Une année en Colombie : bilan n° 2 : profiter de la vie

Vie quotidienne

 

Voir aussi : Une année en Colombie, bilan n° 1 : survivre sans mode d’emploi

 

Alors voilà …

Maintenant que nous sommes installés et que les choses deviennent plus simples, nous cranons devant les nouveaux français qui souhaitent faire comme nous ! Nous avons démasqué Calamar, le poulpe receveur de factures, sympathisé avec la patronne du resto du coin qui refile tous ses restes à notre chienne, compris qu’aucun colombien ne respectera jamais aucune date ou aucun horaire. Nous avons vaincu les administrations, survécu aux chauffeurs de taxis, trouvé des pastilles pour le lave-vaisselle, dérobé les pommes d’or du jardin des Hespérides, nettoyé les écuries d’Augias, dompté et ramené le chien Cerbère … Nous sommes enfin peinards ! (Ou presque). 

Le rythme de notre vie française n’est plus qu’un lointain souvenir. Non pas que nous fassions moins de choses au quotidien, mais parce que le temps s’écoule différemment. En tant que français métropolitains, avez-vous déjà songé à ce que peut être la vie dans un pays où le soleil se lève et se couche tous les jours de l’année à la même heure (6h /18h) ? Dans un pays où le climat varie peu (grosso modo, il pleut tous les jours ou toutes les nuits et il fait beau tous les jours ou toutes nuits de tous les mois de toute l’année  :mrgreen: ! Avec plus de 3000 mms de pluie par an, on s’inquiète carrément de la sécheresse dès qu’il n’est pas tombé une goutte d’eau pendant 2 jours :mrgreen: ) ? Où les écarts de températures sont insignifiants d’un mois à l’autre ? Il en résulte une impression inconnue en France de vivre dans un éternel présent ! Tous les jours se ressemblent et il n’est plus du tout utile de s’inquiéter du futur ou de se mettre la pression pour réaliser un truc saisonnier. Si tu ne t’es pas baigné dans le lac en juillet, tu le feras en janvier. Ce n’est pas grave. Si tu n’as pas planté tes fraisiers en avril, tu le feras en juillet ou en octobre. Si tu n’as plus de vêtements d’hiver, tu enfiles tes vêtements d’été car ce sont les mêmes !!! Enfin, pour nous autres européens, ce sont les mêmes. Car, pour un colombien, il en va différemment. A Guatapé, les températures diurnes  annuelles oscillent généralement entre 19 et 22 degrés. 18 quand il fait très froid et 24 en période de canicule. Autant dire que pour nous, c’est imperceptible. Au début, il nous paraissait donc extraordinaire de voir les habitants du village se balader en anoraks et bonnets à 18 degrés (« frio ! frio ! »), en tenue « normale » à 20 degrés (« perfecto !! ») et en slips à 22 degrés ( « mucho calor ! « ) :mrgreen:  :mrgreen:  :mrgreen: ! Depuis, nous nous sommes habitués à cette « excentricité » locale, bien que nos organismes ne fassent toujours pas la différence  :mrgreen:

 

 

 

Cette régularité dans le climat et dans la longueur des journées semble d’ailleurs avoir une influence bénéfique sur le caractère des colombiens. J’y reviendrai dans mon épisode n°3, mais les habitants de ce pays sont relativement équanimes. Depuis que nous sommes ici, je n’ai vu qu’une seule fois des colombiens s’engueuler publiquement pour une broutille. Certes, il existe une tradition de politesse, mais elle n’explique pas tout. Il me semble que le niveau de stress et d’agressivité des gens est largement inférieur à celui des européens. Ici on n’insulte pas le gars mal garé qui empêche les autres de circuler. On attend tranquillou qu’il redémarre. Ici, on ne colle pas son poing dans la figure du voisin quand il décide de transformer sa baraque en boîte de nuit de plein air. On s’accommode du bruit. Ici on ne s’énerve jamais … On prend sur soi. Du coup, les gens sont cools. Vraiment cools !!! Elle est loin la tradition française consistant à râler, critiquer, se moquer et se plaindre tout le temps !!! Autant avouer que ce n’est pas facile pour nous tous les jours de ce point de vue  :mrgreen: !

