4 ans de vie en Colombie : quel bilan ?

Bon, voilà, je me décide à faire un bilan un plus long de nos 4 ans de vie en Colombie que celui que j’avais posté il y a quelques semaines sur FB car je sais que tout le monde est friand de ce genre de rapport.

 

Pour mémoire pour ceux qui ne nous connaissent pas, il y a tout juste 6 ans nous partions pour un voyage  en famille d’une année en Amérique du Sud avec notre fourgon aménagé. Sans autre intention que celle de voyager. Il y a 5 ans, nous prenions la décision folle de nous installer en Colombie, sur un coup de tête total. Il y a 4 ans, nous y emménagions. Depuis, nous ne sommes revenus que 2 fois 15 jours en France. C’est dire si nous nous sommes vraiment installés dans le pays hihi.

 

 

 

17 juillet 2017, adieu la France !

4 ans plus tard … On a mis les masques, c’est carnaval. Euh non, c’est covid ! Oui les nez dépassent, mais c’est que pour la photo of course !

 

 

Evidemment, ce genre d’exil volontaire sans le confort d’un salaire fixe payé par une administration ou une boîte internationale pour qui l’on travaillerait apporte son lot de surprises bonnes ou moins bonnes. Il y a eu le temps magique de la découverte, lors des 2 premières années (voir les 3 bilans que j’avais rédigés en 2018). Puis le temps loooong de la quarantaine de 6 mois que nous avons intégralement passée sans tricher dans notre pays d’adoption. Et puis, comme dans un couple, après l’euphorie des premiers amours, le temps du retour à la réalité, comme je l’ai expliqué dans mes deux derniers articles (voir ici et ici). Inutile d’y revenir.

 

Alors, où en sommes-nous ? Je vais parler à la première personne, mais globalement mes commentaires s’appliquent à tous les membres de la famille.

 

Ce que notre « exil » en Colombie nous a apporté et appris

 

Quatre ans plus tard, nous sommes toujours contents de vivre en Colombie, même si j’avoue avoir une forte envie de m’installer à mi-temps entre celle-ci et son frère le Mexique. A titre personnel (c’est moins vrai pour Carlito qui fantasme la France à partir de souvenirs enjolivés de sa petite enfance), nous ne souhaitons pas revenir vivre en France, même si nous aimerions revoir familles et amis plus souvent car ils nous manquent.

 

 

I’m a poor lonesome cowboy

 

 

En fait, bien que la Colombie soit plus pauvre, plus dangereuse et moins moderne que la France, nous continuons à nous y sentir bien.

 

D’abord et avant tout car ce pays nous a redonné la possibilité de vivre plus librement. Je ne peux pas vraiment expliquer cela, mais c’est un bonheur au quotidien que de ne plus avoir à subir la pesanteur de l’État français et de ses médias à la botte ! Ces incessantes pressions directes ou indirectes pour que tu te conduises comme on veut que tu le fasses, cette horrible façon de manier la société à coups de bâton et de récompenses, de culpabilisations en tous genres, de conseils stupides pour que tu adoptes des comportements soi-disant bons pour toi et pour tous… Perso, je ne pouvais plus supporter cet emprisonnement sociétal il y a déjà 4 ans (voir : « Vous quittez la France?! Mais quelle idée ?! »), mais dans le contexte actuel je deviendrais folle si je devais le subir . Je vous plains admire beaucoup de continuer à le faire !

 

 

Guatapé sous le soleil, mais les parapluies indiquent que la pluie n’est jamais loin

 

 

