De l’enfer du jeu à la rédemption mormonne

Salt Lake City, Antelop Island, Bonneville Salt Flats

 

Nous quittons la région de Las Vegas en direction du nord. Nous voulions du dépaysement, nous allions en avoir !

 

Devinez sur qui nous sommes tombés ?!

 

Nous laissons donc derrière nous l’enfer du jeu et du vice pour Salt Lake City, capitale de l’Utah.

 

 

 

Le décor change peu à peu, le désert brûlant laissant place à d’immenses plaines bordées de montagnes enneigées. J’ai comme l’impression que nous allons pouvoir enfiler nos slips en fourrure (vous vous souvenez, ceux qui étaient dans les valises retardataires) pour affronter la vague de froid qui s’abat précocement sur la région…

 

 

Comme nous préparons au minimum nos voyages (histoire de se garder quelques surprises, des fois que notre véhicule ne nous en réserve pas suffisamment) et manquons de culture nord-américaine, nous ne savons absolument pas que nous mettons les pieds chez les Mormons. Les Mormons , vous savez, ces gens habillés en chemisettes blanches proprettes et cravates rouges, pour les hommes, et en robes fleuries et sandales, pour les femmes. Les Mormons qui, seuls, pratiquent la « vraie » religion et respectent de nombreux interdits comme ne pas boire d’alcool ou s’abstenir de relations sexuelles hors mariage (en revanche, ils ont le droit de bien bien bien se rattraper pendant le mariage puisque la polygamie se pratique encore parfois). Bref, chez les Mormons…

 

Changement de philosophie

 

Après avoir essuyé un échec pour visiter la gigantesque mine mine à ciel ouvert de Kennecott’s Bingham (fermée aux visites jusqu’en avril), nous nous garons comme des fleurs dans le centre-ville de Salt Lake. C’est dimanche et les rues sont désertes… Le climat glacial est au diapason de l’ambiance urbaine.

 

Après la mine de Calama et celle de Potosi, celle de Salt Lake se refuse aussi à nous …

 

Emmitouflés, nous nous ruons dans le premier bâtiment nous permettant de nous mettre au chaud. Et comme l’histoire est un éternel recommencement, la première personne que nous croisons est ce monsieur (qui, décidément, est partout, partout, partout à la fois … Je me demande comment il fait) :

 

Encore ces plouquitos ! Ne me dites pas qu’ils cherchent Jericho dans le coin ?!!!

 

Oh punaise ! Ça recommence ! On a fait 6000 bornes depuis la Colombie pour retomber sur le Christ ! Pire ! Ici aussi il est écrit partout – mais en anglais, petite variante nord-américaine– que « Christ est le chemin » ! Des jeunes filles s’approchent de nous pour nous expliquer de qui il s’agit. Inutile !!! On le sait déjà !!! Ce monsieur à de nombreuses résidences secondaires en Amérique du sud ! Je sors une image de Satan de ma poche que je lui brandis sous le nez ! Arrière suppôt du Christ ! Jérôme et Charles ont juste le temps de s’échapper pendant que je couvre leur retraite ! Pfffiou ! On a eu chaud ! Pour un peu nous étions victimes du prosélytisme mormon. Une chose est sure, l’année prochaine on visite l’Arabie Saoudite ! Avec un peu de chance le pays devrait être « Christ free ».

 

Et en plus l’Archange Mormonide nous a à l’oeil

 

Petit souci : dehors il fait toujours aussi froid et on ne peut pas dire que le cadre urbain respire la gaieté !! Comme de bons français, nous pensons nous réfugier dans l’alcool, mais dans les environs du « Temple », la mission consistant à en trouver s’avère délicate.

 

Travail, Famille, Patrie

 

Mais que faisions-nous là, me demanderez-vous ? Euh… Nous cherchions du dépaysement et, accessoirement, pensions nous rendre ensuite à Yellowstone. Pour le premier, c’est gagné. En revanche, pour le second, c’est perdu : vu les chutes de neige sévissant aux USA, nous renonçons à faire 600 bornes de plus en direction du nord. On verra au printemps.

 

Ceci n’est pas une boîte à strip-tease

 

En attendant, nous fuyons le centre-ville pour découvrir le charmant petit canyon de City Creek, très prisé des « Salto-lakois » le dimanche. Nous sommes particulièrement émus de croiser le dernier pommier naturel des Etats-Unis et de croquer des pommes ne sortant pas d’une usine Monsanto-Bayer. Que c’est bon une pomme qui n’a pas poussé sur une chaîne d’assemblage !

 

 

45 ans au milieu des bisons

 

Le 15 octobre comme chaque année, c’est mon anniversaire. Il y a 3 ans je l’avais passé au pied de l’Aconcagua en Argentine, mais cette année ce sera dans un décor beaucoup plus plat. Petit point commun, quand même : les montagnes enneigées en arrière fond.

 

 

Une petite nostalgie camargaise nous incite à partir visiter Antelop Island, presqu’île montagneuse avançant dans l’immense lac salé qui a donné son nom à la ville de « Salt Lake ». Attention ! Nous ne sommes pas n’importe où car il s’agit d’un des lacs les plus salés de la planète.

