Prendre le bus et apprendre la politesse

Vie quotidienne, Venir en bus à Guatape depuis Medellin 

 

Se déplacer en Colombie, c’est presque toute une histoire : parfois les routes sont excellentes, parfois elles sont effondrées (on me souffle qu’un pont en construction s’est récemment effondré, faisant 10 malheureuses victimes), parfois elles sont droites, souvent elles tournent à n’en plus finir … Dans tous les cas, tu hésites franchement à prendre ta voiture ne serait-ce que pour éviter le stress d’une conduite au milieu de conducteurs-acheteurs de permis de conduire  :mrgreen: 

 

Genre … Tu conduis sur une route normale, quand, tout à coup !

 

 

Heu-reu-se-ment, il y a le bus ! Le bus ! 

Le bus qui te permet de sillonner le pays dans tous les sens, sur de moyennes ou de longues distances. En général de façon confortable et bon marché et de façon assez bien organisée.

Mais, le bus te permet aussi de te rendre d’un point A à un point B sur de courtes distances. Ce qui te donne la possibilité d’apprendre plein de choses sur la vie quotidienne en Colombie !

 

Le bus ? Quel bus ?

 

Quand tu te déplaces sur de courtes distances tu as le choix !

 

Tu peux sauter dans une jeep :

 

 

Pour les courtes, courtes distances

 

 

Grimper dans une Chiva, bien calé entre les autochtones, une palette de briques, des régimes de bananes et des chèvres :

 

 

Belle pour la photo… Pour le confort, c’est moins ça !

 

 

Te faire peur dans une moto-chiva  :

 

 

crédit photo : Alexandra Fordham ( @alexandrafordham)

 

 

Ou, plus conventionnellement emprunter un taxi ou une buseta :

 

 

En avant Guingamp

 

 

Et c’est là que l’aventure commence 

 

Je ne suis pas fan des transports en commun, mais reconnaissons que prendre le bus Guatape/Medellin c’est savourer une tranche de vie colombienne pour seulement 13 000 pesos les 75 kms (environ 3.80 euros). C’est prendre le pouls du quotidien et … quelques leçons de savoir vivre !

 

Ce matin là, j’étais bien décidée à profiter de ma journée. Levée tôt, vers 6h30 (j’en entends déjà rire – je sais que plein de gens se lèvent beaucoup plus tôt que 6h30 chaque matin et en particulier les colombiens qui ont déjà fait la moitié de leur matinée à cette heure-là – mais bon, pour moi c’est tôt :mrgreen: ), j’attendais patiemment le bus de 7h30 au bout de mon chemin.

 

Au début de notre vie colombienne, je m’étais hasardée à demander où se trouvait l’arrêt le plus proche de notre domicile, mais, devant l’hilarité et l’incompréhension générales, j’ai fini par comprendre de moi-même que cette denrée n’existait pas. Pas plus que le respect des horaires, au demeurant. En clair, tu te places quelque part sur le trajet attitré du bus, tu patientes, tu espères, tu doutes et quand, enfin, le véhicule surgit à toute allure devant toi,  tu te jettes comme une bête sur la route pour faire rempart de ton corps et l’arrêter ! Pas difficile … Le tout c’est de le savoir et de bien calculer ton coup pour ne pas finir sous les roues, agitant désespérément le dernier bras mobile qu’il te restera à jamais  :mrgreen: 

 

Ce matin là, c’était tranquilllla. Après m’avoir bourrée dans le bus (vous avez l’esprit mal placé, sachez-le) pour hâter ma montée à bord, l’assistant du chauffeur (chargé de recouvrer l’argent)  me fit prendre place à proximité de Soeur Sourire, juste au niveau de la porte d’entrée puisque nous n’étions que 2. J’aime bien cette place : si tu as besoin de vomir, tu n’as qu’à te jeter dehors directement, puisque la plupart du temps les portes restent ouvertes.

 

 

Voyage crevant

 

 

Démarrage en trombes, négociation périlleuse des virages : je vais vomir, mon Dieu faites  qu’il ralentisse !

Vœux exaucé : à l’extérieur de futurs passagers ont levé le(s) bras pour que le bus s’arrête. Juste au moment où je débouchais ma bouteille d’eau, le chauffeur se met debout sur les freins : je suis crépie et trempée par la flotte ! C’est pas vrai ça ! Préviens quand tu freines!!! Remarque, c’est arrivé à d’autres  :mrgreen: 

 

 

 

On repart sur les chapeaux de roues ! On contourne un chien, on précipite un vieux dans un fossé, on manque de quitter la route. Les autres passagers semblent sereins. Mais moi, pas trop. Je sais  trop bien que le genre de message suivant …

 

 

Jehova es mi ayudante, no tendre miedo = Jehova est mon assistant, je n’aurai pas peur

 

 

… leur sert d’assurances tous risques ! Si Dieu le veut, nous arriverons sains et saufs. Sinon, c’est que Dieu a voulu nous rappeler à lui… Remarque, juste en dessous de la parole biblique, on te propose aussi de dénoncer ton chauffeur s’il conduit trop mal ! J’imagine que la requête arrive directement au secrétariat de l’assistant de Dieu, puisqu’il n’y a pas d’autres précisions  :mrgreen: 