Ici, c’est une autre vie  depuis 4 ans. Sûrement parce que l’État au sens français du terme n’existe pas. Certes, l’État colombien assure un rôle régalien minimal et peut toujours nous emmerder sur des questions migratoires, administratives, fiscales ou pénales le cas échéant, mais pour le reste il nous oublie (même les mesures anti-covid sont presque désormais passées aux oubliettes, contrairement à l’an dernier). Et c’est juste jouissif ! Ai-je envie de rouler dans une bagnole de plus de 70 ans ? De me déplacer à cheval sur « l’autoroute » ? De ne pas manger 5 fruits et légumes par jour ? De faire ma prière dans un lieu public ? De ne pas scolariser mon enfant ? De ne pas me faire vacciner ? De me faire vacciner ? De ne pas respecter LES « normes » ? De polluer malgré moi ? De prendre tous les risques que je souhaite ? De rouler à 3 sur une moto avec le chien dans le top-case ? De crever éventuellement la bouche ouverte ? Je peux ! Je n’ai forcément toujours le droit de le faire, surtout pour la moto, mais je sais qu’on ne viendra pas me le reprocher. Et c’est bon !!! Oui ! Qu’est-ce que c’est bon de ne pas avoir cet Etat nounou qui s’immisce dans chaque aspect de ma vie privée pour me dire que faire et que penser pour ensuite me sanctionner si je ne suis pas sa doxa !

 

 

Zizi rider on the road

                              Colombia papa !

 

 

Alors bien sûr, la contrepartie est que nous avons réappris à prendre toutes nos responsabilités. Dans la mesure où l’État Providence ne subvient pas à tous tes besoins, ne t’assiste pas à chaque pas et dans la mesure où la plupart des assurances ne sont pas obligatoires, tu n’as plus du tout la possibilité de te défausser sur des tiers pour chouiner ou demander de l’argent en cas de malheur. Personnellement, j’adore ça. J’adore l’idée d’être un être souverain et adulte, susceptible de prendre des décisions réfléchies. Bien sûr, ce n’est pas toujours évident, c’est même parfois stressant car la plupart du temps tu avances sans filets et à tâtons, mais c’est absolument satisfaisant. Je me souviens de cette vie française où la loi nous imposait de nous assurer contre tous les fléaux envisageables, ce qui grevait fortement notre budget familial. Depuis 4 ans, nous avons choisi de n’avoir qu’une assurance santé et une assurance pour la moto et la voiture. Point final. Et c’est autorisé ! De toute façon, en Colombie, ta meilleure assurance reste de te confier entièrement et sans douter à Dios hihi

 

 

Quand tu bricoles peinard à 6 mètres de haut en bloquant la circulation avec ton échelle, ta meilleure assurance vie reste Dios (je précise que ce n’est pas Jérôme sur l’échelle hihi)

Et, de toute façon … Quien como Dios ?

 

 

En fait, nous avons (re)trouvé ici un mode de vie qui nous convient. Ne pensez pas que nous sommes veinards de jouir d’autant de liberté car, le revers de la médaille, c’est qu’il nous a néanmoins fallu déterminer comment en profiter au mieux. En effet, les contraintes d’un quotidien français bien réglé sont autant de lignes de sécurité, autant de moyens de ne pas trop penser à sa vie, de ne pas faire preuve d’imagination ou de volonté. Subir c’est parfois plus confortable que de s’auto-déterminer. Je parle en connaissance de cause. En Colombie, faire table rase du passé nous a nécessairement conduit à affronter toutes nos peurs et toutes nos paresses pour nous reconstruire un quotidien ayant plus de sens que celui que nous avions en France. Or, il y a plusieurs choses dont nous ne voulions plus : travailler comme des fous pour consommer comme des fous et négliger notre vie de famille. 4 ans plus tard, je crois l’objectif atteint. En nous installant à la campagne, suffisamment loin de toute grande ville, nous avons drastiquement réduit notre consommation : tout ce qui nous semblait important dans une vie de semi-citadins, comme acheter régulièrement de nouveaux vêtements, des jouets, des appareils électroniques, des merdouilles, faire des sorties un peu bébêtes est ici devenu absolument inutile. En réduisant notre faux besoin de biens de consommation, nous avons corrélativement fait baisser notre train de vie et nos revenus locatifs couvrent aujourd’hui notre budget annuel (déjà bien amélioré par un coût de la vie plus faible qu’en France, notamment sur l’alimentation, les services publics et sur les biens courants et locaux). Nous n’avons donc plus besoin de bosser comme des fous « à la française », ce qui nous laisse le temps de nous occuper de notre fils.

