Du voyage au long cours à l’expatriation, regards croisés de voyageurs

 

Pour fêter l’anniversaire de notre installation en Colombie, j’avais eu l’idée de proposer un bilan sous forme de 3 articles qui dépeignaient nos petites difficultés à prendre pied dans notre nouveau pays :

 

 

Bilan n°1- « Survivre sans mode d’emploi »

Bilan n° 2- « Profiter de la vie »

Bilan n°3- « S’intégrer »

 

 

Pour ce deuxième anniversaire, je voudrais avant toute chose rassurer mes lecteurs ! Nous avons trouvé une solution à chacun de nos problèmes : nous ne courons plus après les factures, nous mangeons à notre faim, notre voyage aux USA nous a permis de rapporter un énooooorme stock de pastilles pour lave-vaisselle (rhooo la gueule des douaniers s’ils avaient ouvert notre valise), nous picolons local … J’ai même fini par comprendre que lorsqu’un automobiliste met son clignotant à gauche, ce n’est pas pour tourner, mais pour indiquer qu’il est techniquement possible de le doubler … c’est dire à quel point nous nous sommes intégrés !  Enfin, notre Casa la vie est belle, maison d’hôtes, commence à fonctionner correctement grâce au bouche à oreille, nous permettant de faire de belles rencontres de voyageurs , tout en nous laissant  le temps de voyager ou de nous consacrer à nos autres activités. Le bonheur ou pas loin.

 

 

« Casa La vie est belle », Guatapé, Colombie

 

 

A propos de bonheur, j’ai fini par me demander si celui-ci était partagé par tous les voyageurs au long cours ayant sauté le pas vers l’expatriation. De là est née l’idée de cet article. Pour ce nouvel anniversaire, je voudrais présenter les avis croisés de quelques personnes ayant, suite à leur voyage au long cours, décidé de changer de vie et de s’installer à l’étranger. Car, oui, amis voyageurs, ne me dites pas qu’une fois au moins pendant vos voyages, vos breaks, vos parenthèses, vos tours du monde (appelez-les comme vous voulez) vous ne vous êtes pas dit : « je resterais bien les fesses dans le sable à contempler la mer plutôt que de reprendre mon job chez EDF en rentrant » ou (variante) « on est trop c … de rentrer dans nos vies d’occidentaux de zombies alors qu’on pourrait s’installer en Thaïlande dans un décor de rêve » ou (re re variante) « mais pourquoi on ne deviendrait pas pêcheurs de crevettes sur la côte du Salvador plutôt que de rentrer en France »? (etc, etc). A moins que comme nous, vous n’ayez jamais eu l’intention de vous installer à l’étranger et que vous ayez finalement franchi le pas sur un coup de tête …

 

Du rêve à la réalité, il y a cependant un cap à franchir qui nécessite quelques petits gros efforts, un peu comparables à ceux que l’on rencontre quand on part en voyage, mais puissance maximale. Avec le recul des années qui passent, je me rends compte que si le voyage au long cours (malgré son extrême popularité) n’est pas à la portée de n’importe qui (et je ne parle pas des questions financières), l’expatriation est une marche supplémentaire à gravir qui nécessite quelques précautions afin de ne pas se casser la figure dans son nouveau pays. Et de ce point de vue, il me semble qu’il  existe une énorme différence entre le français payé par son entreprise pour aller bosser à l’étranger et celui qui part volontairement et sans filet s’installer à l’autre bout du monde pour y débuter une nouvelle vie. Le premier peut compter sur une sécurité et un salaire assurés, mais subit de fortes contraintes d’adaptation à marche forcée  souvent liées à la durée du contrat signé qui impliquera un nouveau déménagement à court ou moyen terme. Le second, lui, bénéficie d’un temps long et d’une liberté d’action, mais ne peut compter que sur sa volonté et son optimisme pour créer une nouvelle vie à la hauteur de ses espérances (… et finalement, pour s’inscrire dans une démarche d’immigration, plus que d’expatriation).

