ou … trouver un plan B ? 

 

Après un court G3 familial, je suis la seule à vouloir prendre le risque de continuer en direction de la frontière, les deux autres membres de l’équipe étant beaucoup moins chauds. Pourtant, il faut vraiment que nous ressortions du Maroc  ! En même temps, si nous restons en panne sur l’autoroute, ça risque aussi de nous faire perdre du temps et de l’argent. Bueno … Nous décidons de faire demi tour et de prendre la direction de Rabat en priant Allah, Dios et toute la clique que nous y arriverons sans l’aide d’une dépanneuse.

 

Vous penserez sûrement que c’était la décision la plus sage à prendre, mais vous ne savez pas qu’à ce moment de l’histoire nous avons rendu notre appartement et n’avons pas encore le suivant. En d’autres termes, nous n’avons pas de quoi nous loger à Rabat. Ce qui fait néanmoins pencher la balance en faveur de cette destination c’est que nous connaissons un garage sérieux qui pourra réparer le véhicule.

 

Nous nous enquillons donc prudemment sur l’autoroute en direction du sud. D’abord, parce que nous sommes au bord de la panne, ensuite, car la veille, au même endroit mais en sens inverse, un flic corrompu nous a extorqué du pognon. Le gars était d’une mauvaise foi crasse : bien que nous soyons sur l’autoroute, il nous avait vu franchir une ligne blanche en passant de la file de droite à celle de gauche. Or, il n’y avait pas de ligne blanche, évidemment. Pour que cette « infraction » soit pardonnée, il nous fallait cracher l’équivalent de 40 euros. Sans rire …  Furieux,  nous nous en sommes finalement tirés en lui abandonnant l’équivalent de 20 euros… Je hais ces sales types qui, ici comme ailleurs, déshonorent la police ! 

 

Mais, en ce mardi matin, rien de tout cela à l’horizon !  Mieux, et contre toute attente, l’embrayage se remet brusquement  à fonctionner ! C’est vraiment très très bizarre ou alors les divinités nous ont pris au sérieux, allez savoir !  Ne souhaitant plus changer d’avis, nous le stationnons dans son endroit habituel – le parking de notre club de tennis à Rabat. Pour une nuit et une seule, nous obtenons l’autorisation d’y dormir. Un bon point car ça nous fera économiser un hôtel.

 

Il n’en reste pas moins que nous devons toujours aller faire tamponner nos passeports à Ceuta et, sans le van, ça devient plus compliqué. Comme voyager c’est trouver des solutions aux problèmes que tu n’aurais jamais eu en restant chez toi bien au chaud devant ta télé, nous optons pour l’option location de voiture et nuit en AirBnB à Tétouan pour le mercredi soir, à proximité de Ceuta.

 

Mercredi matin, nous partons donc comme des balles  en direction de la frontière en voiture de loc’, abandonnant le Fiat à son triste sort. Si ça se trouve, c’était rien et nous aurions pu aller à Ceuta avec. L’avenir nous l’apprendra, mais pour l’instant, priorité au problème le plus urgent !

 

 

Passage de frontière plus compliqué que prévu…

 

Nous arrivons à la frontière vers 14 heures. Notre idée est littéralement de faire le tour du poteau et de revenir aussi sec au Maroc.

 

A cette heure de la journée, il n’y a personne dans la file conduisant aux services migratoires. Nous présentons donc nos passeports au préposé. Surprise ! Si Carlito et moi pouvons quitter le Maroc, Jérôme, lui, n’a pas le droit de sortir ! Aussitôt nos 2 passeports tamponnés, l’officier  nous fait circuler et je me retrouve dans le « no man’s land » seule avec mon fils, tandis que Jérôme est retenu du côté marocain. Vérification faite, je n’ai pas un centime sur moi et si, après avoir passé le poste frontière espagnol, le Maroc (de l’autre côté de la route) ne me laisse pas revenir dans la foulée , ça va être chaud !

 

 

 

 

En attendant, on se demande bien pourquoi Jérôme est bloqué côté marocain. Nous n’allons pas tarder à l’apprendre : comme il a un véhicule français enregistré à son nom, il n’a le droit de ressortir du Maroc qu’avec celui-ci ! ça tombe bien ! Il est en panne à Rabat … Pffff …. Mais les douaniers n’en démordent pas : en panne ou pas, pas de sortie terrestre sans le véhicule ! Ce qui sauve Jérôme c’est que, contrairement à Carlito et moi, il lui reste quelques jours supplémentaires avant que son visa touristique n’expire puisqu’il a fait un aller-retour en France en novembre. Il décide donc de ne pas insister et de régler la difficulté plus tard (nous apprendrons à notre retour à Rabat que dans ce genre de configuration, deux solutions s’offrent aux touristes : 1- attendre que la réparation soit faite et, si on a dépassé la date d’expiration du visa, se faire faire un laisser-passer par le commissariat du lieu où on se trouve; 2 – laisser le véhicule au Maroc (si son TIP n’a pas expiré) et ressortir en avion).

 

Pour en revenir à Carlito et moi, nous sortons donc côté espagnol et reprenons la file migratoire inverse. Nous serrons les fesses en espérant qu’une nouvelle péripétie ne viendra pas perturber notre magnifique et professionnelle organisation, et c’est finalement … OK !!! Tout ne peut pas aller mal, quand même ! Nous revenons au Maroc une demi heure après en être sortis. Oufffff ! C’est reparti pour 3 mois.