 

 

 

Don Carlito à la Comuna 13

 

 

Au sujet de ce dernier, nous poursuivons l’instruction en famille depuis que nous nous sommes installés à Guatapé (misèreu ! misèreu !). Principalement parce qu’il n’y a pas d’établissement scolaire correct dans le coin, ensuite, parce que de toute façon, depuis mars 2020 les cours n’ont pas repris en présentiel normal en Colombie. Alors, que vous dire sur l’IEF ? Que c’est une abominable tannée ? Que c’est une source sans fin d’engueulades matinales entre mon fils et moi ? Que je m’en dispenserais bien ?… Oui, voilà, tout ça à la fois hihi. Enseigner à son enfant c’est presque mission impossible. Et c’est une prof qui vous l’affirme : je préférais enseigner à un amphi de 600 étudiants qu’à mon seul enfant ! C’était beaucoup plus facile ! Néanmoins, comme il reste quand même un peu de psychorigidité au fond de moi, nous tenons un rythme strict depuis 4 ans. 3 heures de cours tous les matins, 5 jours sur 7. Nous ne prenons des vacances que lorsque nous voyageons. Et … miracle ô miracle, on avance bien ! Il débute sa 5ème actuellement et je le sens à l’aise, même s’il continue à faire beaucoup de fautes d’orthographe en français. Pour  détendre un peu mes nerfs, nous avons aussi pris des profs particuliers pour les matières que je n’avais pas envie d’enseigner. Il fait donc ses maths en espagnol (on fait ainsi d’une pierre deux coups) et pour l’anglais je viens de trouver une américaine pour lui faire bosser sa prononciation. Hourra ! Le reste du temps don Carlito pratique depuis 4 ans la  danse, le BMX et les arts-plastiques une dizaine d’heures par semaine dans le cadre des activités municipales gratuites que propose Guatapé chaque après-midi.  C’est vraiment chouette !

 

 

 

 

Un autre bon côté de cette vie en Colombie c’est aussi ce cosmopolitisme auquel nous n’avions pas vraiment accès en France. J’adore parler l’espagnol, le français et l’anglais au quotidien, j’adore cette confrontation à d’autres cultures qui questionne sans arrêt notre propre identité et nos propres limites. Je nous considère bénis d’avoir accès à cette richesse humaine et de pouvoir apporter une petite pierre à la bonne entente entre les peuples. Même si ce n’est pas toujours facile de se comprendre, même si les différences culturelles des uns et des autres sont autant de sujets d’amusements que d’éventuelles confrontations polies. Je suis ravie quand ma vieille voisine paysanne m’invite à boire un verre chez elle et déplore que nous pensions déménager car « un bien ne dure jamais », selon elle. Mais j’apprécie aussi quand des amis américains nous invitent à un après-midi « hotdogs et champagne » (hihi que voulez-vous que je vous dise ?!) dans leur finca de luxe : c’est Las Vegas à bon compte dans la campagne colombienne !

 

 

 

 

 

 

Enfin, à titre plus personnel, je suis contente d’avoir osé faire ici  des choses que je n’aurais jamais crues possibles en France. Devenir « leader social » d’une cause bien pourrie (voir l’article précédent), aider les gens dans la détresse l’an dernier sans me sentir mal ou orgueilleuse de le faire, et puis, plus intimement, apprendre à danser et à peindre à peu près correctement…. 

