La direction, s’il vous plaît ?!

Caraz, Laguna Paron

 

 

Nous voici repartis vers le second « toit du monde », la Cordillera Blanca, chaîne de très hautes et très blanches montagnes, dont la plupart culminent au dessus de 6000 mètres d’altitude.

 

 

 

Le mont Huascaran à 6778 mètres d'altitude joue à cache-cache avec les nuages

Le mont Huascaran à 6778 mètres d’altitude joue à cache-cache avec les nuages

 

 

 

Pour s’y rendre il faut non seulement en trouver la direction, mais aussi que la direction du fourgon fonctionne normalement. Si la première ne nous a pas posé de difficultés, il en va tout autrement de la seconde …

 

 

Il dévoile cependant son beau visage en pierre

Il dévoile cependant son beau visage en pierre

 

 

 

Le gringo, la brute et le truand

 

Nous nous lançons donc à l’assaut des virages, trous et dos d’âne qui nous séparent des différents canyons et lagunes à visiter. Les courbes se négocient sans problème jusqu’au moment fatidique où, en plein milieu de l’une d’elles, Jérôme panique en m’annonçant que le volant ne tourne presque plus. C’est balot dans un virage que le volant ne tourne plus. Même, et sans en rajouter, ça fait un peu peur, surtout quand il y a un précipice en dessous. Adieu monde cruel ? Non ! Pas encore ! Ne vous réjouissez pas trop vite ! Par chance (ou plutôt par prévoyance) nous venions de changer les freins, lesquels nous tirent d’un embarras certain et d’un plongeon non souhaité ! Vous l’aurez compris, c’est la direction qui, à son tour, se met à donner des signes de faiblesse. Par chance, nous sommes à proximité de la petite ville de Caraz, qui n’est qu’à quelques virages de là. Le pilote les ayant négociés avec brio, nous y arrivons sains et saufs.

 

A tous ceux qui se demandent si nous avons fait exprès de partir en voyage avec une poubelle roulante, je répondrai que nous ne sommes pas joueurs à ce point. Il fonctionnait bien notre Charles de Gaulle avant qu’on ne lui mette dans les roues plus de 25 000 kils de routes et pistes défoncées « non homologuées en Europe ». Vous pensez que le vôtre aurait fait mieux ? Je répondrai : hihihi ! Venez faire un tour par-là !

 

 

En attendant, le Charles de Gaulle est pris en charge par Willy « speed-man », mécano chaudement recommandé sur Ioverlander. Débute alors pour nous une journée de 14 heures non-stop dans son atelier, à le regarder démonter la direction, la graisser, la remonter comme une brute. Le tout sous l’œil de sa défunte épouse, dont le poster post-mortem trône en face de notre pare-brise (finalement, je préfère encore les calendriers des blondes à gros poumons)…

 

 

 

Heureusement, Carlito est d’une patience d’ange. Tant qu’à nous … c’est moins évident ! Allez ! File moi un « inca Kola », ça ira mieux !

 

 

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Quand enfin, vers 21 heures le boulot est achevé, le prix déjà costaud qui nous avait été annoncé comme « tout compris » ne l’est plus. Viennent s’y rajouter de nombreux extras aussi débiles que la noix de graisse utilisée ou le passage de certaines pièces à la presse. L’addition est donc particulièrement salée, d’autant que le monsieur a remonté le volant à l’envers ! Dit autrement, quand les roues sont alignées avec le véhicule, le volant n’est pas placé horizontalement, mais verticalement. Enorme, tout comme les explications stupéfiantes qui nous sont données ! Moyennant l’équivalent de 100 euros de plus, il nous propose de réajuster le tout après le WE de Pâques. A moins que pour beaucoup plus cher encore il ne redémonte la crémaillère pour l’envoyer à Lima… Bon, ça ira bien. Jérôme réajustera le tout et on verra plus tard. Adieu monsieur la brute et le truand ! Les gringos qui n’ont pas autant de pognon que tu sembles le penser, s’en vont !

 

 

La malédiction nous poursuit !

 

 

Vue depuis le Apu eco lodge

Vue depuis le Apu eco lodge

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Bien décidés à passer le WE de Pâques dans la région, nous jetons notre dévolu sur le « Apu Eco Lodge », un hôtel écolo de Caraz très chic. Il est complet, mais son sympathique propriétaire nous autorise à bivouaquer dans son jardin d’Eden, où les cultures bios côtoient de nombreux animaux. Charles est d’autant plus content que de nombreux enfants sont là, dont beaucoup fréquentent le lycée franco-péruvien de Lima et parlent le français !