 

 

Dimanche

 

 

 

Et si les gens sont aussi cools, c’est probablement car la Colombie est un pays béni des dieux (enfin, je veux dire de Dieu … le seul et l’unique … le père de JC … l’amant caché de Marie ! Enfin, vous voyez qui !) ! Certes, nombre de ses habitants ont fait beaucoup au cours des 20ème et 21ème siècles pour le transformer en enfer sur Terre, mais ni les FARC, ni l’ELN, ni les paramilitaires, ni les narcos, ni les corrompus n’ont réussi à le mettre totalement à genoux. Quand la Colombie viendra à bout de ses démons – et pour un peu qu’elle sache préserver ses richesses environnementales des convoitises des multinationales et mettre un terme aux énormes inégalités sociales qui divisent sa population – elle pourra prétendre au titre de paradis sur Terre. C’est un peu ce qu’elle est devenue pour nous aujourd’hui (séquence émotion-niaise à suivre  :mrgreen: ) !

 

Bien que beaucoup de français regrettent l’absence de saisons, nous adorons pour notre part vivre dans un éternel printemps où les arbres ne perdent jamais leurs feuilles, où les fleurs exotiques croissent en continu, où les fruits et les légumes poussent en abondance … Petit exemple qui va parler à votre coeur, à votre ventre et à votre porte-monnaie. N’appréciez-vous pas les petits marchands primeurs qui reviennent aux bords de routes au printemps ? Les producteurs de melons (à 5 euros pièce), les producteurs de fraises (à 5 euros la livre), les producteurs de cerises (à 5 euros la cerise) ? Ils nous prennent un peu pour des andouilles, mais on les adore car ils symbolisent le retour de la belle saison. Certes, 48 euros pour 2 kilos de pêches, 3 melons et un pot de muguet, c’est un peu cher, mais bon … Faut bien se faire plaisir après l’hiver  ! En Colombie, comme il n’y a pas d’hiver, les marchands de bords de routes auraient plus de mal à justifier une augmentation des prix causée par une improbable pénurie, un gel tardif ou autre argument de ce genre. Quand tu achètes des fruits, ce sont des mangues ou des ananas, des papayes ou des goyaves, des fruits de la passion ou des guanabanas … Et quand tu achètes une caisse de 30 mangues, elle te coûte … l’équivalent de 4,50 euros  :mrgreen: ! 2 ananas ? L’équivalent d’un euro  :mrgreen: ! 5 kilos de légumes ? Environ 2 euros… 

 

 

Je ne voudrais faire envie à personne …

 

 

N’allez cependant pas vous imaginer que l’on mange très bien en Colombie ! Si l’on cuisine, il est possible de faire des repas excellents car, outre les végétaux,  la viande et le poisson sont aussi de qualité. En revanche, au resto, c’est moins ça. En soi la nourriture est correcte et tout à fait compatible avec les goûts européens, mais elle est ultra répétitive. Finalement, le pire défaut des colombiens pourrait bien être leur absence totale d’imagination culinaire. Dans notre région, les restos de spécialités colombiennes proposent tous la même carte et servent des plats préparés à base d’ingrédients communs : haricots rouges, riz, banane plantain, salade verte et carottes râpées. Parfois de l’avocat et un oeuf au plat. Le tout accompagnant une tranche de viande de boeuf, de porc, de poulet, de lard ou une saucisse. Quel que soit le nom du plat, que tu l’appelles almuerzo, paisa, paisa bandera, cazuela … on te sert les mêmes ingrédients. Beurf ! A moins de choisir des soupes très copieuses (genre poule au pot, appelées sancocho)  ou d’aller dans un resto spécialisé dans la viande (qui est aussi bonne qu’en Argentine pour un peu qu’on y mettre le prix), tu manges toujours la même chose ! Quant aux desserts, inexistants en fin de repas, ils sont multiples et variés quand tu les rencontres dans la rue. Souvenez-vous ! Les colombiens aiment le sucre ! 

 

 

Un almuerzo de base

 

 

Une chose est certaine, c’est que mourir de faim en Colombie, paraît peu probable : non seulement la nature est d’une générosité incroyable, mais en plus, on vend à manger partout et à toute heure  ! Oubliés les dimanches français pourris où à 13 heures il ne te reste plus qu’à aller au Mac Do parce qu’aucun resto n’est ouvert ou « qu’il fallait réserver avant ! ». Oubliés les moments de solitude où tu meurs de soif dans la rue et ne peux mettre la main sur une bouteille d’eau ! Ici, tu entres dans n’importe quel commerce – fut-il minuscule et dédié à la vente de teintures pour les cheveux –  et tu achètes ta bouteille. Oubliés les commerçants acariâtres ! Ici, tout le monde est « siempre a la orden » et « con mucho gusto ! ». Et ça fait du bien !

