En route pour Gringoland !

Los Angeles, Las Vegas, Valley of fire

 

Voici déjà plus de deux ans que nous avons mis un terme à notre (premier) voyage au long cours. Deux ans complètement fous, riches en rebondissements, essentiellement consacrés à notre installation en Colombie … Mais deux ans loin des frissons de la route (enfin, façon de parler puisqu’on se fait peur tous les jours sur les routes colombiennes hihi. Disons, loin des frissons de la découverte quotidienne)…

A Guatapé nous côtoyons chaque semaine des voyageurs et chaque semaine nous nous interrogeons sur la pertinence d’avoir acheté une si grande maison qui, certes, fait notre bonheur et celui de nos visiteurs, mais n’en reste pas moins un boulet aux pieds des voyageurs que nous n’avons jamais cessé d’être au fond de nous.

L’envie de repartir était en nous, ne serait-ce que pour quelques jours ou pour quelques semaines !Il restait à trouver une solution pour faire garder Nala notre « perra loca » (vous ai-je déjà parlé de notre chienne berger-allemand, sœur spirituelle de Rantanplan et grande adepte des beuveries colombiennes auxquelles elle participe activement chaque WE loin de nous ?) et nos 8 poules (beaucoup plus casanières, gracias a Dios!). Vint ensuite la question du voyage à proprement parler. Voici deux ans que nous cherchions un moyen d’importer notre fourgon de voyageurs en Colombie. Or, c’est impossible car les importations définitives de véhicules d’occasion sont interdites. Grrrrrr… Nous étions sur le point de nous résoudre à le vendre quand un ami voyageur rencontré à Guatapé il y a quelques mois nous a proposé « d’échanger-vendre » (selon un concept juridico-aléatoire seulement homologué entre voyageurs) son propre camping-car français garé à Las Vegas, contre notre Charles de Gaulle dormant en France. Sitôt dit, sitôt fait  !!!

Nous n’avions plus qu’à réserver nos billets d’avion pour partir rencontrer notre nouvelle monture ! Destination Gringoland !

 

60 heures dans le même slip, plus tard…

 

Aaah les USA ! Nous n’en avions jamais rêvé (et Trump n’y est pour rien) ! Je confesse ne posséder aucune culture nord-américaine. Pas même celle d’entrer dans un Mac Do ou de mater un film ou une série à la télé (la dernière que j’ai vue – et c’est véridique – c’est Beverly Hills dans les années 1990!). Bref, le « amercican way of life » m’indiffère et je crois qu’il en va de même pour Jérôme et Charles. Pas d’hostilité non plus, juste de l’indifférence. Néanmoins, nous ne sommes pas assez bornés pour rejeter l’idée d’aller visiter ce grand pays puisque l’opportunité s’offrait à nous !

 

Mardi 9 octobre, nous voici donc sur le pied de guerre ! En théorie, tout devait bien se passer, puisque nos vols Medellin/ Bogota, Bogota/Los Angeles sont réservés. C’était sans compter sur la compagnie Avianca, championne du monde par alternance avec Air France des grèves, des vols modifiés, annulés ou retardés. Après 2 heures passés à l’enregistrement (pour un vol interne, c’est pas mal!), nous apprenons que notre avion aura un retard d’une heure. Impeccable ! Nous avons 1h15 pour rejoindre notre correspondance pour les USA… Et au fur et à mesure que le temps passe, tout se complique. L’avion prend encore du retard au décollage et à l’atterrissage. Dans nos têtes, c’est mort … Quand nous posons un pied à Bogota, nous n’avons plus que quelques minutes avant de rater le vol international. Quel stress ! Quelle trouille ! Il ne nous restait plus qu’à battre le record du monde de course en aéroport si nous ne voulions pas rester au pays de Pablo. Autant le dire, nous avons été excellents ! 5 minutes 42 pour parcourir environ 800 mètres avec des sacs à dos pesant une demie tonne et passer un contrôle de douanes et un contrôle de sécurité, c’était pas gagné d’avance ! Sous les applaudissements de la foule en délire, nous franchissons le seuil de l’avion au moment où la porte se fermait. Ouf !!! Nous sommes soulagés jusqu’au moment où nos yeux se portent sur le tarmac : nos valises nous font un petit signe triste de la main. Hasta luego amigos ! Nous restons à Bogota ! A bientôt si Dieu le veut !

 

Sourire de circonstance l’aéroport de L.A.

 

Et c’est là que ça devient drôle ! Perdre sa valise est déjà bien emmerdant, mais quand elle contient un truc vital pour la suite du voyage, c’est pire ! Or, une des nôtres avait la lourde mission d’acheminer jusqu’aux US les plaquettes de frein du camping-car (évidemment introuvables chez Oncle Sam). Ahahaha ! La vie du voyageur est un éternel recommencement ! Nous allons retoucher du doigt nos peurs passées et oubliées !

 

Bienvenue à Gringoland !

 

Nous voici donc à Los Angeles après une course folle et 8 heures d’avion. Dire que nous puons n’est pas tout fait exagéré et changer de vêtements après une première nuit d’hôtel aurait été opportun. Résignés, nous enfilons donc nos slips pour la 2ème journée consécutive. Pendant ce temps, nos valises font du tourisme au Salavador, profitant d’un petit break bien mérité !

 

5 heures de bus nous séparent de Las Vegas où nous arrivons en début de soirée. Il fait presque nuit quand nous trouvons le storage et notre nouveau camping-car. J’adore ces moments où tout est nouveau, incertain et bien stressant ! La batterie du véhicule est à plat et les freins arrières sont morts (ce que nous savons déjà). Il fait nuit, nous ignorons où nous sommes et il va falloir trouver de l’eau pour le réservoir, de quoi manger (facile dans ce pays) et un coin pour dormir. Pas trop fiers de rouler avec les seuls freins avant, nous nous garons pour la nuit sur le parking arrière d’un fast-food.

