One way ticket

France, Colombie, Guatapé

 

Ca y est ! Cette fois nous y sommes ! Assis dans l’avion nous regardons la France disparaître doucement tandis que le ciel s’agrandit devant nous ! Le cœur un peu serré de laisser là nos familles et amis, mais la tête pleine de rêves et d’envies à concrétiser dans notre nouveau pays !

 

A départ difficile …

 

Bien que très peu de gens s’en soient rendus compte, notre année française de transition a été difficile.

 

Comme je l’avais déjà exprimé, rentrer d’un voyage au long cours de 13 mois, c’est osciller entre le bonheur de retrouver les siens et ses habitudes et un sentiment quasi permanent de décalage. Le voyage étant derrière nous, inutile d’en reparler continuellement ou de saouler les autres avec cette expérience. Pourtant, même en essayant de l’oublier, de le faire tout petit dans notre tête, le voyage demeurait en nous, tout le temps, comme un appel vers autre chose. Comme un tremplin vers l’Ailleurs. Cet Ailleurs vers lequel nous nous dirigeons à présent.

 

Je sais que nos familles et amis n’ont pas toujours très bien compris pourquoi nous avons aujourd’hui besoin de réorienter nos pas alors que notre vie était superbement tracée en France. Bien sûr, il existe des raisons objectives à notre départ. Il y a beaucoup de choses qui ne nous conviennent plus dans notre pays de naissance, comme j’ai pu l’expliquer en début d’année. Mais, au-delà de ces dernières, il faut bien convenir que certaines ruptures s’avèrent parfois nécessaires et ne reposent pas seulement sur les raisons que peut lister le cerveau gauche, mais sur un sentiment beaucoup plus profond et incommunicable. Un besoin vital d’autre chose qui, sans renier ou dénigrer le passé, nous pousse à changer tout en gardant la tête froide et les deux pieds sur terre.

 

 

Un peu tristounet de partir

 

 

Alors bien sûr, je comprends nos familles qui se font beaucoup de souci pour nous, nous demandant cesse des garanties sur le fait que nous avons pris la bonne décision et que nous n’allons pas nous planter. Mais, la réussite d’une vie peut-elle seulement se mesurer à l’aune d’une brillante carrière professionnelle, à l’épaisseur d’un compte en banque ou au succès scolaire de ses rejetons ? Même si tout cela est important, et loin de nous l’idée de cracher sur ces valeurs, il y a sûrement d’autres critères moins matériels qui permettent d’évaluer la réussite d’une vie. A supposer, d’ailleurs, qu’une vie puisse être ratée ou réussie. Je veux donc  seulement faire comprendre à nos proches que nous vivons une expérience qui, avec ses hauts et ses bas, nous permettra dans tous les cas d’évoluer. Il n’y aura donc ni échec, ni réussite. Une tranche de vie, tout simplement.

 

 

 

 

Une tranche de vie, comme nous en avons vécu une cette année. Avec ses hauts – retrouver tout le monde, partager des parties de tennis, enseigner à des étudiants sympas, se refaire des copains à l’école – et ses bas – gérer tous les emmerdements fiscaux, administratifs, être malade toute l’année en ce qui me concerne, essayer de vendre une maison à des acquéreurs systématiquement indélicats … Une tranche de vie que nous ne regretterons pas et qui s’est achevée en juillet dans un stress et une fatigue absolus de tout faire presque seuls. J’adresse une nouvelle fois un immense merci à Jean-Raymond, à Henry et à David pour leur précieuse aide en ces moments de pure folie car sans eux, je crois que nous serions toujours en France  !

 

 

 

Morts de fatigue à l’aéroport

 

 

 

…Arrivée facile !

 

 

 

 

 

Nous voici donc dans le vol Avianca Madrid / Medellin. 9 heures devant nous pour souffler. 9 heures, c’est un peu long quand vous êtes coincés en classe éco. Mais pour patienter, j’ai tout bien fait comme-y-disent dans « le ELLE ». Suivant les conseils des mannequins les plus hypes, je me suis tartinée le visage d’une épaisse couche de crème « de 8 heures » d’Elisabeth Arden qui me donne un petit air de frite sortant d’un bain d’huile. Comme l’a recommandé Gwynneth Paltrow dans « Goop », je bois aussi des litres d’eau de coco, sensée palier la déshydratation de mon corps d’athlète, tout en apprenant à mes dépens qu’elle a aussi des vertus laxatives (elle avait omis de le signaler). Et puis, tout comme les femmes d’affaires les plus chiques, je me suis munie d’un grand panier en osier contenant plein de jolies pochettes multicolores confectionnées en Inde spécialement pour mon fils et supposées pouvoir le divertir pendant qu’il patiente sagement et sans se plaindre entre son père et moi. Quel merveilleux voyage nous faisons !