 

Dans le cadre de cet article, pour limiter un peu mon sujet, je n’ai interrogé que d’anciens voyageurs au long cours installés depuis au moins 2 ans, afin qu’ils aient un peu de recul sur leur nouvelle vie. Mon choix est évidemment arbitraire et restreint, mais si d’autres voyageurs me lisent et souhaitent témoigner, cet article leur est grand ouvert. N’hésitez donc pas à me contacter pour compléter les propos suivants. Pour l’heure, je donne la parole à Malika et Aurélie et espère que d’autres les rejoindront !

 

 

Présentation des voyageurs

 

 

Malika : « Nous sommes une famille marocaine, Anouar, mon mari et nos 3 enfants Meïssa (15 ans), Mehdi (14 ans) et Maya (13 ans). Nous vivions au Maroc avant notre voyage au long cours pendant 3 ans en Amérique du sud « .

 

 

 

 

 

Aurélie :  » Nous sommes la famille L.A.C.A. WORLD TRIP : Lou-Ann 10 ans et demi, Anthony 8 ans, Charles 40 ans, Aurélie 38 ans. Nous sommes partis de France en Février 2015 à bord d’un camion 4×4 Renault 110-150 que nous avons entièrement aménagé. Nous étions restaurateurs en Savoie. Nous avons voyagé 2 ans et demi avant de nous installer au Paraguay ».  

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

 

 

 

Où est-il possible de vous rencontrer aujourd’hui ?

 

 

 Malika : « nous vivons à Silvia, dans le sud ouest de la Colombie. Notre camping et nos chambres d’hôtes accueillent touristes en backpack et voyageurs en camping-cars » :

 

 

« Campgound La Bonanza, chez Kika », Silvia, Colombie  :

La Bonanza, Colombie

 

 

 

Aurélie : « Nous sommes à La Colmena au Paraguay. Chez « Tranquilo« , nous recevons  les camping-caristes mais aussi les backpacks dans notre cabaña romantica. Nous faisons aussi pizzeria »

 

 

« Tranquilo », pizzeria, camping et chambre d’hôtes à La Colmena, Paraguay

Tranquilo, La Colmena, Paraguay

 

 

 

Quel type de voyage au long cours avez vous fait avant votre installation en Amérique du Sud ?

 

 

 

Malika et Anouar

Malika : « notre voyage en Amérique du sud a duré  3 ans au cours desquels nous avons parcouru la plupart de ses pays, y compris le Venezuela qui, à l’époque n’était pas encore fermé. 3 années passées à bord d’un camping-car intégral Cartago, à la découverte des paysages et des habitants. Arrivés en Uruguay, nous sommes rentrés par ce même pays au Maroc où nous sommes restés un an et demi avant de revenir vivre en Colombie ».

 

 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « nous avons d’abord voyagé 6 mois en Europe de l’Est (France, Italie, Croatie, Montenegro, Albanie, Grèce, Turquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie) puis après quelques modifications sur le camion nous l’avons déposé à Anvers direction Montevideo en Uruguay en septembre 2015. Nous n’allions pas vite et avons pris notre temps en Patagonie Argentine et Chilienne. Nous avons également visité une petite partie de la Bolivie, du Sud Lipez jusqu’au pantanal bolivien et aussi le pantanal brésilien avant de découvrir le Paraguay« .

Blog :

 

 

 

 

Aviez-vous prévu de changer de vie

quand vous êtes partis en voyage ?

 

 

Après les présentations, cette question m’intéressait particulièrement ! En effet, en ce qui nous concerne, nous n’étions pas partis en voyage dans le but de nous installer à l’étranger. Mieux, nous n’avions même pas prévu de visiter la Colombie et avons failli ne jamais venir à Guatapé . Jusqu’au moment où nous avons franchi le seuil de ce village, il était bien entendu que nous rentrions en France pour y reprendre nos boulots. Quelques jours plus tard passés à Guatapé notre décision de changer totalement de vie était prise… à notre plus grande surprise ! Il ne nous restait plus qu’à tout organiser pour mettre fin à notre quotidien français ! Si vous cherchez des fous s’étant expatriés sur un coup de tête total tout en ayant une vie bien établie en France, c’est nous ! Qu’en est-il pour les autres ?

