Nos premiers pas maladroits et hésitants sur les chemins de la Colombie

Ipiales, Sanctuaire de las lajas, Pasto, Laguna Cocha

 

 

Pour la première fois depuis plusieurs années, nous allons séjourner dans un pays en guerre contre lui-même. Ben oui … comme nous ne sommes pas grands reporters de guerre, nous essayons d’éviter les zones de conflits quand nous voyageons, n’ayant rien à nous prouver ou à vous prouver.

 

Pourquoi nous y rendre, alors ? Ironiquement, j’aurais envie de dire pour « préparer notre rentrée en France ». Vous êtes si nombreux à nous prédire « un retour difficile dans un pays à l’agonie », que deux mois passés à louvoyer entre les FARC, les paramilitaires, les narcotrafiquants, les criminels de droit commun, les virus mousticos-antipathiques et autres joyeusetés, devraient nous permettre de retrouver la France et son cortèges d’emmerdes avec sérénité, recul et détachement.

 

Plus sérieusement, nous souhaitions visiter ce pays dont la beauté des paysages et l’accueil sont réputés. C’est ainsi que nous avons franchi la frontière entre l’Equateur et la Colombie plus motivés que jamais !

 

 

Un petit tour au sanctuaire de Notre Dame de las Lajas ne peut quand même pas faire de mal !

 

 

Comme nous (ne) sommes (pas) malins, nous franchissons la frontière en milieu d’après-midi. Or, ce n’est pas forcément une bonne idée de débarquer dans un nouveau pays, quel qu’il soit, à l’approche de la tombée de la nuit. Encore moins quand la zone où l’on arrive est soulignée en rouge fluo par le ministère des affaires étrangères et « strictement, formellement, définitivement déconseillée ». Pourtant, n’ayant pas d’avion, nous n’avons pas le choix. La route depuis Ibarra (Equateur) s’est avérée plus longue que prévue et nous n’allons pas dormir à la frontière qui (elle) paraît bien craignos.

 

Les formalités expédiées, la première épreuve consiste à traverser la ville d’Ipiales pour aller y retirer des pesos colombiens et y faire quelques courses. La circulation y est assez terrible, les rues embouteillées … Pffff … Pour ne pas laisser le fourgon sans surveillance en pleine rue, nous nous relayons avec Jérôme auprès des commerçants, avant de filer vers le sanctuaire qui se trouve à une dizaine de kils.

 

 

Transports en commun : hommes + animaux + marchandises

Transports en commun : hommes + animaux + marchandises

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La nuit commence à tomber et nous espérons que nous pourrons dormir au parking du téléphérique desservant celui-ci (voir point Ioverlander). Heureusement, son gardien nous y accueille chaleureusement, nous expliquant que le site est gardé nuit et jour. Un bon point. OK, les gardes font super peur, vêtus de noir, armés et cagoulés (le gardien a bien fait de nous dire qu’il s’agissait des gardes, sinon on aurait pensé qu’ils étaient là pour braquer la caisse du téléphérique), mais ils sont là ! A part ça le bivouac est super tranquille et nous passons une nuit parfaite.

 

Au matin nous filons au Sanctuaire de las Lajas, le « Lourdes colombien ». Arrg ! Nous avons oublié que nous sommes le jour de Pentecôte et il faut jouer des coudes pour en approcher ! Si l’église est kitch à souhait, le site est joli et la ferveur populaire à son comble. Je ne peux pas m’empêcher de penser que son implantation n’est pas un hasard : à l’entrée de la Colombie, mieux vaut aller se recommander à la Vierge et implorer sa protection hihi !

 

 

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Le sanctuaire vu côté pile. Oh le ciel scintille ! ne serait-ce pas l'esprit sain qui se pose sur nous ?

Le sanctuaire vu côté pile. Oh le ciel scintille ! ne serait-ce pas l’esprit saint qui se pose sur nous ?

Le sanctuaire côté face. Où sont passés les scintillements ?

Le sanctuaire côté face. Où sont passés les scintillements ?

Le prêtre fait salle comble

Le prêtre fait salle comble

 

 

Avec tout ça l’ambiance est bonne. Déjà 3 fois que nous entendons « La colegiala », qui semble être le second hymne national de la Colombie. Curieux … je boirais bien un Nescafé … Allons voir au village d’à côté si on n’en trouverait pas une tasse !

 

Le village d’à côté est en fête « municipale ». C’est son 113ème anniversaire et des fanfares défilent dans la rue au son … de « La colegiala » (of course) ! A défaut de café, nous nous rabattons sur une assiette de cochon et de choclo, un peu stupéfaits de voir le nombre d’enfants jouant dans les fanfares. Ici la musique est prise au sérieux ! Toutefois, nous restons encore plus pantois devant une escouade de jeunes assurant la sécurité publique auprès de la police. Comme nous nous en étonnons, on envoie chercher le commissaire en chef qui, très gentiment, vient nous expliquer que les enfants de 7 à 14 ans peuvent se porter volontaires pour appuyer la police lors de manifestations publiques. Curieuse façon de faire de l’instruction civique !!