 

Malgré tout, le bus se remplit peu à peu et j’assiste à un manège incroyable pour une française : dès qu’une personne âgée, une femme enceinte, un enfant en bas âge, un estropié, une bonne soeur ou autres amochés par la vie (à ce point, ce bus  est presque devenu la cour des miracles)  entrent dans le bus, les plus jeunes ou les mieux portants se font un devoir de céder leur place. J’ai bien écrit « de céder leur place » :mrgreen:  ! Je me plie évidemment de bonne grâce aux coutumes locales. Mais jusque à quel point?! J’observe les locaux : le bien portant cède sa place à l’estropié – facile à comprendre; le jeune au vieux – idem; le sans enfant à celle qui en a 3 sur les bras. Mais, ensuite, des dilemmes se présentent : un maigre doit-il se lever en faveur d’un gros ? Le gros en question doit-il se faire mince pour laisser une Soeur s’asseoir sur ses genoux ? Et les chèvres ? On les met où ??? De fils en aiguilles, je me retrouve assise au fond du bus, reléguée sur le passage de roue, le dos en bouillie et les fesses en feu car il y a bien longtemps que les amortisseurs du véhicule sont morts. D’ailleurs y  a-t-il encore des amortisseurs ?

 

Heureusement, la magie colombienne opère une nouvelle fois. Le monsieur assis à côté de moi s’enquiert de mon inconfort. Plongeant sous le siège, presque au péril de sa vie (je blague), il arrive à décoincer nos 2 cale-pieds, fier de son exploit. Je le remercie chaudement. Au moins mes pieds sont-ils douillettement installés !

 

 

Mes pieds au repos

 

 

Mais, une nouvelle source d’étonnement se profile. A chaque instant, des vendeurs de biscuits, de bonbons, de chips, de lampes de poche, de pinces à linge demandent au bus de s’arrêter pour venir vendre leur marchandise à bord. Première surprise : le chauffeur se plie de bonne grâce à l’exercice. Chacun son business. Tout le monde à droit à sa part. Deuxième surprise : le gars fourre dans les mains de chaque passager sa marchandise, sans leur demander leur avis. Troisième surprise : tous les colombiens acceptent de prendre  le produit et de faire semblant de s’y intéresser (imaginez le même truc en France mouhaha ! Le gars se prendrait le paquet de cacahuètes dans la figure). Quatrième surprise : ce genre de comportement n’est pas valide en Colombie. En toutes circonstances, la politesse prévaut. Même si c’est le 12ème mec du voyage qui t’entreprend. Cinquième surprise : à la fin, le gars reprend ses produits dans les mains de chacun en remerciant tout le monde pour l’attention accordée. Sixième surprise : parfois les colombiens achètent ! Dernière surprise : ils ne font pas de mauvais esprit, se gardent de tout cynisme ou de tout agacement … BRAVOS LES COLOMBIENS, de ce point de vue VOUS ETES INCROYABLES !!

 

 

 

 

Au final, tu croules sous les denrées alimentaires non souhaitées, sans jamais oser dire ouvertement à tes interlocuteurs que tu n’as aucune envie ni de les acheter, ni de les manger  :mrgreen: 

 

Quand j’arrive enfin à destination, je suis heureuse d’être en vie  et j’ai surtout pris de belles leçons de savoir vivre  :mrgreen: 

 

 

Alors, en pratique, on fait comment pour prendre le bus Medellin/Guatapé – Guatapé/Medellin ?

 

De Guatape village, c’est simple : il y a le terminal de bus sur le Malecon (l’avenue qui borde le lac). Deux compagnies de bus se relayent environ toutes les 1/2 heures vers Medellin.

 

Depuis Medellin, le bus se prend à la gare routière nord (terminal Norte). Pour s’y rendre, c’est metro Caribe.

A l’intérieur, il faut s’adresser aux guichets 12 ou 14.

 

Les horaires ? Comme le dit elle-même l’entreprise Sotrapenol : « Pueden variar según el destino y la demanda de los usuarios. Consulte con la empresa para la programación diaria de salidas« . En gros, ça veut dire qu’ils n’en savent trop rien. Que c’est normalement à l’heure pile et à la demie à Medellin, mais que ça peut varier en fonction des circonstances et des gens (je n’invente rien).

 

 

Terminal Norte

Guichets 12 ou 14

 

 

On vous attend pour quelle heure ?!

 

4 pensées sur “Prendre le bus et apprendre la politesse

  • 28 janvier 2018 à 9 h 06 min
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    Le voyage était bien agréable, un peu mal aux fesses… .
    Bises

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  • 2 février 2018 à 13 h 58 min
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    Paulette et Claude doivent être chez vous ! On attend les impressions et les photos !!!

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    • 4 février 2018 à 23 h 16 min
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      Bonjour Martine !
      Claude et Paulette vous saluent ! Tout va bien ! Le séjour se passe pour le mieux ! Reportage à suivre la semaine prochaine. Amitiés

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