Machu or not Picchu ?

Vallée sacrée, Machu Picchu

 

Au pays du tourisme de masse, le voyageur n’est pas roi (vieux proverbe péruvien ). Mais que fait-il là ??? That is the question ! 

 

En route pour le Machu Picchu !

 

(désolés les français de France, ce paragraphe pratique risque de ne pas vous intéresser, passez au suivant hihi)

 

Nous voici donc au pied du site inca le plus célèbre de l’univers. Il aura fallu dépenser du temps, de l’énergie et beaucoup d’argent pour y parvenir, preuve qu’il n’est pas seulement un site archéologique, mais aussi et surtout une mine d’or pour ses exploitants et une usine à gaz pour ses visiteurs !

 

Ben oui … Ce qu’on ne sait pas en France, c’est que l’excursion a un coût prohibitif (quoique, en cherchant bien …) et qu’elle est complexe à réaliser. Un peu bêtement, avant d’en avoir discuté avec d’autres, tu penses que tu vas te garer devant, payer et visiter. Mais pas du tout !

 

Il existe de multiples manières et tarifs pour accéder au site qui dépendent des facteurs suivants :

  • tes moyens financiers : plus tu en as, mieux c’est hihi
  • ta forme physique : elle peut compenser ton manque de moyens financiers si tu aimes marcher
  • la taille de ta famille : les enfants payent le billet d’entrée à partir de 8 ans et le billet de train et de bus, ½ tarif entre 2 et 11 ans
  • tes envies : tu peux avoir envie de marcher ou de prendre le train, de dormir dans un hôtel minable ou pas, etc …
  • la saison où tu visites : a priori c’est moins cher en saison des pluies, en revanche certaines routes d’accès peuvent être coupées

 

Vu la multiplicité des combinaisons possibles, chacun t’explique donc « sa » meilleure façon de t’y rendre. Nous, on a rien compris avant d’avoir une carte détaillée sous les yeux. La voici pour les suivants.

 

 

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  • première solution : la plus onéreuse : on prend le train à Cusco jusqu’à Agua Calientes : long, très cher, puis le bus jusqu’au Machu Picchu (on peut monter à pied)
  • deuxième solution : intermédiaire : on va en voiture à Ollantaytambo (avec la sienne, un taxi, un colectivo), puis on prend le train jusqu’à Agua Calientes (environ 140 dollars A/R en économique) et le bus (environ 24 dollars A/R) (ou à pied jusqu’au site)
  • troisième solution : la moins chère : on va en voiture à Santa Teresa, puis en taxi ou en colectivo à Hydroelectrica. De là, on prend le train jusqu’à Agua Calientes (moins cher : environ 56 dollars A/R) ou on marche à pied sur la voie ferrée (10 bornes). Puis on monte à pied au Machu Picchu ou on prend le bus.

 

Dans tous les cas, il faut payer le billet d’entrée au site qui est de 62 dollars par gringo (gratuit pour les moins de 8 ans).

 

La gare d'Ollantaytambo

La gare d’Ollantaytambo

 

 

Nous, nous n’avions pas d’argent à jeter par les fenêtres, mais pas non plus envie d’arriver crevés et trempés sur le site, ni de dormir en route dans un hôtel pourri ou de traîner nos affaires sur deux jours. De toute façon, les intempéries ont décidé pour nous : la route pour Hydroelectrica étant coupée (pont emporté par la rivière, vérifiez l’évolution), il était beaucoup plus simple de partir d’Ollantaytambo (même si des voyageurs sac à dos ont pu franchir l’obstacle par le pont de fortune mis en place). Coup de chance, jusqu’au 26 mars 2016, il y a une promo chez Peru rail : sur certains trains, les adultes ne payent qu’1 billet sur 2. Les enfants de moins de 11 ans payant normalement ½ tarif. Et pas moyen de gruger, on te demande ton passeport pas moins de 7 fois entre le moment où tu achètes le billet de train et celui où tu entres sur le site ( !), celui-ci étant passé dans des machines électroniques comme à la douane. De là à dire que les péruviens auraient emprunté à La France son ambiance couvre-feu, il n’y a qu’un pas assez désagréable à franchir !

 

 

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La gare d’Agua calientes

 

 

Compte tenu de tous ces détails, on a bien failli zapper le Machu Picchu. On était même décidés à ne pas y aller quand de nombreuses personnes nous ont dit qu’on le regretterait. Et puis Charles insistait lourdement … Alors … Allons-y … Mais auparavant …

 

Une petite halte à Ollantaytambo, chouette petit village

 

Nous arrivons en fin d’après-midi à Ollantaytambo. Le temps de garer le « Charles de Gaulle » dans la cour de l’hôtel Tunupa (dans laquelle nous séjournerons 3 nuits et où il sera en sécurité pendant notre excursion), nous filons acheter les billets de train.