 

 

Malika et Anouar

 

Malika : « Pour nous, le voyage était déjà un grand changement de vie et il est vrai que nous gardions toujours en tête l’éventualité de changer de lieu et de mode de vie. L’Amérique du sud nous a convaincu. Nous y avons retrouvé la chaleur humaine et le côté hospitalité que nous connaissons dans notre pays ».

 

 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Lors de notre départ, nous savions que nous voulions changer de vie et donc nous avions tout soldé en France pour partir libre et sans date de retour. Nous avons été tellement surpris par la richesse humaine des pays visités que dès notre départ on se voyait déjà bien vive en Albanie, en Grèce, en Bulgarie …. Puis en Patagonie etc …. Pour s’arrêter définitivement au Paraguay ».

 

 

 

 

 

Pourquoi avez-vous choisi le pays

où vous vous êtes installés ?

 

 

Comme je l’ai dit ci-dessus, nous n’avions pas prévu de nous installer à l’étranger. Lors de notre voyage au long cours, tous les pays que nous avons traversé nous ont séduits en tant que voyageurs, et plus particulièrement les paysages chiliens. Pour autant à aucun moment nous ne nous étions projetés vivre ailleurs qu’en France. La Colombie a constitué pour nous un véritable choc. Nous n’avions entendu que du mal de ce pays dans les médias et y avons découvert l’exact opposé de ce que ces derniers décrivaient : un Etat alliant modernité et traditions, en voie de pacification, avec une économie solide et des habitants le coeur sur la main. Nous nous y sommes sentis tellement bien que nous avons décidé de nous y installer. Qu’en est-il pour les autres ?

 

 

Malika et Anouar

Malika : « Nous avons surtout choisi la Colombie pour l’accueil, la gentillesse et l’hospitalité de son peuple. L’aspect économique était aussi important, puisqu’il s’agit d’un pays ayant un véritable potentiel de développement. Enfin, last but not least, vivre en Colombie c’était vivre dans des paysages aussi superbes que variés, offrant une diversité de climats vraiment intéressante « .

 

 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Nous avons choisi le Paraguay car ce pays a été une immense surprise. Avant, nous ne savions même pas où le situer sur la carte ! Aujourd’hui nous pouvons vous dire que c’est un pays où il existe des relations humaines ayant du sens. «Compartir » (partager) est très important et la nature y est omniprésente. C’est un Etat qui s’ouvre seulement maintenant. Tout se fait simplement et il y a toujours des solutions ! En outre, nous avons le sentiment d’être libres ! Nous avons plus particulièrement choisi la petite ville de La Colmena (130 km d’Asunciòn) qui se trouve près du parc national Ybycuí entourée de cascades, de collines, où nous adorons nous promener. Vivre à proximité de cette forêt luxuriante où seuls les sons des animaux nous bercent est une expérience formidable ».

 

 

 

La décision de quitter votre ancienne vie

a-t-elle été facile à prendre ?

 

 

Cette question, beaucoup nous la posent souvent. Est-il facile de se décider à quitter le connu pour l’inconnu total ? A se lâcher des deux pieds et deux mains sans aucun filet ? A faire confiance à ses intuitions et à la vie ? Hum … j’aurais tendance à penser que tout est très relatif et dépend vraiment du caractère et des attachements de chacun. En ce qui nous concerne, la balance penchait à 95% en faveur de la France où nous avions non seulement famille et amis, mais aussi deux belles carrières professionnelles  que nous allions retrouver à notre retour. Peu de gens auraient choisi l’aventure à la sécurité avec nos données personnelles. Pourtant, il nous a fallu très peu de temps pour nous décider à tout quitter et à inventer une autre vie dans un Ailleurs inconnu. Probablement car nous avons l’un et l’autre le goût du risque, une sainte horreur de la routine et une vraie confiance en nous. Et puis, il n’est pas impossible qu’au fond de nous, nous en ayons eu ras-le-bol de la France sans nous oser nous l’avouer vraiment. L’avis des autres voyageurs me montrent que chacun réagit différemment.

