Mexique du nord : le dangereux Sinaloa et le lointain Durango

Los Mochis, Mocorito, Mazatlan, Durango, Mazerete

 

Le Sonora traversé, nous devons néanmoins continuer à avancer, puisqu’il nous faut trouver un storage pour le CC dans la région de Mexico avant le 10 mai… Pour ce faire, aucun autre choix que de traverser l’État suivant qui est le Sinaloa. Le Sinaloa, surtout connu pour son violent et tentaculaire cartel de drogue, du même nom … Le Sinaloa, que le ministère des affaires étrangères français classe parmi les régions où il est préférable de ne pas se rendre sauf raison impérative. Le Sinaloa où en mars 2019 « seuls » 59 homicides ont eu lieu, la plupart à Culiacan et Mazatlan (j’écris « seuls » car le journal local s’est réjoui d’une baisse des homicides en ce mois de mars 2019, relevant même que Culiacan a, pour la première fois depuis longtemps, connu 7 jours consécutifs sans homicides ^^) … Bref, le Sinaloa !

 

Une gargote en bord de Sinaloa

 

Pour les mexicains avec qui nous avons dîné la veille, il est très clair que la seule solution qui s’offre à nous est désormais de faire le plein des deux réservoirs du CC et de tracer directement, sans jamais nous arrêter entre Navojoa et Mazatlan (600 bornes, quand même …). Problème : cela nous paraît difficile à réaliser : nous n’y serons jamais avant la nuit. Que faire ? L’expérience du voyage nous a montré que le MAE force toujours le trait sur les risques encourus réellement et que les locaux ont toujours tendance à vouloir nous surprotéger. Par ailleurs, nous savons aussi qu’une région est rarement dangereuse partout et à toute heure. Néanmoins, quand les avertissements des uns et des autres sont concordants, nous les prenons au sérieux.

Ne pouvant réaliser l’étape en une seule fois, nous choisissons finalement de la scinder en 2.

 

Pionniers à Mocorito !

 

Initialement, nous avions prévu de faire étape à Los Mochis, pour emprunter le fameux train « El Chepe » qui relie cette ville à celle de Chihuahua. Nous avons néanmoins laissé tomber l’idée, faute de temps.

 

Les kms défilant et la journée avançant en heure, nous choisissons de trouver un endroit sécurisé pour la nuit. Clairement ce ne sera pas une autre station Pemex en bord de route. Un peu plus bas sur cette même autoroute, il y a quelques mois seulement, des touristes se sont violemment faits agresser à l’arme à feu de nuit dans leur véhicule. C’est pas vendeur …

 

C’est là que l’idée nous vient de quitter l’autoroute afin de nous rendre dans un « pueblo magico » répondant au doux nom de Mocorito. A priori, aucun touriste non mexicain n’a jamais dû y mettre les pieds car nous ne trouvons aucune trace de ce village dans Ioverlander. Bon, tant pis, on avisera sur place pour dormir !

 

Une belle église, c’est déjà pas mal …

 

Un rapide regard sur le peu d’infos existant sur internet sur ce pueblo, m’apprend qu’il est considéré comme un havre de paix et de sécurité au milieu du Sinaloa. Certes, nous informe l’article, 4 homicides ont bien eu lieu sur les routes avoisinantes depuis le début de 2019, mais à Mocorito, voici plusieurs années que même un cambriolage n’a pas été enregistré. Bon … on va les croire.

 

Un bel arbre en fleurs

 

C’est en passant devant le commissariat, où les policiers sont occupés à chanter et à danser dans la rue, que nous nous rendons compte que nous n’avons de toute évidence rien à craindre.

 

Les statues le confirment, Mocorito c’est pas la zone !

 

Mocorito est vraiment un joli petit village aux maisons colorées et possédant de belles fresques murales. Le coucher du soleil le met assez bien en valeur :

 

 

Mais il était encore plus beau avec la lumière rayonnante du matin que nous apprécions après une bonne nuit de sommeil sur les abords de la place centrale, bercés par l’incroyable carillon de l’église .

 

 

Une étape à conseiller sur la route longeant la mer de Cortez !

 

Mocorito et après ?

 

Après … disons que nous nous sommes égarés 3 fois en sortant du village, dans notre tentative d’aller rejoindre l’autoroute. C’est ainsi que, de fil en aiguilles, nous nous sommes retrouvés sur la fameuse route 15 en direction de Culiacan, laquelle possède une sinistre réputation.

 

Une route … et un pare-brise sale

 

Comme il faisait jour et beau temps, nous avons quand même poursuivi, assez conscients du fait que les mauvaises rencontres se font essentiellement la nuit sur ce genre de route presque déserte, serpentant au milieu des cultures et des montagnes arides.

 

Paysages d’hiver

 

De fait, nous arrivons à Culiacan sans encombre, préférant toutefois contourner la ville malfamée. 

Nous avons donc poursuivi la route, puis l’autoroute vers le sud. L’itinéraire était long et moche comme un jour sans pain … Et puis, 120 bornes après Culiacan, comme un oasis dans un désert, un petit village de pêcheurs en bord de route. Ah ! Enfin !!! Nous quittons l’autoroute par une piste de ripio, direction le bord de l’océan pour y déguster quelques produits de la mer …

 

Les crevettes et leurs copains les poulpes

 

Curieusement l’eau est beaucoup plus chaude qu’à San carlos. Environ 25 degrés. Pas mal …! 

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas foule dans le pueblo ou sur la plage hihi. Au contraire de Mazatlan ….

 

Mazatlan, la ville chaotique

 

Ne possédant pas de guide sur cette partie du Mexique, je m’imaginais Mazatlan comme San Carlos dans le Sonora… Une mignonne station balnéaire … J’avais complètement zappé qu’il s’agit de la capitale du Sinaloa … Surprise donc !

 

Seuls au monde à Mazatlan

 

A défaut de mignonne station balnéaire, nous découvrons que Mazatlan ressemble plus à Marseille qu’à Bandol, à Benidorme qu’à Cassis … 700 000 habitants tout de même, plus les vacanciers. La circulation y est dingue et traverser une rue devient en soi une aventure hihi

 

 

Nous trouvons à stationner dans un quartier chic à côté d’un petit parc où nous passerons deux nuits tranquilles.

 

ça fait pas rêver, mais on est à peu près bien et bien cachés

 

En route pour la plage. Enfin, si nous la trouvons ! Car Mazatlan c’est aussi le « mur du Pacifique » ! Des kilomètres d’immeubles et d’hôtels s’étalent au bord de mer. Disons-le franchement, c’est assez moche, malgré la beauté du site naturel.

 

 

Des milliers de mexicains en vacances familiales se détendent sur la plage, au son des orchestres qui circulent entre chaque groupes de vacanciers. Quelques pesos contre une sérénade !

 

On a retrouvé Carlos Potatoes Valdez et son orchestre

 

Si vous aimez la foule, le bruit, les activités « alcool no limit includes », Mazatlan est fait pour vous !

 

Hé les gars ! Vous faites pas tomber votre bouteille de Mezcal sur la tête des vacanciers por favor !

 

Reconnaissons que les plages sont superbes et que l’eau y est chaude ! J’ai même réussi à y barboter longuement !

 

Délicieuse

 

Si vous fuyez la foule, le centre historique est déserté par les touristes. Nous y avons passé un bon moment à arpenter ses jolies rues, sa cathédrale et son mercado .

 

Une mosquée

 

De ce côté de la ville, le malecon est plus sympa que dans sa partie « plages ». Moins cheap.

 

 

On en a même profité pour faire un tour de Pulmonia, cette petite bagnole typique du coin !

 

 

 

Durango, le Mexico desconocido et difficile d’accès !

 

Nous quittons finalement le bord de mer pour la montagne ! Durango, capitale du Durango, nous attend ! Une « autoroute » de montagne, aux magnifiques paysages, qui nous coûtera quand même l’équivalent de 60 euros les 250 bornes, s’élance à l’assaut des sommets à plus de 2700 mètres d’altitude.

 

 

Ce qui est génial c’est qu’en l’absence de 2 fois 2 voies, comme on le voit sur la photo, les panneaux demandent clairement aux véhicules lents de circuler sur la bande d’arrêt d’urgence. Et voilà comment circuler sur 4 files quand il n’y en a que 2 ! Quid des automobilistes en panne ? L’histoire ne le raconte pas !