 

 

Je n’ai pas pu m’empêcher de raconter plein de conneries à la fin de la vidéo hihi

 

Une de mes aquarelles

 

 

Voilà, 4 ans plus tard, je reste convaincue que pour nous la Colombie était un bon choix. Je pourrais ajouter que la beauté du pays, la gentillesse de ses habitants en général,  l’absence de saisons, le climat idéal et parfait de Guatapé (bien que très pluvieux) nous plaisent toujours autant. J’ai même un ultime argument véridique et qui va vous faire marrer : en 4 ans, je n’ai pas mis une seule fois le pied dans une crotte de chien ! Mais quel bonheur ! Je pars de chez moi les pieds propres, je reviens chez moi les pieds propres ! Je vous entends ricaner derrière votre écran, mais c’est un point important la propreté ! Dans un registre comparable, pas une fois je n’ai renoncé à me rendre dans des toilettes publiques en Colombie, même au fin fond de la brousse ou dans un resto minable : elles sont toujours rutilantes. Car oui, mesdames et messieurs, au-delà de l’anecdote amusante, la Colombie est un pays généralement propre (je ne parle pas la côte caraïbes qui est dégueulasse, car c’est une autre Colombie) et nous autres européens pourrions avantageusement nous inspirer de nos amis colombiens dont l’hygiène est souvent bien supérieure à la nôtre…

 

 

C’est Dallas dans les toilettes publiques hihi

 

 

Il reste quelques points noirs cependant. 

 

 

Alors est-ce que tout est rose et facile ?

 

A vrai dire non, comme je l’ai déjà exprimé pendant notre quarantaine de 6 mois ou dans mes deux derniers articles. Mais nous avons tenu bon et continuons à le faire !

 

 

Faut dire que c’est bien mignonnet Guatapé

 

 

Néanmoins, pour tous ceux qui envisageraient un jour de franchir le pas et de rejoindre la Colombie, voici une liste de ce qui me (nous) pèse (encore) au quotidien :

 

  • tout d’abord l’éloignement géographique : la Colombie c’est loin de la France et les billets d’avion sont suffisamment chers pour ne pas te permettre de rentrer facilement dans ton pays d’origine quand tu en ressens le besoin. Sans parler des 7 heures de décalage horaire qui te défonce la tête …

 

  • dans le même ordre d’idée, il y a une autre sorte d’isolement géographique au sein même de la Colombie : c’est un pays de montagnes, dont les routes sont en mauvais état, parcourues par de très nombreuses motos inconscientes du code de la route, par des camions d’un autre temps et (dans une moindre mesure) par des voitures et des bus plus modernes (encore que …). Comme je l’ai souvent expliqué (voir ici et ici) te rendre d’un point A à un point B dans ce pays relève d’une sorte d’aventure incertaine et dangereuse, les distances ne se comptent pas en kms mais en heures de route et comble du bonheur les routes sont parsemées de nombreux et assez chers péages servant à enrichir des sociétés qui ne prennent en charge que le minimum du minimum des travaux… Du coup, vivre à Guatapé nous isole beaucoup, puisque les 70 kms et minimum 2 heures de trajet qui nous séparent de Medellin  ne se font qu’avec une certaine difficulté qui dissuade à peu près tout le monde de s’y rendre trop souvent 🙄

 

La preuve en direct du 10 juillet 2021

 

 

  • Dans un autre domaine, il y a aussi une certaine absence de modernité qui peut-être pesante quand tu vis hors d’une grande ville. Je ne pense pas à l’internet qui fonctionne bien à Guatapé et même mieux que lorsque nous vivions en France, mais à des petites choses comme ne pas avoir d’adresse postale, ce qui empêche donc de se faire livrer des colis ou comme celle de ne pas avoir un supermercado un peu plus sophistiqué que les petites supérettes du village. Sans compter les difficultés pour recevoir physiquement quelque chose en provenance d’Europe ou des US si on ne passe pas par une boîte bien onéreuse comme DHL …

 

  • Et que dire de la nourriture ??!! Sans faire offense aux colombiens, je ne rentre plus dans un de leur resto que lorsque je n’ai pas d’autre choix que de mourir de faim. Déjà il y a 3 ans (voir, « La Colombie, la gastronomie et moi ») , je succombais au régime « frijoles, riz, platanos », mais aujourd’hui …. Aaaarg …. Mais comment un pays avec une telle diversité de fruits et de légumes peut-il à ce point manquer de créativité culinaire ??? Comment est-il possible de manger tous les jours et partout les mêmes plats ? Aïe Dios ! 