 

Malika : » En ce qui nous concerne, la décision n’a pas été facile à prendre car, dans notre cas, la grande difficulté était la séparation avec la famille. Nous avions déjà quitté notre zone de confort pour partir en voyage donc le reste n’était pas vraiment difficile. En revanche, la famille, les parents, les frères et sœurs nous manquent beaucoup ». 

 

 

 

 

Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Quant à nous, nous avons pris notre décision facilement à la suite d’un enchaînement de mésaventures et de ras le bol. Après avoir vu un article sur la famille CHAMACO, on s’est regardé et on s’est dit « Et si on partait aussi ? – OK – OK, donc dans 3 ans jour pour jour on part ?! …. – OK ! » et le 17 janvier 2015, jour pour jour, nous emménagions dans notre camion. C’était le début d’une nouvelle vie loin de la France qui nous a finalement conduit jusqu’au Paraguay ! ».

 

 

 

 

 

Quelle a été la réaction de vos enfants  ?

 

 

Si vous posiez la question à Carlito, il vous expliquerait probablement que ses parents sont de vrais monstres qui ne lui ont pas  laissé le choix de l’expatriation ! Même si nous avons longuement parlé avec lui de cette décision de partir vivre en Colombie, j’admets que nous ne lui avons pas laissé d’autre alternative que celle de nous suivre. Nous savions malgré tout que le voyage lui avait plu et que la Colombie l’avait séduit autant que nous. Ses attachements aux copains étaient plutôt légers car il n’était allé à l’école qu’en petite et moyenne section au moment du voyage et n’a fait qu’une année en CE1 quand nous sommes rentrés liquider notre vie française. Je ne nie pas que la séparation d’avec ses grands-parents et cousin(e)s n’était pas douloureux pour lui, mais ce n’était pas un argument suffisant pour nous faire rester.

 

 

Mehissa, Mehdi et Maya

Malika : « Dans notre famille, les enfants ont été heureux d’autant plus que nous avons pris la décision tous ensemble ! Le voyage avait déjà été pour eux une magnifique expérience. Changer de vie à nouveau était donc une nouvelle aventure en vue. En plus, ils étaient tombés amoureux de l’Amérique du Sud et la Colombie leur avait beaucoup plu. Tous les feux étaient donc au vert en ce qui les concerne ! ».

 

 

 

 

 

Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Les enfants à l’époque avaient  6 ans et  3 ans et demi. Notre fille était triste de quitter sa classe et ses copines. Encore maintenant elle a des petits moments de nostalgie mais cela ne dure pas plus de 24 heures !!! Elle adore aller à la rencontre d’autres enfants. Pour Anthony, il a suivi le groupe… et s’est très vite habitué à notre vie de nomade. Lui qui était plutôt introverti s’est ouvert aux autres et a appris à communiquer et à se faire comprendre. Ils ont bien pris les choses et en même temps nous ne leur avons pas laissé le choix ; c’est peut être pour cela que tout c’est bien passé !!!

 

 

 

 

Avez-vous rencontré des difficultés

pour quitter votre pays d’origine ?

 

 

Quitter la France … vaste sujet ! Je crois que tous les voyageurs au long cours en savent quelque chose car, finalement, les démarches sont similaires que l’on souhaite s’accorder une parenthèse ou une expatriation : mettre fin à tous les abonnements, prévenir les administrations, ses employeurs, organiser tout ce qui concerne les impôts … Il me semble que c’est absolument le plus long et le plus décourageant dans les deux types de démarches. Nous l’avions déjà vécu en 2015 au moment du voyage. Et nous sommes rentrés un an en France avant de déménager en Colombie histoire de tout régler, mais cette fois-ci de façon définitive : vente de la maison, des entreprises, régler le problème de l’école, celui du déménagement …. Pffff … c’était affreux ! Je constate que les autres voyageurs partagent mon ressenti :