 

 

 

 

Malheureusement, il ne reste plus de billets en promo pour le lendemain. Nous réservons donc pour le lundi. Nous achèterons notre billet pour le site le jour même à Agua calientes.

 

Ollantaytambo recèle un magnifique site Inca, célèbre pour avoir été un lieu de résistance contre les conquistadors : le dernier Inca y aurait remporté une victoire sur les espagnols. Quand on visite le site, on comprend pourquoi il était difficile à prendre. Village, lieu de culte et forteresse, il se cramponne à une montagne difficile à gravir pour des assaillants. Sauf s’il s’agit de touristes. Et ce jour-là, ils sont nombreux !

 

 

Aussi pittoresque que le Machu Picchu et moins cher hihi

Aussi pittoresque que le Machu Picchu et moins cher hihi

ceci n'est pas le mur des lamentations, mais le temple du soleil !

ceci n’est pas le mur des lamentations, mais le temple du soleil !

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Le village, lui aussi, est agréable. Comme un peu partout dans la région, les maisons sont construites sur des vestiges.

 

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Il est dominé par le Tunupa, sorte d’être de la nature barbu taillé dans la pierre.

 

 

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Notre journée de purification  au Machu Picchu

 

 

Que nous restera-t-il de notre journée au Machu Picchu ? Je ne saurais dire … Peut-être un sentiment mêlé d’émerveillement, d’étrangeté et de déception.

 

L’émerveillement, avant toute chose. Nous y allions à reculons pour les raisons expliquées ci-dessus. Nous découvrons un site majestueux dans son écrin de verdure. C’est comme sur les photos que tout le monde a vues, mais en relief !

 

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Le site construit aux environ des années 1450 (et rapidement délaissé par ses habitants) est beaucoup plus grand que nous ne l’imaginions et très correctement restauré. Nous y passerons 5 heures sans nous ennuyer (plus, on fondait comme des sucres dans le lait chaud).

 

 

 

 

Charles qui, au début, nous fait payer sa nuit trop courte, se prend au jeu, gravissant les escaliers, admirant les temples, l’observatoire astronomique sous forme de pyramide, les maisons auxquelles ont a rajouté un toit de paille. Le dessin animé des Citées d’or n’est pas loin dans son imagination.

 

 

 

 

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Pyramide observatoire astronomique

 

 

 

L’atmosphère est particulièrement étrange. Quand nous partons le matin d’Ollantaytambo, il fait beau. Le train qui ressemble à celui de la « colegiala » part à l’heure et rapidement une collation nous est servie au son de la flûte de pan (comme ils se doit au Pérou hihi). Hum … Goûtons le dernier café de Jacques Bave, sélectionné parmi les meilleurs par el gringo.

 

Petite rétrospective matinale : 

Hoy te visto, con tus libros caminado y tu carita de coqueta, colegiala mi amor !

Hoy te visto, con tus libros caminando y tu carita de coqueta, colegiala mi amor !

 

 

Revenons au vif du sujet : 

Petit souci,  au fur et à mesure que nous progressons dans la vallée, le ciel se couvre. Nous savons que le Machu Picchu est un endroit particulièrement pluvieux où le vrai beau temps n’est qu’une grâce provisoire en saison des pluies. A notre arrivée sur le site, les nuages jouent à cache-cache avec les ruines, rendant le paysage changeant et sublime.

 

Un peu plus tard, la pluie décide de se mettre à tomber pour de bon. Que faire ? Contrairement à de nombreuses perches à selfies venues en shorts et débardeurs, nous sommes correctement couverts et décidons de poursuivre malgré la douche purificatrice qui s’abat sur nos épaules. La déception est grande, juste avant de nous rendre compte que l’eau à fait fuir la plupart des visiteurs. Incroyablement, il ne reste presque plus personne et les ruines sont à nous seuls. Plus une perche à selfies à l’horizon. L’ambiance intime est très curieuse et satisfaisante. D’ailleurs, la pluie cesse. Nous achevons notre tour contents mais humides.

 

 

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Reste des maisons

Reste des maisons

Montagne aux deux yeux et sourire !

Montagne aux deux yeux et sourire !

 

 

Le retour en train qui s’annonçait mortel est finalement assez gai. Peru Rail n’emploie, en effet pas, ses hôtesses et stewards à ne rien faire ! Après nous avoir servi un en-cas, les uns et les autres se lancent dans une danse folklorique costumée endiablée sous le regard incrédule puis amusé des passagers ! La danse achevée, vient le moment de nous vendre la ligne de vêtements en alpaga de la Peru rail. Les mêmes se mettent donc chacun à leur tour à défiler dans le wagon, prenant les poses suggestives des mannequins de podium ( !) Bravo à eux pour le show qui achèvera de réchauffer une journée trop humide à notre goût de provençaux.