 

  • Toujours au quotidien, il y a aussi l’absence d’un système éducatif correct dans les campagnes qui nous oblige à pratiquer l’instruction en famille, mais aussi l’absence d’un service de santé efficace. Sur ce dernier point, nous avons bien un « hôpital » à Guatapé, mais la qualité et l’offre de soins sont  vraiment minimales. Par ailleurs, le système d’assurance de santé est compliqué et, pour résumer, si tu tombes malade il vaut mieux directement te payer les soins toi-même en tant que « particulier », au risque de crever avant d’avoir eu accès à ton médecin référent payé par ta sécu (voir ici une de mes expériences). Ce qui n’incite guère à consulter

 

  • Parmi les gros gros inconvénients de la Colombie, il y a aussi  le bruit. Ce pays est un chaos auditif. Parce qu’ici personne ne se gêne pour personne (ou alors c’est rare). Il n’est absolument pas dans les moeurs d’envisager qu’on puisse déranger le reste de la communauté par un comportement inapproprié. Pourvu que l’on soit bien soi-même, les autres n’existent pas (et cela vaut pour absolument tout, en dehors du bruit). Chaque voisin met donc sa musique au plus fort qu’il le peut pour couvrir celle des autres, les boutiques font de même, les véhicules sont très bruyants (et très polluants), il y a aussi les animaux et les enfants qui hurlent … D’ailleurs, comme tout le monde est sourd dans ce pays, tout le monde crie pour se faire comprendre hihi…  Pour nous, c’est réellement ce qui nous épuise le plus. Ajoutez à cela le bruit des hélicoptères touristiques à Guatapé  et vous comprenez pourquoi nous nous languissons que les touristes rentrent chez eux le soir et que les voisins aillent se coucher le WE.

 

  • Plus spécifiquement à Guatapé ou à toutes les zones touristiques, je voudrais mentionner l’incapacité totale des autorités à gérer le tourisme de masse. Certes, il s’agit d’un phénomène récent, mais on dirait que personne ne veut réfléchir sérieusement à sa prise en charge. Comme pour beaucoup de choses ici, c’est l’immédiat qui importe et le lendemain n’existe pas. Or, chez les colombiens antioqueños, l’immédiat c’est de faire de l’argent, beaucoup d’argent. Ils vendraient leur mère. Si beaucoup sont illettrés, tous savent parfaitement compter. Surtout les pièces et les billets. Et cette relation souvent malsaine à l’argent engendre des catastrophes comme celle du dernier WE férié de 3 jours où la mairie, probablement grassement payée en dessous de tables, a accepté qu’une société privée organise sur 2 jours un triathlon en bloquant la seule route d’accès  à Guatapé et aux villages suivants. Résultat : des milliers de voitures de touristes non prévenus bloquées pendant des heures en plein soleil ; des milliers de participants au triathlon répandant le covid dans tout le village (il y a plein de clusters depuis) ; des monceaux d’ordures  laissés par les visiteurs dans la nature ; des habitants excédés pour le manque de respect général … Et un maire aux abonnés absents, comme pour l’histoire des hélicos qu’il laisse voler en toute illégalité…

 

 

 

 

Plus largement, s’installer en Colombie reste à mon humble avis une petite aventure quand on n’est pas « expatrié » au sens confortable du terme :

  • Il y a tout d’abord le thème des visas qui sont désormais difficiles à obtenir et encore plus  à renouveler même pour ceux qui « a priori » cochent les cases pour que cela se fasse facilement. Je ne sais pas quelle est désormais la politique migratoire du pays, mais la Colombie (et c’est tant mieux pour eux) préfère recevoir à tour de bras tous les vénézuéliens désargentés qui quittent leur pays et viennent grossir les rangs de la pauvreté et de la délinquance locale, plutôt que d’autres étrangers venus avec de l’argent pour investir… Les premiers ont toutes les facilités pour demeurer, les seconds tous les emmerdements administratifs possibles et imaginables … Allez savoir …
  • Il y a aussi le thème de la monnaie qui ne cesse de se dévaluer par rapport au dollar et à l’euro
  • enfin, toutes les règles officielles ou officieuses pour qui souhaiterait monter un business viable et en bonne et due forme dans ce pays ; une fiscalité absurde ; un droit du travail peu protecteur  …