 

 

Malika et Anouar

Malika : « Dans notre cas, il s’agissait de quitter le Maroc. Et bien sûr, il a fallu s’attaquer à la résiliation de  tous les contrats divers et variés liés à  la vie de sédentaire, puis identifier où nous allions atterrir, prendre la bonne décision du lieu de vie, organiser un déménagement … Beaucoup de stress quand même ! « 

 

 

 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières pour quitter la France sauf peut être au niveau de l’école. L’école de Lou-Ann n’a pas bien pris le fait qu’on déscolarise notre fille pour voyager. Le directeur académique est allé jusqu’à nous obliger à inscrire nos enfants au CNED sous menace de poursuite ».

 

 

 

 

 

Avez-vous rencontré des problèmes administratifs pour vous installer dans votre nouveau pays ?

 

 

Personnellement j’ai trouvé que s’installer en Colombie était plus facile que de quitter la France de ce même point de vue. La question centrale lors d’une expatriation concerne les visas. En effet, vouloir s’installer nécessite l’obtention d’un visa autre que touristique. Or, chaque pays possède sa propre politique migratoire (souvent fluctuante) et peut exiger des étrangers un certain nombre de choses comme un investissement financier ou un statut (étudiant / retraité), par exemple. En Colombie, il existe plusieurs visas offrant la possibilité de s’installer pour une période plus ou moins longue. Le top consiste à obtenir le visa de résident (qui permet de résider pendant 5 ans et qui est renouvelable sous certaines conditions). En achetant une maison, et donc en investissant une somme importante, nous pouvions prétendre à ce dernier. Sans cela, la durée des visas est beaucoup plus courte et leur renouvellement est soumis à des conditions de plus en plus strictes qui n’existaient pas il y a quelques années encore. Pour ne pas nous tromper dans les formalités migratoires, puis bancaires, nous avons préféré prendre une avocate pour mener à bien ces formalités. C’est également elle qui s’est chargée des démarches pour acheter la maison. Sans regret ! Enfin, pour ne pas nous tromper dans l’établissement de notre déclaration d’impôt (chose assez complexe dans le monde entier, je ne vous apprends rien), nous avons trouvé un comptable pour s’en occuper. Comment ont fait les autres voyageurs ?

 

 

Malika et Anouar

Malika : « Nous, nous avons pris un avocat pour faire nos visas et organiser notre nouvelle vie. Ce n’est ni facile ni difficile c’est juste un processus administratif à suivre. Nous avons trouvé qu’en Colombie tout est clair et bien organisé. Si rien n’est compliqué en soi, il faut néanmoins de la patience.  En outre, notre activité touristique a nécessité la création d’une entreprise, puis son inscription au registre national de tourisme. Mais encore une fois, rien de très compliqué à partir du moment où l’on suit le processus logique. Il en va de même pour l’achat de la maison : nous avons trouvé que le « e-gov » en Colombie est très bien fait. L’information se trouve facilement et il suffit d’appliquer ce qui est demandé. Les notaires aident beaucoup dans cela ». 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Cela reste facile, pour le moment, de s’installer au Paraguay. Même si les choses changent très vite.
Nous avons demandé la résidence permanente à vie en tant qu’investisseurs. Les formalités ont pris entre 4 mois (pour les adultes) et 6 mois (pour les enfants) pour obtenir la résidence à vie et la carte d’identité (cedula). Nous avons acheté notre terrain sans problème :  pas besoin de permis de construire ou autre paperasse. Nous sommes responsables de ce que nous construisons. Il faut bien sûr déclarer notre activité et payer les taxes en vigueur à la commune annuellement, ainsi qu’avoir un comptable ».

 

 

 

Comment se passe la scolarité de vos enfants

depuis que vous vous êtes installés ?