 

 

 

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Sacrée vallée !

 

 

Bon, il n’y a pas que le Machu Picchu et la pluie !  Pour arriver à celui-ci, on traverse aussi ce que les péruviens appellent la vallée sacrée. Autant d’occasion d’admirer des sites inca qui possèdent tous une ressemblance indéniable  :mrgreen:  :mrgreen:

 

Celui de Chincherro est le premier à nous arrêter en venant de Cusco. La veille au soir, il y a neigé!  Un monsieur travaillant sur le site nous le fait visiter très gentiment et sans demander la pièce (rare !!)

 

 

Terrasses de cultures

Terrasses de cultures

profil en pierre

profil en pierre

 

 

Celui de Morray a le bon goût de se visiter du haut. Il pourrait s’agir d’un laboratoire agricole : chaque terrasse ayant une terre et une température spécifique, les incas vérifiaient ce qui poussait le mieux à chaque « altitude » donnée pour le transposer en plus grand ailleurs, ensuite.

 

 

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Le village de Moray

Le village de Moray

 

 

Au passage, nous visitons les salinas de Moras. Comme son nom l’indique, on y produit du sel de façon ancestrale et selon un système sophistiqué de canaux et bassins.

 

 

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Les salinas vues de haut

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Enfin, nous achevons notre tour à Pisac. En dépit de nos efforts de marcheurs, nous ne parviendrons pas à atteindre les ruines depuis le village : elles sont en pleine montagne, l’accès est difficile avec un très fort dénivelé. Le temps menaçant nous impose de faire demi tour avant des les avoir atteintes. Inutile de vouloir accéder au sommet du site en voiture : le chemin d’accès aux ruines est coupé à cause des éboulements …

 

Nous ne verrons donc que la magnifique vue sur la vallée. C’est déjà pas mal !

 

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Toutefois, Pisac est un village attachant. Le marché est sympa et la gastronomie … locale. Je vous laisse juger :

 

Humm des bons gateaux sortant du four ! Et quoi d'autre ?

Humm des bons gateaux sortant du four ! Et quoi d’autre ?

Des cuy rôtis

Des cuy rôtis

 

Des quoi ???????????

 

Voici des cuys crus (humour de jérôme) :

 

 

Et des cuys cuits ! (humour de Valérie)

 

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Je n’en mangerai pas, j’aime trop les petits cobayes, mes petits canous …!

 

6 pensées sur “Machu or not Picchu ?

  • 9 mars 2016 à 0 h 18 min
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    Merci pour le récit de vos visites pendant votre voyage.
    Nous sommes en Amérique du sud depuis Août mais nous avons le temps voir les années pour visiter. Votre voyage et vos redactions sont pour nous une mine de renseignements.

    Cordialement Bernard Didier
    Asunción Paraguay.

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  • 9 mars 2016 à 20 h 06 min
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    C’est bien d’y être allés, vous n’aurez aucun regret!!
    Bonne continuation

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  • 9 mars 2016 à 22 h 18 min
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    Coucou, le site est vraiment magnifique même sous le temps pluvieux. Mais j’avoue que j’ai beaucoup de peine pour ces pauvres cuys cuits. Ils sont si mignons, vivants !
    Gros bisous à tous les trois.

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  • 10 mars 2016 à 13 h 20 min
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    Coucou

    J’ai re-voyagé avec vous ;)) eh oui le Machu picchu incontournable mais usine à touristes ce n’est d’ailleurs pas ce que j’ai préféré … Même si j’ai aimé. Le train j’en ai gardé un super souvenir !
    Ah les cuys ! Ce sont bien des rongeurs :((
    Bonne route
    Bise

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  • 10 mars 2016 à 19 h 30 min
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    Bonjour,.
    vous avez bien fait de monter au machu pichu
    c’est comme la muraille de Chine…passer à côté sans voir, c’est dommage
    Pour les cuys, on peut vous rassurer, on a gouté, c’est pas terrible, mais c’est comme les p’tits lapins…on accepte d’en manger ou pas

    Décevantes les iles Uros? il faut voir ça comme un éco musée. On ne visite pas les iles où ils vivent, mais quelle serait leur vie si les hordes de touristes déferlaient chez eux,?

    Bonne suite de périple
    Armelle et Christian

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  • 11 mars 2016 à 7 h 12 min
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    Quel spectacle des lumières et des couleurs… Un site magnifique… Et presque irréel. Et les petits cuys vivants ou cuits font de la peine! Les pauvres… . Bisous a vous trois

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