 

Pour se remettre de nos émotions, nous partons dormir à Tétouan, faisant un petit arrêt sur la côte à M’Diq, jolie petite station balnéaire marocaine aux influences espagnoles évidentes.

 

 

 

 

Tétouan la plus espagnole des villes marocaines ?

 

 

De Tétouan, nous ne savons rien. Nous avons juste loué un appart pour une nuit à l’entrée de la ville. Située au pied des montagnes du Rif, elle nous plaît immédiatement quand nous l’observons de loin depuis les fenêtres de notre airBnb.

 

 

 

 

Bien qu’il commence à se faire tard, nous partons visiter sa médina classée à l’UNESCO.

 

Malgré sa taille plus modeste que celle de Fes ou de Marrakech, les spécialistes la considèrent comme la médina la plus intéressante du Maroc en raison de son homogénéité et de sa préservation « telle qu’elle » sans influences ou modifications extérieures et postérieures. 

 

Elle est entourée de remparts datant du 15ème siècle percés par plusieurs portes.

 

 

 

Elle constitue, par ailleurs, un magnifique exemple de l’influence andalouse sur le territoire marocain à la fin du moyen-âge. Son aspect extérieur est d’ailleurs si proche de celui du quartier de l’Albaicin de Grenade qu’elle est aussi surnommée « la fille de Grenade ».

 

 

 

En cette toute fin de journée, la « Colombe blanche » nous séduit  avec ses rues voutées, ses étales de fruits et légumes, ses fours traditionnels d’où s’échappent d’appétissantes effluves de pains chauds et de gâteaux, ses fontaines mauresques …

 

 

 

 

En cette saison, la ville est peu touristique. A tel point que les rabatteurs nous tombent dessus comme la misère sur le bas clergé : rencontrés aux 4 coins de la médina, tous veulent nous convaincre de visiter « la » pharmacie berbère ! Oh punaise !!! Nous savons de quoi il s’agit car il y en a partout au Maroc et nous n’avons ni le temps, ni l’envie de faire une visite qui nous conduira ensuite à la caisse de la boutique les bras encombrés de produits dont nous n’avons pas besoin. Nous éconduisons donc tout le monde poliment et continuons notre visite en nous égarant plusieurs fois.

 

 

 

 

Cependant, il se fait tard et nous rentrons nous reposer de ces deux derniers jours de fous.

 

Au petit matin, avant de reprendre la route vers Rabat, nous refaisons un tour dans la médina, découvrant que des parcours historico-culturels sont organisés et faciles à suivre grâce à des petits symboles placés au sol. C’est pas le Freedom Trail de  Boston, mais c’est pas mal !

 

 

Ceux là !

 

Découverte le jour, la médina est vraiment superbe.

 

 

 

Des voutes

 

 

Mais allez savoir pourquoi tous les chats du monde aiment les boîtes en carton ?!

 

 

 

 

Comme il est tôt, ô joie ! les rabatteurs dorment encore… 

 

Nous partons ensuite visiter le quartier espagnol construit sous le Protectorat espagnol au début du 20ème siècle. Tétouan était d’ailleurs sa capitale de 1912 à 1956.  D’un point de vue architectural c’est un peu l’équivalent du quartier français art-déco de Rabat

 

 

 

 

Nous le trouvons agréable.

 

 

 

C’est entre ce quartier et la médina que se trouve l’un des nombreux palais royaux. Toutefois, il est impossible de s’en approcher.

 

 

 

 

Nous aurions volontiers flâné davantage, mais le temps passe et nous devons rendre notre voiture de loc’ le soir même à Rabat. C’est dommage car j’aurais apprécié de passer quelques jours de plus à Tétouan. Avec ses promenades en face des montagnes du Rif, elle a de faux air de Pau avec son boulevard des Pyrénées !

 

 

 

 

 

 

En attendant, nous fonçons en direction du sud-ouest, traversant un Maroc tout vert qui contraste à 100% avec celui des zones sahariennes observées quelques jours plus tôt.

 

 

 

 

Epilogue :

 

De retour à Rabat, nous nous rendons au chevet du Fiat. Les divinités l’ont abandonné : il faut nous rendre à l’évidence, l’embrayage est mort. Quelques jours après l’avoir garé, plus rien ne fonctionne de nouveau. 

 

Une dépanneuse est donc appelée et c’est ainsi qu’il finit les derniers mètres jusqu’au garage. 

 

 

 

 

De notre côté, nous avons retrouvé un appartement et pouvons y patienter tranquillement. 

 

Quelques jours plus tard, le diagnostic est posé : ce n’est pas la faute de Citroën. C’est le gars qui nous avait réparé le « Calorstat » à Ouarzazate qui a bousillé l’embrayage en y laissant couler dedans le liquide de refroidissement…. Jérôme l’avait engueulé, mais le type avait pris ça à la légère. 15 jours plus tard, à cause de sa désinvolture, nous sommes en panne… Pffff …

 

Pour des raisons techniques, cet article sera donc le dernier du moment : nous sommes toujours en panne à ce jour et, de toute façon, le quotidien a repris à Rabat.

 

Nous nous consolons en pensant que nous avons quand même pu réaliser une magnifique boucle de 3800 kms environ en 3 semaines ! Comme quoi voyager au Maroc c’est facile !

 

 

 

La suite quand il y en aura une …!

 

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