 

A propos d’autoroute, nous avons pris l’habitude de payer systématiquement en CB, ce qui n’a jusqu’alors posé aucun problème. Nous n’avons donc pas un centime de monnaie quand nous arrivons au péage le plus onéreux. Qui ne prend pas la CB !!! L’unique guichetière ne veut rien savoir et nous demande de faire demi tour (cette « autoroute est en fait une route à double sens de circulation) pour aller retirer du cash dans le seul magasin de ce tronçon complètement désert. Ce qui n’est bien sûr pas possible. Nous voici comme des cons, sans aucune solution… Comme il nous reste quelques dollars, je propose à la caissière de les changer chez elle, ce qu’elle refuse. Bon. Me voici donc sur le parking du magasin, en bord d’autoroute, entrain de dealer mes dollars à qui en voudra. La situation est franchement cocasse. C’est finalement un gentil policier qui accepte de me les racheter. Sans tentative d’arnaque, me fait-il remarquer, pour mieux souligner que toute la police n’est pas corrompue. Je prends bonne note ! Toujours est-il que nous n’avons dans la main que la moitié de la somme nécessaire pour payer le fameux péage… La looose du jour … Les solutions s’amenuisent et je ne compte pas vendre mes éventuels charmes sur le parking pour réunir la totalité. C’est encore le policier qui trouve la solution. M’entraînant dans le magasin (en tout bien tout honneur, of course, vous avez l’esprit mal placé !) il monte une combine avec la caissière pour que je paie en CB les courses des clients et que celle-ci me reverse la somme correspondante en cash. Punaise … qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour aller à Durango ! Une heure plus tard nous sommes repartis et acquittons notre dû ! Pffff….

 

Nous élisons domiciles dans un centre balnéaire comprenant 8 piscines d’eau volcanique chaude. Carlito est ravi !

 

 

Le lendemain, visite de Durango. La ville. Pas l’État. Le moins que l’on puisse dire c’est que les touristes ne sont pas légion !

 

Pas des touristes

 

Je ne comprends pas pourquoi, car nous y passons une journée excellente.

 

 

La ville est jolie.

Sa rue piétonne de la Constitucion très sympa.

 

 

A côté de sa cathédrale, il est possible de plonger dans les entrailles de la ville pour y visiter un intéressant musée de la mine, alors qu’un  peu plus loin, son téléphérique permet au contraire de prendre de la hauteur.

 

Une autre mosquée

 

Néanmoins, la spécialité de Durango semble être au marché municipal ! On y entre confiant, contournant des échoppes de fleurs ou d’herbes médicinales …

 

 

Pour tomber nez à nez avec … des scorpions. C’est bien simple, il y en a partout ! Dans les bouteilles de Mezcal, les sucettes, en brochettes, dans les objets décoratifs …! Berk ! Je les trouve hideux ! Nous passons notre chemin quand les vendeuses hilares nous proposent d’en goûter ! Pinaise ! Nous n’avons jamais été aussi végétariens de notre vie !!!

 

 

Les scorpions mis à part, il se dégage de cette ville  une vraie tranquillité provinciale. Les rues sont propres, les gens très sympas et très demandeurs de raconter leur ville et ses richesses. On a l’impression que le plus grave qu’il puisse se passer ici est de se tordre une cheville en descendant d’un trottoir ! 

L’assesseur du Congrès du Durango se propose même de nous faire visiter cette noble institution !

 

 

Il resterait bien le parc à thème « western » à visiter, mais faute de temps, nous renonçons.

 

Direction Zacatecas via Sombrerete !

 

Le lendemain nous levons l’ancre pour Zacatecas, fabuleuse ville coloniale.

 

Un arrêt dans un autre « pueblo magico« , Sombrerete, nous permet de nous familiariser avec une architecture que nous retrouvons dans la grande ville.

 

 

C’en est a priori fini du Mexico desconocido … Nous partons retrouver le Mexique colonial qui attire les foules ! A juste titre. Mais ce sera une autre histoire.

2 pensées sur “Mexique du nord : le dangereux Sinaloa et le lointain Durango

  • 2 mai 2019 à 12 h 03 min
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    Merci pour tous ces articles que je lis avec intérêt! J’aime vos récits, et votre écriture, continuez !

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