 

Urgent ! Batterie à recharger !

 

Au petit jour, nous enfilons pour le 3ème matin consécutif nos slips et chaussettes dégueus. Aucune nouvelle des valises. Aucun numéro d’Avianca ne répond et personne n’a pris contact avec nous. A Los Angeles nous avons seulement laissé l’adresse du storage à las Vegas pour pouvoir les récupérer. Au début du voyage au long cours, vous étiez nombreux à nous demander si nous puions autant que nous en avions l’air. Non ! Car nous nous douchions et nous changions souvent. Le 10 octobre 2018, rien n’indique à l’oeil nu que nous sentons mauvais, mais il ne faudrait pas approcher son nez trop près de nous !! A Las Vegas il fait 30 degrés et nous avons chaud !!

 

Frimeur

 

Les débuts sont un peu difficiles. J’ai beau parler correctement l’anglais que je pratique quotidiennement en Colombie avec nos locataires américains, je ne comprends rien à ce que me racontent les habitants du Nevada ! Comble du bonheur, seul de l’espagnol me sort de la bouche… Miracle, tous mes interlocuteurs me répondent dans la même langue et sont même bien contents de le faire ! Vous n’auriez pas des origines mexicaines par hasard ?!! Si ? Voilà qui m’arrange amigos !

 

 

 

En attendant, en route pour le Strip de Las Vegas ! Drôle d’endroit … Comme j’ai l’esprit mal tourné, je ne vois que l’argent du crime et de la drogue partout. Nous pénétrons dans un premier hôtel/casino, le « Circus circus ».

 

 

On se croirait dans un film des années 1970 : le gigantesque rez de chaussée est entièrement privé de lumière naturelle, tandis que moult lumières artificielles mettent en valeur les machines à sous et les boutiques de mauvais goût. L’odeur du tabac froid est infecte. Je serai à peine surprise si quelqu’un me disait qu’on torture des êtres humains dans les caves. Le hall ressemble à celui de l’Overlook Hotel dans Shinning. Redrum ! Redrum ! Allez ! On s’casse !

 

Le rêve américain … bof …

Tu aimes la glace, canard ?!!!

 

De toute façon, l’endroit n’est pas assez classe pour Carlito qui nous entraîne au Wynn, magnifique hôtel de luxe. Pour 3500 dollars la nuit, nous pouvons dormir dans un lit king size. Mais Jérôme s’accroche, prétendant qu’on a le même à la maison, la vue sur le lac en plus. Bon …

 

Déjà beaucoup mieux !

 

Nous arrivons à Venise.

 

 

Puis contournons la Tour Eiffel.

 

 

Avant de jeter quelques pièces dans la fontaine de Trevi.

 

Faites vos voeux !

 

Et d’admirer un spectacle de jets d’eau.

 

 

Carlito qui aurait préféré rentrer en Europe est ravi.

 

Avec ça, toujours pas de nouvelles des valises. J’appréhende le moment où nous allons devoir nous déchausser dans le camping-car hihi . Nous risquons fort d’être au diapason des personnages d’Halloween qui décorent les rues…

 

Quand le bon goût vous étreint !

 

 

C’est alors qu’un miracle se produit. 60 heures de slips sales plus tard, le storage nous informe que nos valises sont arrivées ! Ô joie !

 

En route vers la Valley of fire

 

La première formalité consiste malgré tout à changer les plaquettes de frein des roues arrières jumelées. Jérôme s’y colle. Les étriers sont grippés, les plaquettes arrière dévorées. Il nous faut soudoyer quelques mexicains travaillant dans la gomeria d’à côté pour qu’ils nous aident un peu, mais en quelques heures le boulot est fait. Comme toujours, je suis admirative car je serai bien incapable de faire quoi que ce soit en mécanique…

 

Déjà-vu

 

Soudain une forte envie de nous échapper de la ville nous envahit. Las Vegas ne nous intéresse pas plus que ça, surtout avec un enfant. De toute façon, nous reviendrons bientôt. Nous filons vers le nord, vers la Valley of fire et y arrivons peu de temps avant le coucher de soleil.

 

Seules les personnes vivant dans les Andes peuvent imaginer le bonheur que nous avons de rouler sur des routes droites, immensément, voire désespérément droites et… goudronnées ! Des camions tirant 3 remorques nous doublent à 130 kms/h. Des camping-cars monstrueux nous dépassent également. Curieusement, tous semblent savoir conduire !! Pas une moto avec 3 passagers sur la selle et un chien sur le guidon à l’horizon … Etrange …

 

C’est sec ! Qu’est-ce que c’est sec !

Fa(s)t and furious

 

Voici plus d’un an que nous n’avions pas vu des paysages aussi déssechés. Nos yeux piquent fortement en raison de l’air sec auquel nous ne sommes plus habitués. Nous sommes mi-octobre et il fait encore très chaud ici.

 

A notre arrivée à la Valley of fire, deux mouflons nous saluent.

 

 

Le coucher de soleil est proche et les paysages sont grandioses.

 

 

Je vous laisse en profiter !

 

 

Nous nous endormons sur un point de bivouac dans le désert. Il y a 10 ans, nous faisions de même dans les déserts tunisien et libyen. J’adore ces moments qu’offre le voyage  !

 

Une pensée sur “En route pour Gringoland !

  • 15 octobre 2018 à 18 h 12 min
    Lien Permanent

    C est vraiment beau ces paysages
    Je profite de ce petit message pour te souhaite Val un joyeux anniversaire pleins de bisous
    Et à bientôt pour découvrir ce nouveau voyage

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *