Tordre le cou aux idées reçues (2)

De Carthagène à Minca, côte caraïbe

 

L’une des idées les mieux ancrées dans l’imaginaire collectif est celle concernant la mer des caraïbes, que chacun fantasme comme un océan limpide et chaude, bordée de plages de sable blanc et de cocotiers.

 

Le moins que l’on puisse dire avec la Colombie, c’est qu’elle nous aura permis de tordre le cou à toutes les idées reçues que nous avions. Pour le meilleur et pour le pire !!

 

Une première approche « répugnée » de la côte caraïbes

 

La fin du voyage se rapprochant, nous avons RV à Carthagène avec notre transitaire Ernesto de La Rota, alias l’arlésienne, pour effectuer les formalités nécessaires au retour du fourgon. Carthagène, nous en avons rêvé, ville coloniale superbe, bordée de plages aux eaux chaudes …

 

Il nous faudra deux jours de route depuis Medellin pour l’atteindre et, plus nous descendons en altitude, plus la chaleur s’élève au point de devenir difficilement supportable (genre Séville au mois de juillet sans clim). Les paysages changent et deviennent marécageux, tandis que la population s’obscurcit. Carlito, qui ne manque pas d’à propos, demande si c’est à cause du réchauffement climatique qu’ici les gens sont tout noir. Je lui réponds que non : c’est une population créole qui vit ici, il n’y a donc rien d’anormal à ce que la couleur de leur peau soit en conséquence.

 

 

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Nous passons notre première atroce nuit dans la cour d’un hôtel en bord d’océan. Il fait si chaud que nous ne pouvons faire autrement que de dormir les portes et fenêtres ouvertes, copieusement enduits d’anti-moustiques. Non seulement nous ne fermons pas l’œil de la nuit, mais nous nous réveillons avec une trentaine de piqûres chacun. Les boules … c’est là que sévissent tous les virus.

 

L’humeur familiale est excellente ce matin là, comme vous pouvez l’imaginer. Pour calmer tout le monde nous traversons la rue pour aller nous baigner. Ce n’est pas une blague, l’eau doit bien être à plus de 30 /32°. Tout serait parfait si le comportement des autochtones n’était pas purement et simplement révoltant : tout ce qui est consommé est ensuite jeté à la mer : sacs plastiques, emballages de chips, bouteilles, couches … L’horreur on se croirait en Bolivie  !! Nous remballons prestement et trouvons refuge dans une chambre d’hôtel climatisée jusqu’au lendemain.

 

 

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Sous les ordures la plage

 

 

Ce qui nous étonne avec Carthagène « la belle » que nous ne visiterons vraiment qu’à partir du 18 juillet, c’est le caractère inorganisé et sale de sa ville moderne par rapport à Medellin la « soit disant malfamée ». Les gens y semblent beaucoup moins sympas qu’au sud de la Colombie et très âpres aux gains faciles. Pourtant, le soir venu, nous assistons à une scène digne de ce pays que nous avons tant aimé. Assis dans un resto, des musicos entrent jouer de la musique. Contrairement à la France, les clients sont attentifs et applaudissent, donnant quasiment tous de l’argent. Dehors, un SDF attend les restes des repas inachevés. Quand la musique s’arrête, il traverse le resto pour lui aussi aller donner quelques pièces aux musiciens. Pour nous, c’est énorme de voir ça  hihi !

 

Les formalités accomplies, nous reprenons la route en direction de l’est et donc de Santa Marta, espérant trouver un peu d’air en dehors de la ville. Première escale : le volcan de boue. Sur le papier le concept a l’air sympa : c’est une espèce de cône d’une centaine de mètres de hauteur dans lequel on peut se baigner dans la boue au sommet. Une fois surplace, c’est beaucoup moins tentant : les abords du site sont jonchés d’ordures, on se rince à l’eau croupie du lac et dans tous les cas l’hygiène n’existe pas. Berk !!! Nous repartons.

 

 

Volcan de boue

Volcan de boue

 

 

Deuxième escale : la banlieue de Santa Marta. Il est tard, nous n’avons d’autre choix que d’y dormir. Non seulement les paysages traversés pour faire les quelques 300 kils depuis Carthagène sont assez laids, mais on s’étonne de voir vivre les gens au milieu de leurs propres ordures. On dirait qu’on a changé de pays !!! Comment des humains peuvent-ils se complaire dans des décharges à ciel ouvert dans leur propre jardin ? Mais où est passée leur dignité ? Il fait toujours aussi chaud et nous regrettons d’avoir quitté le sud colombien pour « ça ».

 

 

 

 

Une solution de repli : la jungle à Minca !

 

 

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On ne peut pas rester en bord de mer avec les moustiques. Nous reportons à plus tard la visite du parc naturel Tayrona pour nous échapper dans la Sierra Nevada de Minca. Minca ? C’est un minuscule village de montagne de quelques maisons, hôtels et restos desservi par une route incroyablement bonne. Nous apprendrons qu’elle est neuve et qu’elle sera inaugurée par le président de la République himself le lendemain. Chose étrange : on a bien construit une route à deux voies pour accéder jusqu’au village, un pont rutilant, mais une fois surplace il n’y a qu’une voie de circulation pourrie, aucun parking et des pistes défoncées qui s’enfoncent dans le village. Bon … les autochtones sont contents, c’est déjà bien. Pour les voyageurs motorisés, c’est plus compliqué.

 

 

 

Quant à nous, nous peinons à trouver un endroit où garer le fourgon. Nous passons notre première nuit dans le centre du village sur le parking de « l’hôtel Minca ». N’y allez pas, c’est un ramassis de blarfs. Heureusement, en insistant un peu, beaucoup plus haut dans la montagne, un hôtel (« l’hôtel colonial », mais c’est pas pour les véhicules plus gros que le nôtre) nous accueille à bras ouverts. Mieux, les propriétaires s’en vont trois jours et comme nous sommes les seuls clients nous pouvons rester et profiter de tout à notre convenance : piscine, wifi, terrasse, cascade privée, hamacs, vue superbe … Le rêve !! On finit par prendre nos aises et voir d’un mauvais oeil les personnes venant se renseigner pour passer la nuit ici hihi

 

 

Home sweet home

Home sweet home

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Glacée

Glacée

profil d'être de la nature

profil d’être de la nature

 

 

Perchés sur les hauteurs, avec un climat très agréable et beaucoup moins de moustiques, nous observons les oiseaux qui nichent par milliers autour de la maison. Ils piaillent de façon assourdissante, mais il est difficile de les distinguer.

 

 

Pivert

Pivert

Bis

Bis

L'art du camouflage !

L’art du camouflage !

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Sinon, y a pas que des oiseaux ! On trouve aussi ça :

 

 

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Comment ça, c'est un banal coléoptère ?

Comment ça, c’est un banal coléoptère ?

Disons qu'il est juste un peu plus gros que la moyenne !

Disons qu’il est juste un peu plus gros que la moyenne !

 

 

Et des lézards ou des serpents (on a mis le pied sur des bébés) :

 

 

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Non loin de là, plusieurs cascades se visitent, dont le « pozo azul ». Etrangement, ce n’est plus jonché de détritus comme sur la côte.

 

 

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Et le coucher de soleil est sympa :

 

 

 

Et quand le ciel s’embrase ….

 

 

 

L’aboutissement d’une carrière de constitutionnaliste : serrer la main à un président de la République ( !)

 

Bon, OK, j’avais déjà eu l’occasion de serrer la main d’anciens présidents de la République française. Mais pas encore celle du président colombien !

 

C’est chose faite ce vendredi 8 juillet 2016. Nous sommes « en ville » pour aller acheter du pain chez le nouveau boulanger français qui vient d’ouvrir ses portes à Minca, contents de trouver une « vraie » baguette et de vraies bonnes viennoiseries.