 

En fait, une fois assimilées leurs drôles de coutumes (voir bilan n°1), la Colombie offre des astuces introuvables en France. Certes il est étrange de payer ton menuisier depuis la poissonnerie, mais il est en revanche très pratique de pouvoir y retirer de l’argent quand les distributeurs sont vides en fin de week-end. Certes, il est curieux de recharger ton tel portable à la pharmacie, mais là encore c’est bien commode car elle ne ferme pas avant 22 heures. De toute façon, les commerces sont ouverts presque tout le temps : le matin, l’après-midi, le soir,  le jour de Noël, le 1er mai, le 15 août … Même le dimanche, jour de notre Seigneur. Shocking !!! Au début, comme de bons français à qui il est interdit de travailler le dimanche pour gagner plus, nous respections ce jour de repos familial, le consacrant à la prière et au jeûne. Aujourd’hui – comme de nombreux colombiens – nous n’hésitons pas à nous rendre dans un mall-temple-de-la-consommation quand la nécessité s’en fait sentir (mais uniquement quand on en a vraiment besoin, on n’est pas à ce point au bout du rouleau !!), sachant que non seulement celui sera ouvert le dimanche, mais qu’en plus, il proposera des promos de fin de semaine pour attirer le chaland. Pas très catholique, mais rudement pratique ! 

 

Car, des trucs pratiques, il en existe d’autres en Colombie ! Prenons l’exemple des jours fériés. En France, ils tombent quand ils tombent. Ce n’est pas toujours très accommodant d’avoir un jour férié un samedi ou un dimanche. On se sent floué. En Colombie, rien de tout cela ! Quelle que soit leur date, la plupart sont autoritairement déplacés au lundi suivant, offrant aux fonctionnaires, aux écoliers et aux étudiants (vous avez compris que ni les agriculteurs, ni les commerçants ne s’arrêtent de travailler) des ponts de 3 jours consécutifs ! Et comme il y a 18 jours fériés annuels, ça fait un nombre sympa de ponts  :mrgreen: !!

 

Que vous dire de plus ? Vous l’avez compris, nous nous sentons bien dans ce pays ! Pour Charles, la vie est également très difficile. Ecole à la maison tous les matins et sports chaque après-midi. Ici, tout est gratuit : les sports, les activités culturelles, les activités artistiques, les activités musicales … Et tout peut se pratiquer quotidiennement si on le souhaite. Forcément, ça rend tout le monde heureux ! Et surtout le principal intéressé qui dévale la belle piste de BMX de Guatapé trois fois par semaine et apprend la bachata, la salsa et autres danses latinos les 2 jours restant ! Quant à moi … c’est dessin ! Le prof est tellement sympa que j’ai même invité à ses cours des amies voyageuses de passage.

 

 

 

Bon, je vous laisse méditer sur la vie française qui broie chacun d’entre n(v)ous et retourne faire un tour dehors, au milieu des oiseaux et des fleurs.

 

 

Au passage, je croquerai même un petit fruit du jardin !!

 

 

 

(à suivreépisode 3 – Vivre en Colombie et dire adieu à la solitude !!!)

4 pensées sur “Une année en Colombie : bilan n° 2 : profiter de la vie

  • 1 juin 2018 à 16 h 18 min
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    Superbe article ! Délicieux moment passeé en Colombie. Merci pour le partage . Bonne continuation !

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  • 5 juin 2018 à 13 h 18 min
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    Coucou Valérie

    Ça donne envie … Ça ressemble à la dolce vita! Je pense que tu arrives bientôt en France ! En attendant de reprendre le dessin 😉
    Bisous

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  • 12 juin 2018 à 15 h 36 min
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    Encore un grand plaisir à lire tes articles et regarder les Belles photos ! Merci pour ce partage . JR et Frédérique doivent en prendre plein les yeux ! Profitez bien tous nous vous embrassons bien fort . Marco et Suzanne

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