 

 

Home sweet home

 

 

 

En théorie, nous débarquons donc frais, dispos et joyeux à l’aéroport. En réalité, nous sommes exsangues et puants, de mauvaise humeur et prêts à en découdre avec le premier douanier qui fera une réflexion sur nos valises. Heureusement, ces derniers et leurs chiens sont aimables, tout comme notre délicieuse avocate et sa collaboratrice qui ont pris la peine d’apporter sur place notre nouvelle voiture. Quand nous arrivons enfin à la maison, tout est en ordre ! Ouf !

 

 

 

 

 

Il n’y a plus qu’à attendre dans les jours qui suivent notre minuscule déménagement de 1m3 que Bagages du Monde se charge de nous faire parvenir en avion cargo à l’aéroport de Medellin. On flippe un peu qu’il y ait du retard ou de la casse ou que les douaniers se montrent tatillons. Mais tout se passe impeccablement : à la date donnée les malles arrivent. Elles sont si bien fermées avec vis et boulons que la douanière renonce à inspecter leur contenu. Comme nous n’avons déclaré qu’une très faible valeur marchande, nous sommes exemptés de droits de douane. Et, cerise sur le kebab, tout est en parfait état ! Il ne reste plus qu’à trouver un transporteur. Aucun souci non plus car, en Colombie, ce genre de choses se règle du jour au lendemain grâce à un mec qui connaît un autre mec, dont le beau-frère du cousin a justement une camionnette et qui nous prendrait pas cher pour nous rendre ce service.

 

 

Déménagement express

 

 

Et voilà ! Y a plus qu’à déballer et à fixer les tableaux au mur !

 

 

Acrobate à l’échauffement

 

 

Ah oui ! J’ai oublié d’ajouter qu’entre temps notre pote David et son fils Victor sont venus partager notre quotidien colombien pour le meilleur et pour le pire de l’installation. De nouveau un très grand merci pour leur aide et leur patience !

 

 

 

Et pour les curieux, un petit aperçu de la maison en cours d’ameublement :

 

 

Une chambre

 

4 pensées sur “One way ticket

  • 8 août 2017 à 6 h 43 min
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    bonne installation !! mais quel courage de partir vers un avenir totalement incertain et si lointain!! bravo je pense que jamais je n’aurais eu cette volonté!! mon frère a fait ça il y a 35 ans environ, il a tout quitté pour s’installer en Argentine!!! c’est l’appel des grands espaces!!

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  • 8 août 2017 à 16 h 23 min
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    Super projet, nous pensons bien à vous pour cette nouvelle vie ! Nous suivons vos articles et comprenons cette « envie d’ailleurs ! ». Bon courage pour cette tranche de vie … la famille le comte (Alex, JB et les enfants)

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  • 9 août 2017 à 19 h 27 min
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    Un grand bravo une nouvelle fois pour ton écriture si juste. C’est toujours un plaisir et un régal de te lire. J’avais hâte de suivre votre installation.
    Vivez votre rêve et votre envie jusqu’au bout !!! Les photos sont magnifiques
    Comme promis nous passerons vous voir lorsque nous ferons notre tour de l’AMS. A défaut de t’avoir vu au rassemblement de juin, ton mari nous a donné plein d’info très utiles dans la préparation du voyage, un grand merci à lui.
    Bises à toute la famille et bonne installation
    Sophie et Franck

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  • 10 août 2017 à 8 h 14 min
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    Que vous dire, que vous avez fait le bon choix, un nouveau départ, une nouvelle tranche de vie, que du bonheur à vous ! Dommage que nous n’ayons pu se voir avant de partir… De gros bisous à vous 3 en attendant d’avoir d’autres nouvelles de votre projet et de votre nouvelle vie 🙂

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