La Colombie, le coronavirus et nous : ô rage, ô désespoir ! (2)

Voir au préalable : La Colombie, le coronavirus et nous : une histoire courte devenue roman fleuve …

 

N.B :  je précise que les observations faites dans tous mes articles ne valent que pour Guatapé. Je suis incapable de témoigner sur autre chose que ce que je vois puisque nous sommes enfermés dans le village depuis le 20 mars. Les choses sont sûrement différentes ailleurs  …

 

 

Résumé du 1er mois de quarantaine : alors que la petite Valérie, son mari et leur fils coulent une vie tranquille en Colombie, le méchant coronavirus et son impitoyable bras droit, le maire de Guatapé, les bouclent à double tour dans leur maison, comme l’ensemble des autres villageois. Arriveront-ils un jour à retrouver un peu de liberté ?! C’est que que vous saurez (peut-être) en suivant leurs aventures colombiennes…

 

 

 

EPISODE 5 –

PETITS ARRANGEMENTS AVEC LA QUARANTAINE

 

 

Lundi 20 avril : Après avoir profité de 3 heures de liberté dans la semaine venant de s’écouler, la permission de sortie nous est encore retirée… C’est la douche froide. Nous sommes de nouveau bouclés chez nous avec interdiction formelle d’en sortir, même pour faire des courses. Le maire considère que son bon peuple s’est mal conduit la semaine du pico y cedula, donc, pour le punir, il r(é)enferme tout le monde à double tours chez lui.

Le bon peuple n’en croit pas ses oreilles ! Comment !!! Il se serait mal conduit ? Mais qui ?! Et quand ?! Avec seulement 3 heures de liberté en 3 semaines, on peut avoir un peu d’indulgence pour ceux qui, enterrés vivants dans leurs apparts’ sans balcons et sans fenêtres, se sont permis de sortir 12 minutes de plus que ce qui était autorisé… Mais, les vertueux s’empressent de prendre la défense du maire sur Facebook : « oui monsieur le maire, certains ont péché en désobéissant ! Punissez-les et punissez-nous en même temps, que nous expions collectivement devant le Christ !! ». Punaise, on est mal barré avec tous ces bien-pensants ! Suis-je donc la seule dans ce pueblo à penser qu’il est facile d’enfermer les gens quand on est soi-même libre de ses mouvements et le ventre bien plein ?

 

 

On a au moins le temps d’apprécier les couchers de soleil

 

 

Mardi 21 avril  : pendant que seuls les amis du maire – habilités à sortir et à circuler  – se baladent sous prétexte de venir en aide aux autres habitants, les villageois s’enterrent de nouveau dans leurs trous à rats. De-ci, de-là, on entend bien quelques voix s’élever pour contester les mesures disproportionnées, mais comme souvent règne la peur de dire tout haut ce que l’on pense tout bas. Je comprends alors que beaucoup de colombiens des champs – qui sont les êtres les plus délicieux de la planète, par ailleurs – forment un peuple soumis où le plus fort, le plus éduqué ou le plus friqué a toujours raison. Si le loup hurle – que ce soit avec ses baffles XXXXL pour faire des bringues à tout casser au risque d’empêcher tout un voisinage de dormir pendant des nuits entières, que ce soit avec un brin de pouvoir administratif ou politique ou, pire, avec des armes – ils baissent la tête. Ne rien dire, ne pas faire de vagues. Courber le dos et attendre des jours meilleurs. Je le comprends dans une certaine mesure vue la terreur qui a régné et règne dans ce pays (cf. actuellement les trop nombreux assassinats de leaders sociaux), mais ici on parle d’un virus et de rien d’autre ! En France, une telle situation d’enfermement sans raison serait suivie d’émeutes …. Autre culture, autres moeurs.

 

Mercredi 22 avril : nous nous réendormons pour le reste de la semaine………. C’est tous les matins le jour de la marmotte … ou du chat … c’est selon …

 

 

 

Dimanche 26 avril. Le gouvernement national a annoncé un déconfinement pour certains secteurs économiques à partir du 27 avril et la possibilité pour chaque citoyen de plus de 18 ans et de moins de 60 ans de faire une heure de sport par jour. Hourra ! Bien sûr le maire de Guatapé, vient encore jouer les rabats-joies : dans notre village, le sport sera uniquement le matin de 6h à 7h30 (vous avez bien lu, je n’ai pas écrit de 18h à 19h30), un jour sur 2 pour les hommes et les femmes. De 6h à 7h30 du matin … sans rire … Non seulement il pleut tous les matins à cette heure-là, mais en plus je n’ai pas du tout envie de me lever à l’aube alors que je n’ai rien d’autre à faire du reste de ma journée. La blague … Alors je dors comme une marmotte en plein hiver : 12 heures par nuit et 5 heures par jour. A ce compte là, j’ai un teint de pêche et quelques escarres au bas du dos … Heureusement, le jardin est superbe.

 

 

 

 

Mardi 28 avril : c’est la Saint Valérie ! Entre temps, le maire a quand même fini par réhabiliter le pico y cedula qui permet d’aller faire ses courses une demie journée par semaine. Et cet après-midi là, c’est mon tour ! Munie de mon plus laid masque, j’ambitionne de faire de substantielles courses pour le reste de la semaine. Entre temps, je prévois de faire un petit saut chez ma copine Claudia pour lui offrir des fruits du jardin. Erreur ! Ne jamais sous-estimer notre besoin de relations sociales ! Quand tu as passé un mois et demi enfermé chez toi à dormir ou à cuisiner, le mot « ami » prend une connotation très particulière ! Voir des amis (en vrai). Leur parler (en vrai). J’avais oublié à quel point c’est bon. La fin du monde par météorite étant annoncée pour le lendemain, je me dis qu’il serait trop bête de ne pas profiter de ma dernière Saint Valérie. A distance l’une de l’autre (of course), on ouvre donc une bière, et puis deux et puis … le temps passe à une vitesse folle. Alors que mon carrosse va se transformer en citrouille à 17 h, je suis toujours entrain de picoler à 16h (boire à travers un masque ça prend vachement de temps finalement hihi). Je pensais filer à la mairie demander une autorisation de travail pour notre jardinier, mais mon haleine alcoolisée, que me renvoie fidèlement mon masque, me laisse penser que mon interlocuteur risque de se douter que j’ai négligé la distanciation sociale. Du moins avec l’alcool. Je passe donc mon chemin. Quand je rentre ce soir-là à la maison, je suis beaucoup plus bredouille que la semaine précédente. Gloups.

 

Mercredi 29 avril : j’attends l’Apocalypse de pied ferme, mais il ne vient pas. Le Grand soir, n’est pas pour ce soir.

 

Jeudi 30 avril … Veille de l’inutile week-end férié du 1er mai : le temps se rallonge encore dirait-on …. Seul Carlito, très souple de caractère sur ce point, continue à raffoler de la quarantaine car elle ne l’oblige pas à faire quelque chose. Le concept du néant total ne l’effraie pas, bien au contraire : il s’accommode parfaitement de l’inaction.

 

 

Souple à tous points de vue

 

 

Lundi 4 mai : personne ne m’a offert de muguet. Notre jardinier a obtenu l’autorisation de revenir travailler 2 jours par semaine. Horreur ! Je me rends compte que j’ai vachement perdu en compréhension du « paisa ». Il me parle sans articuler et ses mots me font l’effet de charabia. Horreur bis ! Je ne le comprends plus alors qu’il n’a même pas de masque sur la bouche. Faut vraiment qu’on reprenne une vie sociale d’urgence ! Je vois bien que même Carlito est devenu un sauvageon : il ne sait plus du tout à quoi servent les chaussures et le peigne, la douche est devenue une vague connaissance et il ne s’exprime plus qu’en grognant. Nan, je rigole, il ne grogne que lorsque il est vraiment fâché ou affamé.

 

Mardi 5 mai : il faut encore que j’attende jusqu’au vendredi après-midi (soit 10 jours depuis ma dernière permission) pour avoir le droit de sortir faire des courses au village. Depuis le mardi d’avant , ça commence à faire très long et je mangerais bien un petit morceau de viande. Sans être particulièrement viandards, depuis le 20 mars, nous n’avons pas dû manger plus de 2 kgs de viande à 3 et nos menus végétariens ne sont pas super variés. Prenant 1000 précautions, je me glisse alors en douce jusqu’au bout de notre chemin pour demander au restaurateur (fermé) qui s’y trouve en temps normal s’il accepterait de nous faire à manger pour le lendemain à midi. J’ai l’impression de faire un truc de oufs ! Comme il n’a plus un client depuis belle lurette et donc plus un rond, il accepte. On convient de l’heure et nous nous séparons comme si j’étais venue dealer de la coke.

 

 

Personne en vue à droite … personne en vue à gauche … vite ! je traverse !

 

 

Mercredi 6 mai : on décide de dire un peu merde au coronavirus (il n’y a alors plus aucun cas à Guatapé, donc le choix n’est pas cornélien) et à la quarantaine absurde pour se rendre en famille au bout du chemin au resto. Carlito qui n’a pas mis un pied en dehors du jardin depuis le 15 mars n’est pas serein. Il manque de se faire mordre par les roquets du voisin dont il avait oublié jusqu’à l’existence et tremble à l’idée qu’on ne le voie car, en Colombie, les mineurs sont alors sous le coup d’un couvre-feu les interdisant de sortir totalement de chez eux. Pour ne pas attirer l’attention, le restaurateur nous fait entrer directement … dans sa cuisine. Punaise ! On vient juste manger un chicharon-frites, pas nous livrer à d’horribles et infamantes turpitudes ! On se croirait pendant la prohibition aux Etats-Unis. Tu frappes discretos, on t’ouvre, tu consommes et tu repars … Malgré tout Carlito est feliz. Il déguste des frites dont il avait oublié le goût. Et c’est précisément à la dernière d’entre elle que des militaires choisissent de faire irruption dans le resto pour venir déjeuner juste derrière nous, dans la salle du resto, de l’autre côté des grilles. Merde ! La gestapo ! Sachant que nous n’avions pas le droit d’être là, Carlito manque de tourner de l’oeil à l’idée d’être repéré. Ni une ni deux, il bondit derrière le plan de travail de la cuisine, mais il est déjà trop tard. Les militaires nous ont vu et … se moquent royalement de notre présence, plus soucieux de déguster leur bandeja peinards que de nous verbaliser. Ouf, ce n’était pas la gestapo, mais la 7ème compagnie ! Quelle aventure pour un plat colombien hihihi. Pas sure que Carlito retentera l’expérience.

 

 

 

Jeudi 7 mai : Voilà un mois qu’il n’y a plus un seul cas de covid à Guatapé et à 50 bornes à la ronde, 7 semaines que nul ne peut accéder au pueblo sans montrer patte blanche à cent quarante douze barrages de flics et de militaires depuis Medellin, et nous sommes toujours en résidence surveillée généralisée. Je commence sérieusement à me demander si ce confinement a été mis en place pour sauver les gens ou pour les dresser à l’obéissance, pour nous éviter de tomber malade ou pour nous emmerder, pour nous appauvrir et/ou pour nous rendre dingues.

Normalement, nous a dit le président de la République, tout village « libre de covid », devrait pouvoir se remettre à vivre normalement sur son territoire à partir du 11 mai. Ce qui est le cas à Guatapé, en théorie tout au moins. Mais comme nous avons eu 2 cas au début de l’épidémie, nous sommes (rererere)punis de quarantaine jusqu’au 25 mai, au même titre que les municipalités dans lesquelles circulent encore le virus. Aaaaarf !

 

Vendredi 8 mai : c’est ma demie journée de pico y cedula. Je sors donc faire les courses. Arrivée au village, je constate qu’un nouveau concept commercial a été inventé : la boutique ou le resto ouvert mais … fermé. Ou inversement, fermé … mais ouvert. Hummm intéressant hihi Et c’est koikoi me demanderez-vous ? Eh bien, c’est un magasin ouvert, mais dans lequel on n’a pas le droit de rentrer. Exemple : je souhaite acheter un pantalon, alors je vais devant la boutique idoine, je reluque de loin la fringue, et si je suppose qu’elle me va, je l’achète sans l’essayer et sans avoir le droit de l’échanger. Facile !!! Pareil pour les « restos fantômes » : ouverts, mais sans clients dans leurs locaux. C’est gai ! En attendant, j’arpente les rues le plus incognito du monde. Casquette, lunettes, masque, je suis prête pour aller braquer une banque ! Enfin, c’est ce que je crois. Curieusement, sans avoir ouvert la bouche, tous les gens qui me connaissent me balancent des « hola doña Valérie » ! La loooose ! Mais comment savent-ils que je suis une gringa ?! Dans ces conditions, j’évite le braquage. De toute façon, c’est blindé de militaires qui, cédant à une coquetterie de bon aloi, ont pour la plupart opté pour des masques en « tissu camouflage » assorti à leur tenue.

 

 

Le concept du snack ouvert, mais fermé … euh fermé, mais ouvert …

 

 

EPISODE 6 –

COMPOSER AVEC UNE SITUATION ABSURDE

 

Samedi 9 mai : le container à poubelles du quartier est devenu LE lieu de sociabilité du quartier. On s’y croise entre voisins, on y échange quelques mots pendant que les rats nous courent sur les pieds. Très sympa. A l’occasion d’une de ces sorties à thème « rongeurs-immondices » mon voisin Jésus (pas le vrai, un autre ayant usurpé le prénom du vrai) m’annonce que « cette situation » pourrait durer toute l’année en Colombie. Je ne sais pas si c’est son ton détaché et tranquille qui me jettent dans des abîmes de perplexité ou l’info qu’il me partage, toujours est-il que je rentre chez moi dépitée.

 

Dimanche 10 mai  : c’est le jour de la fête des mères.  Une « loi sèche » a été décrétée, interdisant la vente d’alcool et sa consommation dans les lieux publics. N’imaginez pas que je suis alcoolique au point de trouver insoutenable le fait de ne pas boire une goutte d’alcool pendant un week-end normalement festif, mais c’est le motif invoqué par les autorités que je trouve sordide : en Colombie, la fête des mères est traditionnellement un jour de très fortes violences familiales aggravées par l’alcool. Bon, je me console en buvant l’eau des fleurs que Carlito m’a offertes.

 

 

 

 

Lundi 11 mai : c’est le déconfinement en France et je suis un peu jalouse de vous tous qui allez pouvoir vous remettre à vivre un peu plus normalement. J’avoue ne pas comprendre les logiques de ce confinement : il y a plus de 25 000 morts en France et on ouvre tout. Il n’y en a alors que 400 en Colombie et nous restons enfermés….

Il faut dire que désormais le Président Duque, président d’un Etat colombien pourtant laïc, semble recevoir ses ordres directement de la Sainte Vierge en personne ou plutôt de son avatar portugais, la Señora de Fatima. Peut-être parce que les portugais ont su faire mieux que les autres en termes de covid ?! … Allez savoir …

 

 

 

 

Mardi 12 mai : notre jardinier a enfin obtenu un permis de travail pour 5 jours par semaine. Nous « sauvons » par-là même une famille colombienne du gouffre financier qui s’ouvre devant presque tout le monde maintenant en Colombie. C’est décidé, nous relançons la production de notre potager ! A ne pas faire plus, au-moins aurons-nous de quoi manger et aider les plus démunis d’ici quelques semaines.

 

Mercredi 13 mai : planter, c’est bien joli, mais il y a une pénurie de graines et de plants à Guatapé. Il faudrait pouvoir se rendre dans la municipalité d’à côté, mais c’est interdit. Après maints échanges avec la mairie, « on » accepte enfin d’aller nous en acheter. Pinaise. Il faut se justifier de tout et pleurer pour avoir ce que les petites autorités considèrent comme du « superflu » alors que toi tu n’y vois que du nécessaire.

 

 

Jeudi 14 mai : nous continuons à donner de l’argent et des fruits à quelques voisins dans le besoin et à notre extraordinaire copine Amanda qui offre désormais des « mercados » à plus de 90 familles (environ 500 personnes) à Guatapé (elle se démène comme une enragée pour récolter des fonds auprès de ses connaissances vivant à l’étranger ou en Colombie, achète la marchandise et la distribue). Au début, la mairie s’en chargeait, mais comme il n’y a plus d’argent dans les caisses, alors les familles emmurées vivantes chez elles et sans espoir de trouver du boulot, doivent compter sur la solidarité des autres habitants. Mais pour combien de temps Amanda pourra-t-elle assumer à elle seule cette distribution de vivres ? Et pour combien de temps la mairie pourra-t-elle fermer les yeux sur le drame  de la faim qui se passe d’ores et déjà à Guatapé ? On aura beau me dire que ce sont surtout des vénézuéliens qui se retrouvent en situation désespérée, je continuerai à penser que vénézuéliens ou pas, ce sont d’abord des êtres humains en détresse.

 

Vendredi 15 mai : je reconnais que sur un point le maire avait raison : notre enfermement et la discipline collective du village, mais aussi des habitants de notre grand département de l’Antioquia incluant Medellin, ont payé d’un point de vue sanitaire. Seuls 6 morts sont à déplorer en Antioquia, alors que ce territoire abrite 15 % de la population colombienne. Problème : les vertueux paient la note pour les insouciants : tandis que nous croupissions tous dans nos logis, ceux de la côte (en tout cas beaucoup d’entre eux) organisaient des barbecues sur les plages. Et bien sûr, le nord de la Colombie est aujourd’hui bien plus touché que son centre. Mais tout le monde reste en quarantaine (enfin, surtout nous, vous l’avez compris, puisque les costeños n’ont pas fini de cuisiner leurs sancochos au clair de lune en bord de mer caraïbes).

 

 

EPISODE 7 –

PLUIE PRINTANIERE DE MAUVAISES NOUVELLES

 

 

Mardi 19 mai : alors que la quarantaine devait prendre fin le 25 mai, le Président reporte son issue au 31 mai. Merci les costeños.  

 

Mercredi 20 mai : nous célébrons nos deux mois entiers de quarantaine, soit 9 semaines d’isolement presque total. Le Président, toujours lui, annonce que les vols nationaux demeurent suspendus jusqu’à nouvel ordre et que les vols internationaux seront interdits jusque au 31 août. Nous ne verrons donc pas un français, pas un voyageur, pas un ami du pays jusqu’à cette date. N’en pouvant vraiment plus de cet isolement social, nous passons malgré tout (et pour la première fois) une journée dans le jardin avec une famille d’amis colombiens vivant au village. Ce n’est pas vraiment permis, mais il était urgent que Carlito revoie un enfant, seul et isolé qu’il était depuis le 15 mars. De toute façon, cette quarantaine n’a plus aucun sens : je commence à me demander si certains ne payent pas la police pour entrer dans le village, car on y voit de plus en plus de personnes n’y résidant pas. Et pendant ce temps les couillons que nous sommes doivent rester bien sagement chez eux. 

 

Jeudi 21 mai : c’est la matinée de mon pico y cedula. Malgré l’enfermement pesant qui nous est imposé, les cas de covid ont beaucoup augmenté en Colombie ces derniers jours, tandis que le nombre de morts reste paradoxalement assez bas (environ 600). Et tandis que tous les médecins, hommes politiques et journalistes du pays s’évertuent à rechercher la cause de cette recrudescence de cas, une simple observation des gens du village me permet d’élucider à moi seule ce grand mystère ! Et voici pour vous la théorie du docteur doña Valérie : « si les colombiens portent leur masque sur le visage comme ils portent leur casque de moto sur la tête (c’est à dire n’importe comment), alors tout est fini ! » :  la preuve en images !

 

Grosso modo, dans le village on pouvait rencontrer les cas de figure suivants (ne me remerciez pas pour la reconstitution) : 

 

… finalement, il ne manquait que le masque « façon carnaval » et le masque « sado-maso » !

 

Au fait, t’as mis ton masque comme ton casque ou ton casque comme ton masque ?!

 

 

 

Conclusion : comme c’est vraiment mal barré, je vous donne rendez-vous le mois prochain, pour le résumé de notre troisième mois de quarantaine en Colombie !

 

4 pensées sur “La Colombie, le coronavirus et nous : ô rage, ô désespoir ! (2)

  • 23 mai 2020 à 7 h 53 min
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    Courage mais bon cela s’éternise ! Du coup j’apprécie d’être en France même si on en a ras le bol de tout ce qu’on nous dit et de tout ce qu’on ne comprend pas ! Depuis le début j’ai l’impression d’être devenue idiote

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  • 23 mai 2020 à 12 h 20 min
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    Aïe Aïe Aïe !

    Hola la petite familia, à la lecture de ce journal, on mesure un peu mieux les effets indésirables du confinement sur vous et sur les colombiens !
    En France, c’est vrai, nous sommes désormais moins soumis à des règles strictes. On peut bouger de chez nous, et ce jusqu’à 100km à vol d’oiseau. Mais la majorité des sites touristiques ou naturels sont encore interdits d’accès. Pas glop ! De plus, l’école n’a pas vraiment repris (sauf deux jours par semaine, seulement pour les couples dont les deux parents travaillent, avec au maximum la moitié des effectifs, sans cantine, et avec des horaires de dépose/récupération d’enfants très précis) donc, pour notre part on est toujours un peu en confinement…
    On a quand même tenter un truc de « oufs » cette semaine, on a accepté de recevoir chez nous la visite d’une amie d’Alexandre ! On s’est même baignés tous ensemble dans la piscine… On va maintenant flipper pendant 3 semaines…

    Bref le moral est très variable et on essaie de s’occuper avec du bricolage, du jardinage, des jeux de sociétés, etc.
    On pense bien à vous et on vous envoie un max d’ondes positives !!

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  • 4 juin 2020 à 9 h 46 min
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    Bonjour Valérie,
    c’est toujours avec grand plaisir que je lis ce blog.
    Pour en savoir plus sur les faces cachées du corona, on peut aller voir les recherches de Silvano Trotta (sur Youtube) et l’immense travail de Jean-Jacques Crevecoeur -de préférence sur sa chaîne privée (gratuite), plus riche de documentation que sur Youtube (où la censure a déjà supprimer quelques vidéos).

    El pueblo unido jamás será vencido

    Belle journée

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    • 7 juin 2020 à 18 h 44 min
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      Hola señor ! Un plaisir d’avoir de tes nouvlles. Je connais bien le second, mais je vais aller voir le premier de ce pas ! J’espère que tout va bien pour toi. Grosses bises colombiennes

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