 

 

La question de l’école s’est inévitablement posée lorsque nous avons emménagé en Colombie. A l’époque Carlito aurait débuté son CE2 en France, avec une année d’avance. En discutant avec les colombiens, plusieurs problèmes apparaissaient : le faible niveau de l’école publique (non pas qu’en France nous soyons en tête des classements internationaux, mais la Colombie fait encore pire dans le classement PISA …), le coût et surtout l’éloignement des écoles privées, les horaires de l’ensemble d’entre elles et le petit niveau en espagnol de notre écolier. Nous avons donc opté pour l’école à la maison que nous allons poursuivre cette année encore pour une quatrième fois (si j’inclus celle du voyage). Pour nous cette solution reste la meilleure car elle permet à Carlito de continuer à apprendre correctement le français, tout en respectant le rythme familial. En effet, il était hors de question de nous lever chaque matin à 5h30 pour que celui-ci puisse être à 7h à l’école. Dans ce cas, autant rester dans notre vie française hihi. Les après-midis sont consacrées aux sports et aux copains. Guatapé nous offre la chance inouïe de pouvoir pratiquer de très nombreuses activités sportives, artistiques et culturelles à volonté et gratuitement. Carlito a choisi le BMX et la danse, ce qui lui permet de côtoyer des garçons et des filles de son âge qu’il retrouve aussi au parc de jeux chaque jour. Grâce à cela il parle désormais très bien l’espagnol et a des copains. Les autres voyageurs ont-ils fait des choix comparables ? 

 

 

Mehissa, Mehdi et Maya

Malika : « Nos enfants continuent à étudier à distance au travers du CIDEAD qui est un organisme du ministère de l’éducation espagnol. Nous en sommes très satisfait. Le calendrier scolaire colombien étant différent du nôtre et le niveau étant plus bas nous avons préféré garder ce système d’éducation scolaire que nos enfants apprécient beaucoup. Ils ont des amis dans le village et font plusieurs activités à la maison de la culture qui leur permettent de rencontrer d’autres jeunes de leur âge ».

 

 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « La scolarité des enfants est la même que lors de notre voyage. Chaque matin nous faisons 1h30 à 2h d’école par jour, tous les jours sauf le week-end. Nous ne faisons pas de vacances « scolaires ». Les après-midis, ils se rendent à l’école du village où ils apprennent l’histoire, la culture et la langue (le guarani qui reste langue officielle avec l’espagnol) du Paraguay. Ils se sociabilisent avec les enfants du village. Ils se sont très vite et très bien intégrés ».

 

 

 

 

Question cruciale : arrivez-vous à vivre

de votre activité ?

 

 

Je pense vraiment qu’il s’agit d’une question fondamentale. A Guatapé, nous avons la chance de côtoyer énormément de touristes et de voyageurs français et il n’est pas rare que certains d’entre eux se mettent à rêver de venir vivre ici : la Pierre, le lac, le beau temps, la gentillesse des colombiens … tout est fait pour donner envie. Le niveau de vie, également, paraît beaucoup plus abordable qu’en France. Pourtant, comme l’a remarqué un collègue blogueur, la Colombie n’est pas forcément un pays bon marché et faire du business dans ce pays nécessite certaines connaissances et précautions afin de ne pas déchanter à grande vitesse. 

 

Sur ce sujet, voir les articles suivants de l’excellent blog Vivre en Colombie :

 

Quant à Guatapé, disons-le clairement, même s’il reste des niches pour développer des activités de nature touristique (notamment des hôtels de luxe ou des restos de qualité), le marché est désormais presque saturé. L’offre hôtelière est pléthorique, des centaines de biens sont en location sur airBnb et il ne passe clairement pas assez de voyageurs en camping-cars pour ouvrir un camping et en vivre (surtout s’il s’agit d’amortir l’achat d’un terrain bien situé et donc coûteux). Même constat pour l’offre de restauration : quand un local n’est pas consacré à la vente de souvenirs ou d’artisanat, il abrite un resto ou un bar. Or, comme les loyers sont chers pour la Colombie, beaucoup s’ouvrent et se referment quelques mois plus tard. Enfin, les prix des terrains, des locaux commerciaux et des loyers sont entrain de flamber dans la zone de Guatapé et je ne pense pas que nous aurions aujourd’hui les moyens de nous offrir la maison que nous avons acheté il y a 3 ans.