 

 

Les boulangers en forme !

Les boulangers en forme !

 

 

Quand nous arrivons au village, celui-ci est en état de siège : des centaines de policiers et de militaires sont sur les dents, bouclant le quartier. Mais que se passe-t-il donc ??? Le processus de paix serait-il remis en question ? Une attaque suicide de FARC au chômage serait-elle redoutée ????

 

Non, rien de tout cela ! L’inauguration de la route et du pont doit avoir lieu sous peu et le président Santos est attendu. L’avant-garde et l’arrière garde ont donc été convoquées. Nous, on s’en fout un peu, on voudrait juste aller déjeuner au resto. Après avoir montré pattes blanches, nous regagnons l’endroit convoité qui se trouve juste à côté de la tribune présidentielle. Oh ! Oh ! On va avoir un voisinage de qualité et si une bombe doit sauter, on est au bon endroit !

 

Mais comment reconnaître un président de la République ? Encore une idée reçue : on voit bien un mec encostardé et en Weston entouré de nombreux gardes du corps. Genre :

 

 

Allons enfants de la patriiiiieu !

Allons enfants de la patriiiiieu !

 

 

Ben … pas ici ! Arrive un gars, chemise ouverte décontractée, casquette sur la tête. Comme tout le monde hurle sur son passage, j’en déduis hâtivement que c’est peut-être le Christ ressuscité qui nous revient (ou un joueur de foot, c’est pareil), mais on nous apprend qu’il s’agit en fait du Président qui, sans autre manière, serre toutes les mains qui se tendent ! Et voici comment, sans le savoir, nous avons rencontré Juan Manuel Santos, venu « vendre » son processus de paix controversé aux habitants de Minca !! Heureusement que certains étaient là pour nous souffler qu’il s’agissait bien de lui car autrement on ne l’aurait jamais deviné !

 

 

Souriez, vous êtes filmés

Souriez, vous êtes filmés

C'est qui le gars à côté de Norton ? Celui avec une casquette ? Le Président, bien sûr !!

C’est qui le gars à côté de Norton ?
Celui avec une casquette ? Le Président, bien sûr !!

Votez pour moi

Votez pour moi

 

 

Et ouai … le style « friday wear » inauguré par Sarko en son temps, a fait des émules bien au-delà des côtes méditerranéennes ! C’est ça, aussi, la globalisation !

 

Bon, encore quelques jours au frais et on repart affronter la chaleur oppressante de la côte. On va pas rester sur une première impression gâchée, sans persévérer un peu ! Rendez-vous la semaine prochaine pour le dernier ou l’avant dernier article du voyage.

4 pensées sur “Tordre le cou aux idées reçues (2)

  • 12 juillet 2016 à 8 h 42 min
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    Salut

    Dommage pour ces côtes souillées ! Retentez ! vous avez raison de ne pas rester sur une mauvaise image des rivages d’un pays que vous avez tant apprécié!
    Avant dernier article ..je préfère tes articles à ceux du dalloz hihi

    A bientôt
    Bises
    PS : tes prières colombiennes ont marché !!! Je suis bientôt en vacances !

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  • 12 juillet 2016 à 22 h 22 min
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    Whooooooo y a des paysages et des photos fantastiques !! Bon alors ce président il est si cool que ça ou il est pire que notre flamby national ? hahaha bon au moins l’hôtel « free » avait l’air bien, il est sur que c’est pas en France que l on verra les proprios partirent et laissé les gens jouirent des installations ! Vous n’avez donc rien déboursés ?
    Bise à vous trois

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  • 28 septembre 2016 à 22 h 55 min
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    Hola,
    Un style incisif et réaliste sur la vie en Colombie. Je découvre, mais j’aime bien.
    Belle vie en Colombie.
    Dominique

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    • 29 septembre 2016 à 10 h 56 min
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      Merci beaucoup ! Ou peut on vous rencontrer dans ce pays ?

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