Bogota : « circulez y a rien à voir ! » ?

C’est à voir … A condition d’en avoir le temps et l’envie. Le temps, nous l’avions probablement. L’envie, quant à elle, s’est évaporée au moment où nous sommes entrés dans la banlieue sud de la ville. Ou un peu avant, peut-être …

 

Il faut dire que nous quittons Neiva sous un soleil de plomb. La route est belle et bonne. Tout se complique une centaine de kils avant Bogota. Le ciel chargé de nuages noirs laisse redouter des averses prochaines et la température chute brutalement d’une vingtaine de degrés. L’état de la route, quant à lui, se dégrade fantastiquement. Certes, nous roulons désormais sur une double voie, mais le revêtement est à l’agonie. Imaginez qu’il s’agit d’un axe majeur d’accès à la capitale et le goudron est jonché de dangereux trous, fentes et bosses. Il faut slalomer entre chaque obstacle, le tout dans une circulation déjà dense.

 

 

Une vue de la circulation dans Bogota par l'artiste Villalobos Forero

Une vue de la circulation dans Bogota par l’artiste Villalobos Forero

 

 

 

Mais le pire est à venir. Nous arrivons à Bogota, petite bourgade de presque 8 millions d’habitants située à 2600 mètres d’altitude, en fin d’aprem (malin, je sais !). Le trafic est à son maximum. De façon épatante, Jérôme est assez détendu, alors qu’il n’y a aucune raison de l’être ! Bien sûr, nous nous retrouvons bloqués dans un embouteillage géant, sans trop savoir pourquoi les voitures sont bloquées. Nous le comprenons quelques minutes plus tard, quand nous constatons que nous ne pourrons faire autrement que de remonter une avenue transformée en rivière. Une averse a inondé la rue et les véhicules circulent (ou voguent) comme ils peuvent dans une bonne quarantaine de cms d’eau. On n’aurait jamais pensé devoir traverser un gué en plein Bogota !!! Super entrée en matière !!

 

 

 

 

Au bout de deux bonnes heures, nous arrivons enfin au point Ioverlander « Portal 80 », un parking hors de prix permettant de passer la nuit près d’un immense centre commercial. C’est pas terrible, mais pratique et sécurisé. Curieusement, cette nuit là, le bruit de la circulation s’estompe assez vite, seules nous empêchant de dormir les alarmes des bagnoles qui, comme partout en Amérique du sud, sonnent à chaque instant. Aaaah les alarmes de bagnoles !! Sur ce continent, chaque voiture en a une. Elles sonnent à fond selon un cycle répété à l’infini de 6 sons différents (pimpon/pimpon/ tut/tut/tut/ pouet/pouet/pouet/bip/bip/bip/ hurle/hurle/hurle/ emmerde tout le monde/ emmerde tout le monde …). Chaque automobiliste pénétrant dans sa propre voiture oublie de la déconnecter et ça sonne, ça sonne … Le tout multiplié par des milliers de bagnoles … L’horreur !! Donc, nous ne dormons pas très bien !

 

Au matin, nous partons néanmoins en direction du lointain centre-ville. Une seule solution : prendre les transports en commun.

 

 

Le transMilenio, bus rapide de Bogota

Le transMilenio, bus rapide de Bogota

 

 

L’expérience, à elle seule, vaut le détour. Nous sommes complètement perdus devant les dizaines de lignes de bus qui s’offrent à nous. Sans que nous en fassions la demande, une colombienne nous prend sous son aile pour nous expliquer la marche à suivre. Elle nous confie ensuite à un policier qui nous emmène jusque dans notre bus. Dans celui-ci, les gens sont hyper attentifs à notre sort. Certains ont peur que nous ne fassions de mauvaises rencontres et nous font 1000 recommandations : ne parler à personne, ne pas se fier aux policiers qui peuvent être de faux policiers, etc etc … Incroyable. Nous sommes dans un bus bondé dans lequel tout le monde devrait ignorer son prochain, selon les standards de comportement français, et ici il se passe exactement le contraire ! Et c’est ainsi que de fils en aiguilles, nous débarquons comme des fleurs en bas du quartier historique de Bogota, la Candelaria.