 

Il me semble donc que quitter la France pour venir en Colombie dans l’idée  « de se faire de l’argent ou une vie facile », sans investir de son temps ou de son argent n’est pas jouable. Au contraire, avant de s’expatrier, il est clairement préférable d’avoir un projet réaliste et des économies  permettant d’obtenir un visa, d’investir dans un bien ou un business  viable, puis de passer une, voire deux années, en attendant de pouvoir vivre de son activité colombienne. Et le tout en gardant à l’idée que le système fiscal colombien est compliqué et potentiellement gourmand et que le salaire dégagé sera « colombien » (c’est à dire permettant de vivre en Colombie, mais pas forcément suffisant pour voyager ou revenir régulièrement en France).

 

En ce qui nous concerne, nos chambres sont davantage un moyen de rester en contact avec les voyageurs que de vivre. Et heureusement. Qu’en est-il pour les autres voyageurs ?

 

 

Malika et Anouar

Malika : « Pour l’instant notre activité colombienne n’est qu’un complément. Cette dernière couvre une partie de nos charges de fonctionnement du camping/maison d’hôtes. Mais, cela fait à peine 8 mois que nous sommes officiellement ouverts et que nous facturons… Nous espérons pouvoir en vivre à long terme, mais pour l’instant nous comptons aussi sur d’autres sources de revenus non colombiens »

 

 

La Bonanza, Silvia, Colombie

 

*

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Notre activité touristique (resto/bar piscine location de cabañas) nous permet aujourd’hui de vivre. L’accueil de voyageurs (en camping) est un plus. Mais cela demande beaucoup d’énergie et de travail car nous ne vivons pas dans un pays très touristique et que tout est à faire. Les outils de communication ainsi que la culture sont très différents de ceux de la France. Nous sommes retombés dans le même stress de boulot qu’en France. C’est donc la raison pour laquelle nous souhaitons vendre «Tranquilo ». Ce qui nous permettra de nous recentrer sur nous et notre projet de départ, de nous construire une maison, toujours à La Colmena au Paraguay car nous aimons vraiment ce pays, et surtout de repartir de temps en temps sur les routes car ça nous manque depuis ces 2 années de « sédentarisation ». Nous serons toujours ravis d’accueillir les voyageurs qui désireront venir chez nous et boire l’apéro !!!  » (PS Aurélie : nous arrivons !!!)

 

 

Tranquilo, La Colmena, Paraguay, coin voyageurs

 

 

 

Qu’est-ce qui a changé en positif et en négatif

de votre vie antérieure ?

 

 

En ce qui nous concerne, hormis l’éloignement familial et amical, le changement de pays n’a été que positif ! Pas une seconde nous n’avons regretté d’avoir déménagé en Colombie ! Il y a évidemment du positif quant au cadre de vie et au quotidien beaucoup moins contraint par le combo « travailler plus pour consommer plus ». Mais, je dirais que le plus important changement pour nous a été de renouer avec des relations humaines de qualité s’établissant à partir du coeur et non des intérêts, que ce soit avec les colombiens ou les vénézuéliens que nous fréquentons, ou avec les voyageurs que nous recevons ou rencontrons à Guatapé. Bien sûr, le côté systématiquement éphémère des rencontres avec ces derniers est assez frustrant, mais il nous a appris à vivre dans l’instant présent et à profiter des bons moments quand ils sont là. Sans retarder, sans procrastiner, comme on peut malheureusement le faire avec des amis de longue date parce qu’ils font partie du décor. 

Qu’en pensent les autres voyageurs ?

 

 

Malika et Anouar

Malika : « Depuis que nous vivons en Colombie, notre qualité de vie est meilleure qu’au Maroc et nous avons enfin la sensation de faire ce que nous voulions. Le gros point noir reste pour nous  l’éloignement de la famille qui nous manque beaucoup ».