 

Comme il paraît qu’on y flotte comme dans la Mer Morte, nous aimerions bien essayer de nous baigner. Mais, vu la température extérieure, le projet est remis à plus tard. Laissons le lac aux canards.

 

Je souffle mes bougies. En plein vent. Ça ne marche pas. Je recommence à l’intérieur. C’est mieux.

 

 

Mon fils m’offre son traditionnel dessin d’anniversaire.

 

Bison futé

 

Et nous partons embrasser les bisons de l’île.

 

Approche rusée du bison

 

Les jeux de lumière sont tellement beaux que nous y passons la journée.

 

 

Mais les surprises ne s’arrêtent pas  là! Le soir venu, nous retournons dormir sur le parking d’un square « bon chic bon genre » de la banlieue de Salt Lake, où nous avons déjà passé la nuit précédente. Comme il fait très froid j’enfile mon pyjama le plus chaud qui est aussi le plus laid (faites l’inventaire des vôtres avant de vous moquer) et pars me coucher. Nous dormons comme des loirs quand à 0h02 précises quelqu’un frappe à la porte. Un admirateur ? Un livreur UPS de pièces pour camping-car ? Un voisin ? Un serial killer ? Non ! Juste la police ! Il gèle à pierre fendre dehors mais je suis bien obligée d’entrouvrir la porte. Oui ??? C’est pourquoi ?!!! Il est interdit de dormir devant les squares en Utah ? Ah bon ?!!! Et pourquoi donc ??? Parce que c’est la loi !!! Ah ! D’accord ! Je vois bien que le policier me regarde goguenard. C’est l’effet pyjama. Je suis vexée et gelée, mais n’ose pas lui claquer la porte au nez. D’autant que le monsieur est bavard. Pensez-vous ! Il s’ennuie comme un rat crevé et est bien content de trouver un pyjama avec qui discuter ! Devant ma mine atterrée il prend finalement pitié et nous autorise à titre exceptionnel à finir notre nuit sur place. Le tout sans réclamer de « petit billet ». La religion mormonne a du bon car la religion catholique n’a jamais empêché aucun flic colombien, péruvien ou argentin de réclamer un « pourboire » pour bons et loyaux services. Malheureusement, les choses ne s’arrêtent pas là ! 6H30 du matin, on refrappe à la porte. P*** ! Le policier de la nuit a refilé le tuyau sur mon pyjama à tout le commissariat. Un nouveau fonctionnaire de police s’impatiente à la porte pour voir si je suis aussi ridicule que ce que son pote lui a raconté. Le fourbe fait durer le plaisir, demandant nos passeports, me racontant qu’il connaît la France et son légendaire bon goût, s’étonnant que nous soyons ici avec notre propre véhicule … 25 minutes plus tard, il s’en va enfin, tenant des ragots pour le reste de sa quinzaine.

Allez ! On s’casse !

 

Circulez y a rien à voir !

 

A plat …

 

Après notre nuit pourrie, nous sommes à plat. Je suggère donc d’aller voir le seul Salar des USA qui ne se trouve qu’à 200 bornes de Salt Lake. Nous connaissons déjà celui des Salinas Grandes en Argentine et celui d’Uyuni en Bolivie, pourquoi pas celui-là ? On verra bien s’il existe une variante dans le sel.

Pour s’y rendre, c’est simple : c’est tout droit et tout plat. Seules quelques antilopes égayent le paysage de-ci, de-là.

 

 

 

Surprise : quand nous arrivons une partie du salar est recouverte d’eau. Rhooo ! C’est beau ! C’est la première fois que nous voyons un salar sous l’eau !

 

 

Les jeux de lumières, de miroirs et de perspectives sont magnifiques.

 

 

 

Néanmoins, nous avons beaucoup vieilli depuis notre séjour en Bolivie il y a 3 ans. Quand je propose à Jérôme de faire un demi-tour dans la grande flaque qui s’étend devant nous, il décline fermement. Il n’a aucune envie de planter le camping-car dans la boue et de passer la journée à 4 pattes à essayer de l’extirper de là.

 

 

 

Nous prenons plutôt un peu de hauteur afin d’en avoir une vue plus générale. Escaladant au hasard une des montagnes des environs, nous croisons un petit fennec, avant d’être bousculés par un gros coyotte que nous avons dérangé. Pour info, le coyotte a sensiblement la même taille qu’un loup et le même aspect physique en plus dodu et laineux. Gloups ! Bien qu’il semble beaucoup plus apeuré que nous, nous ne tardons pas à redescendre loin de son territoire.

 

Reconstitution de la scène ^^

Vous avez vu la bête qui vient de passer ???!

 

Retour chez les Mormons qui, étrangement, comptent beaucoup moins d’obèses que dans les autres Etats  américains ! Comme quoi la religion peut aussi vous empêcher de grossir !!

 

Une pensée sur “De l’enfer du jeu à la rédemption mormonne

  • 21 octobre 2018 à 7 h 19 min
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    Vous vous installez chez les mormons ??
    C est moins glamour et fun que la Colombie !!

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