 

 

Un destino a todo color

 

 

Voilà pour l’essentiel. Que rajouter ? Ah oui ! J’allais l’oublier ! Notre ami commun, le conarovirus ! Il a occupé la moitié de notre année 2020 et il est toujours là ! Il paraît qu’il est même très grave et très contagieux, à tel point que notre cher pays la France a cru bon de classer la Colombie en zone rouge, nous empêchant ipso facto pour la 2ème année consécutive de retourner voir nos familles.  Malgré tout, ici, il n’a plus jamais été question depuis septembre 2020 d’enfermer tout le monde. Le confinement a non seulement montré ses limites sanitaires, mais réussi à précipiter une petite moitié de la population locale dans la misère. Depuis Noël, les gouverneurs se sont donc contentés de mettre en place des mesures politico-inutiles de couvre-feux en soirée ou les WE, des picos y cedulas pour limiter le nombre de personnes faisant les courses au même moment et c’est à peu près tout. La pression médiatique du truc est retombée comme un soufflé et, bien que le port du masque soit toujours obligatoire tout le temps et partout, chacun vit désormais comme il le souhaite ou le peut. Dans la population, cohabitent donc désormais deux extrêmes : les hyper flippés quintuplement vaccinés, masqués, alcoolisés, sous cloche et … tous les autres qui s’efforcent de « vivre avec » qu’ils soient ou non vaccinés. Le seul point faisant encore consensus est la protection des enfants qui ne sont toujours pas normalement retournés en école présentielle depuis mars 2020. Pour les adultes, « se sauve qui veut et qui peut ». L’État ne met pas de pression particulière sur la vaccination (et ne pratique pas un chantage au confinement ou au pass sanitaire comme le fait Véran actuellement en France) et Dios protège tout le monde. De toute façon, dans un pays où désormais 42 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (en partie à cause des mesures de confinement de l’an dernier), le conarovirus apparaît comme un problème parmi tant d’autres et la mort n’est pas, comme en Europe, un affreux épouvantail que l’on peut agiter sous le nez des gens pour les effrayer. La mort, ici, a été apprivoisée de longue date et fait partie de la vie … Pour beaucoup, qu’importe qu’elle provienne du covid, d’un accident de la route, de la misère, voire d’une balle dans la tête. Elle arrivera de toute façon un jour, c’est une fatalité …. Ici, le quoi « qu’il en coûte n’existe pas », et je trouve cela finalement plutôt sain …

 

 

Colombia tierra querida !

 

 

 

 

 

Voilà, ce sera le dernier article pour le moment ! Je retourne à l’aquarelle, il me reste des progrès à faire.

Hasta lueguito et bonnes vacances !

 

2 pensées sur “4 ans de vie en Colombie : quel bilan ?

  • 10 juillet 2021 à 10 h 28 min
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    Hey Salut!
    Ça fait chaud au cœur cet article. On se reconnaît tellement dans votre vie et vos réflexions à 2 ou 3 détails près : l’ief notamment qui a été plutôt cool pendant 6 ans… Ça fait super plaisir de voir que d’autres voyageurs ont aussi osé se détacher du paraître et ne vivent pas leur aventure comme une autre forme de consommation, en s’orientant résolument vers une vie qui ébranle nos zones de confort.
    On a un excellent ami chilien qui vit en Colombie depuis peu et qu’on envisage d’aller visiter. Si vous êtes d’accord on fera volontiers un crochet pour partager un moment avec vous ✌️☺️.
    Belle journée

    Répondre
    • 10 juillet 2021 à 15 h 12 min
      Lien Permanent

      Hola mais oui bien sûr avec plaisir !
      Contactez nous par le blog !

      Répondre

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