 

 

 

 

Un petit air de suisse en Colombie : la laguna Cocha

 

Après une seconde nuit au téléphérique, nous poursuivons notre route aux 1000 virages vers Pasto, grande ville un peu plus au nord.

 

 

En route !

En route !

 

La météo est toujours aussi merveilleuse, apportant ses cortèges de nuages, de brumes et de bruines. Les montagnes verdoyantes ressemblent un peu à celles du Pérou, si ce n’est qu’elles sont recouvertes de buissons de fleurs violettes.

 

 

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C’est vert, mais on sait pourquoi !!

Voici les buissons qui poussent partout. De près on les voit mieux !

Voici les buissons qui poussent partout. De près on les voit mieux !

 

 

Quand nous arrivons à la laguna Cocha, le brouillard glacial est à couper au couteau. Nous élisons domicile sur le parking de l’hôtel Guamuez (voir point Ioverlander). L’accueil y est vraiment chaleureux et la politique de l’établissement sympa : on peut dormir gratuitement dans le véhicule à condition de consommer un peu au bar ou au resto. Aucun problème ! Nous nous faisons immédiatement préparer des truites du lac que nous dégustons devant le feu de cheminée …

 

 

Après des semaines de nourriture discutable, les truites sont appréciées à leur juste valeur !

Après des semaines de nourriture discutable, les truites sont appréciées à leur juste valeur !

 

 

L’endroit est d’une quiétude absolue, laquelle contraste avec l’hystérie des deux villes traversées. Son immense jardin, recouvert d’arums, d’hortensias, de pervenches, d’impatiences, de daturas et autres plantes inconnues s’ouvre sur une aire de jeu pour enfants et adultes et surplombe le lac.

 

 

Un hôtel accueillant

Un hôtel accueillant

Hôtel suisse dans une ancienne colonie suisso-colombienne

Hôtel suisse dans une ancienne colonie suisso-colombienne

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Le soleil revenu, nous en profitons pleinement. Carlito, en forme, se laisse tenter par la tyrolienne. Une fois, deux fois, cent fois … Jusqu’au moment où il tombe brutalement de trois bons mètres de haut, à plat ventre. Pffff … Je viens de renouveler le matin même notre assurance rapatriement, mais a-t-on vraiment besoin de l’essayer ??? Nous nous précipitons vers lui. Le souffle coupé il peine à se relever. Par chance, le terrain était meuble et l’enfant relativement élastique. Plus de peur que de mal.

 

 

 

 

C’est dans cette ambiance bucolico-accidentée que nous nous rendons compte que les proches voisins de l’hôtel ne sont autres qu’une garnison de militaires. Renseignements pris, le propriétaire des lieux nous explique que ce sont de « buenas personas » qui surveillent le lac. Ah ! OK !! Mais de quoi ??? A priori de rien, mais c’est au cas ou ! Bon, bon, bon …

 

 

Schreck

Schreck

 

 

L’endroit regorgeant d’animaux, Jérôme me propose d’aller faire une petite marche de nuit dans le jardin pour les observer. N’a-t-on pas croisé la veille un « babola » (contrairement à ce que vous pensez, ce n’est pas une balle de tennis mais une bestiole proche de l’opossum) ? Par acquis de conscience je demande quand même à la réception s’il est possible de se balader de nuit avec une lampe sous les fenêtres de l’hôtel. Aucun problème, m’annonce la gentille dame. Il faut simplement qu’elle prévienne les militaires en faction afin qu’ils évitent de nous prendre et de nous traiter comme des « dangers potentiels » ! Bon, s’ils tirent sans sommation, on va reprendre une truite devant la cheminée, ça ira bien. Dans l’assiette je suis sure qu’on pourra super bien l’observer ! Va vraiment falloir qu’on apprenne les mœurs locales … !

 

 

Et au milieu coule une lagune

Et au milieu coule une lagune

Quand sur les bords des militaires surveillent

Quand sur les bords des militaires surveillent

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Le piège dans cet hôtel, c’est la cheminée. Difficile d’en décoller surtout quand il nous reste à tester tant de spécialités locales. Avant de retourner picoler au coin du feu, un petit tour en « ville » s’impose. L’endroit se vante d’être la petite Venise du coin. Bon, on voit que les habitants n’y ont jamais mis un pied, mais il est vrai que les maisons sont construites sur pilotis autour de quelques canaux !

 

 

Elle voulait que j'l'appelle Venise ...

Elle voulait que j’l’appelle Venise …

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Bon, demain, retour en ville. Direction Popayan !

2 pensées sur “Nos premiers pas maladroits et hésitants sur les chemins de la Colombie

  • 25 mai 2016 à 8 h 46 min
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    Coucou

    Bon les débuts en Colombie se déroulent sous de bons auspices… Bon accueil bons repas donc restés zen pour la suite 😉
    Bise
    Delphine

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