 

Notre objectif premier : le musée de l’or. Nos sommes venus à Bogota pour lui. Il s’agit de la plus grande collection au monde d’objets d’arts pré-colombiens en or. Il y en aurait plus de 30 000. Surprise : l’entrée est presque gratuite ! Le musée est absolument superbe et valait à lui seul d’affronter la ville !

 

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Quand nous sortons, nous errons un peu dans le quartier dont la laideur n’est même pas intéressante. Des constructions de l’époque coloniale côtoient des bâtiments en bétons d’architecture post-stalinienne dignes de Berlin Est, lesquelles s’appuient sur des masures en briques délabrées. On avait vu des capitales peu avenantes, mais à ce point …  (et je n’ai mis que les plus jolies photos). Après un déjeuner réconfortant au « saint Just », un resto de spécialités lyonnaises tenu par des français, nous nous dirigeons vers la fondation Botero et le coeur du quartier historique.

 

 

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Comme par hasard, la présidence de la République, le gouvernement et le Parlement sont installés dans le quartier le plus beau.

 

 

Bien logé !

Bien logé !

Ministère de l'intérieur

Ministère de l’intérieur

 

 

Ce dernier s’étend sur quelques pâtés de maisons aux alentours, permettant de sortir du béton post-stalinien.

 

 

 

La place Bolivar recouverte de milliers de pigeons est même assez jolie.

 

 

 

 

Vient le moment d’aller rendre visite à Botero. Je suis ravie car j’adore ce peintre. Charles et Jérôme sont moins enthousiastes, mais apprécient quand même le lieu.

 

 

 

Main dans la main

Main dans la main

Tremblement de terre de Popayan

Tremblement de terre de Popayan

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Quand nous en sortons, il est déjà tard.

 

 

 

 

Il nous faudra deux fastidieuses heures de bus bondé pour regagner le Charles de gaulle. Une question se pose : est-ce qu’on rempile le lendemain ? Pas besoin de faire un G3 : la réponse est unanime et spontanée : non !!!!

 

En fait, le peu que nous ayons vu de la ville ne nous a pas plu, si on excepte le minuscule quartier historique. Il paraît qu’elle est dangereuse (ça ne nous a pas sauté aux yeux). Elle est comme on se l’imagine en Europe et comme l’a bien représenté le peintre colombien Villalobos Forero, dont nous avons aussi vu l’expo au passage : une mégapole tentaculaire, potentiellement violente et un peu glauque, attachante par certains côtés, intéressante d’un point de vue culturel, mais peu attrayante au premier regard. Nous resterons sur cette première impression, nécessairement partiale et sûrement injuste.

 

 

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Une autre aventure nous attend à présent : ressortir de la ville ! Un handicap supplémentaire s’ajoute aux difficultés de l’avant-veille : le gué traversé, les trous au milieu des rues, les bouches d’égouts non refermées et les raccords de ponts inexistants ont déclenché un nouveau sérieux bruit sous le fourgon. Arrêt forcé chez Citroën qui ne parvient pas à poser de diagnostic. Nous sommes obligés de repartir avec le bruit et le problème sous-jacent. Encore une nouvelle raison de tomber en panne … Pffff … ! Merci les routes colombiennes dont les péages se paient pourtant tous les 30 kils !

 

 

Au fait Carlito, on va où ???

Au fait Carlito, on va où ???

Une pensée sur “Bogota : « circulez y a rien à voir ! » ?

  • 14 juin 2016 à 7 h 55 min
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    Salut ah oui je comprends mieux ton mail sur Bogota!
    Les 10 et 11 juin j’étais à Lyon pour des cours … Sympa la coïncidence vous avez mangé lyonnais aussi à des milliers de kms! Hihihi

    Des bisous
    A bientôt de vos nouvelles

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