 

 

 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Heureusement il y a plus de positifs que de négatifs ! Nous avons appris sur nous et sur nos enfants. Leur communiquer les valeurs de la vie et le respect des autres est pour nous important. Le fait de vivre librement et de briser toutes les barrières que l’on s’impose voilà le bonheur ! Nous savons aujourd’hui ce que nous voulons et surtout ce que nous ne voulons plus ! Bien sûr le petit moins, c’est que nous sommes loin de la famille et des amis ».

 

 

 

 

Conseilleriez vous de venir vivre

dans votre nouveau pays ?

 

 

Sous les réserves mentionnées ci-dessus, je conseillerais évidemment la Colombie ! 

 

 

Malika et Anouar

Malika : « Totalement. C’est un pays que nous recommandons fortement. Nos enfants y sont heureux et se sont rapidement appropriés leur nouvelle vie. Il fait bon vivre dans un pays où la joie de vivre est présente malgré un passé lourd. 
Certaines personnes ne voient que les difficultés du pays mais sincèrement ne les trouve-t-on pas partout où de manière différente dans tous les pays du monde ? « 

 

 

 

 

 

 

Aurélié, Charles, Lou-Ann et Anthony

Aurélie : « Nous ne pouvons que conseiller aux personnes en quête de changement de vie de venir s’installer au Paraguay ou du moins de le visiter. Les paraguayens sont vraiment accueillants et aimables. Et il y a ce sentiment de liberté et de tranquillité qui est tellement agréable !!! Question business, il y a de quoi faire ! Tout dépend du rythme de vie que l’on souhaite.
Quant aux enfants, ils vous recommandent vraiment de venir au Paraguay parce que :
– C’est beau,
– Il y a beaucoup de balades au milieu de saltos, des forêts, des animaux ….
– Les gens sont très gentils,
– On voit très bien les étoiles, 
                                           – On peut être dans la benne du pick-up quand nos parents conduisent
                                           – ON EST LÀ !!!! »

 

 

 

Pour aller plus loin, voici quelques liens vers d’autres articles

qui m’ont intéressée :

 

 

 

 

J’attends aussi les témoignages de tous les (voyageurs) expats qui auront la gentillesse de collaborer en écrivant leurs ressentis dans les commentaires ci-dessous !

 

 

4 pensées sur “Du voyage au long cours à l’expatriation, regards croisés de voyageurs

  • 25 juillet 2019 à 23 h 16 min
    Lien Permanent

    Très intéressant de croiser les retours d’expériences ! Merci pour vos témoignages à toutes les 3
    Nous venons de rentrer de 11 mois de voyage en mode backpack. Hélas, nous n’avons pas visité l’Amerique du sud qui semble magnifique. Ce sera pour une prochaine fois car pour le moment, nous prévoyons notre immigration au Québec d’ici 3 mois.
    J’ai été embauchée par l’école publique dans le secteur de Montréal !
    C’était ce que nous voulions aussi au départ, partir et ne pas revenir défini en France. Rdv dans 2 ans pour la suite du bilan

    Répondre
    • 26 juillet 2019 à 0 h 08 min
      Lien Permanent

      Oui avec plaisir !!!
      Bonne installation à vous ! On reste en contact en tout cas car nous viendrons sûrement au Québec un de ces jours !

      Répondre
  • 26 juillet 2019 à 1 h 21 min
    Lien Permanent

    Merci pour ces témoignages. C’est très instructif.
    On voyage en Amérique du Sud avec nos deux enfants. On est actuellement en Argentine. On a le projet de remonter jusqu’en Équateur pour éventuellement s’y installer et ouvrir aussi une petite affaire.
    On est attiré par ce pays mais on se pose encore beaucoup de questions sur la viabilité du projet.

    Bonne continuation !

    Répondre
    • 26 juillet 2019 à 2 h 36 min
      Lien Permanent

      Il y a déjà des familles installées dans ce pays, je peux vous donner leurs coordonnées si vous voulez. L’une d’elle doit d’ailleurs participer à l’article quand elle aura le temps

      Répondre

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