 

 

 

Souhaitant ménager notre monture, nous demandons au propriétaire s’il serait possible de lui louer son 4X4 Chevrolet pour nous rendre à la laguna Paron, située au bout d’une piste en état bolivien. Pas de souci ! Une petite formalité néanmoins, avant de partir, il faudra passer dans une gomeria faire réparer une roue. Changement de décor : après avoir fréquenté la « jet set » péruvienne, nous nous retrouvons dans un endroit minable et crasseux. Le travail est néanmoins accompli. Surprise : un chauffeur de taxi vient faire regonfler une de ses roues … presque neuve ! Et oui ! Au Pérou on peut rouler avec ça, ça ne choque personne à part les morts-accidentés-de-la-route !

 

 

 

 

Que n’avons-nous pas fait de louer ce véhicule ?! Presque arrivés au sommet à 4200 mètres, les batteries s’effondrent dans le moteur endommageant fortement la direction qui, déjà, n’était pas vaillante… Consternation à bord … d’autant que nous sommes à 32 mauvais kms de l’hôtel et que la descente s’annonce dangereuse.

 

 

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Nous passons un long moment à profiter des paysages qui sont d’une beauté rare.

 

 

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Reconnaissez-vous le pic de la « paramount » ?

 

 

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La vue sur les différents glaciers est splendide.

 

 

 

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Tout comme celle sur la vallée!

 

 

 

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Après avoir profité des paysages exceptionnels, à nous de ramener le Chevrolet à bon port !  En effet, son propriétaire, qui escorte tout un groupe de véhicules venus comme nous  de l’hôtel,  s’en fiche royalement. Il nous abandonne devant la lagune sans même se soucier de savoir si nous pourrons redescendre sains et saufs avec l’épave. Heureusement que Jérôme s’y connaît en mécanique ! Effrayée, j’ai casé Charles dans une autre voiture. En revanche, Estelle et Sébastien, téméraires français faisant le tour du monde, n’hésitent pas à profiter du taxi-épave pour redescendre dans la vallée. Comme quoi, les pannes sont souvent synonymes de belles rencontres !

 

 

 

Bien longtemps après les autres, nous arrivons enfin à l’hôtel … Inutile de vous dire que nous resterons piétons le reste du WE, petits joueurs que nous sommes ! Ce n’est pas très grave car nous sommes très bien à l’Apu Eco Lodge. Tandis que nous nous reposons, Carlito joue comme un petit fou, notamment avec les deux grandes filles de la famille qui parlent le français !

 

 

 

Soirée pizza !

 

 

 

 

 

La semaine Sainte à Caraz !

 

 

Si le Pérou compte un certain nombre de cloches, à la consternation générale, ces dernières ne pondent pas d’œufs en chocolat ! Nous en avons donc été privés à Pâques (à bon entendeur …) !

A défaut de fabriquer des oeufs en chocolat, à Caraz, on prend la Semaine Sainte très au sérieux !

 

Caraz est une petite ville située dans la vallée de Huaraz, une ville de montagne au climat tropical.

 

 

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On y cultive de tout et surtout des œillets.

 

 

 

Son immense marché central parcouru par des péruviennes en tenues traditionnelles vaut à lui seul un petit arrêt.

 

 

 

 

Ici on vit la Passion du Christ de façon très « personnelle » ! Des processions baladant statues ensanglantées se croisent dans les rues en début de semaine. Le Jeudi, la Cène est jouée par des enfants, tandis que le curé leur lave les pieds !

 

Elles ont remplacées, le Samedi Saint, par des jeunes chantant du rock religieux et enchaînant des chorégraphies dignes de la « macarena » ! Le tout devant des feux de joie allumés au péril de la vie des danseurs et des fils électriques surplombant la scène  hihi

 

Tiens ! Il va pleuvoir !

Tiens ! Il va pleuvoir !

Alors on danse !

Alors on danse !

C'est beau le feu !

C’est beau le feu !

 

 

N’oublions pas Judas sans qui rien ne serait arrivé ! Il vit sa passion le dimanche de Pâques ! A moins que ce ne soit celle des personnes baladant la marionnette sur un âne récalcitrant en plein milieu du marché bondé hihi.

 

 

En avant Guingamp !

En avant Guingamp !

Zavez pas vu passer un âne, on le cherche !

Zavez pas vu passer un âne, on le cherche !

 

 

Bon, tant qu’à nous, à défaut de balader notre âne en ville, nous profitons de la mode de la cuisine nouvelle pour nous régaler dans tous les bons restos de la ville ! Je conseille tout particulièrement la pizzeria « el abuelo » qui propose les meilleures pizzas sud-américaines, avec des recettes hyper originales et très réussies. Comme celle avec des petits morceaux de noix de pécan et de physalis (qui, je le précise n’est pas une maladie vénérienne, mais un petit fruit orange qui pousse localement).

 

 

Un cuistot heureux !

Un cuistot heureux !

 

3 pensées sur “La direction, s’il vous plaît ?!

  • 6 avril 2016 à 13 h 11 min
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    Coucou

    Que de péripéties !! Mais cela valait le coup … Les photos sont superbes !
    Bise
    Delphine

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  • 22 mai 2016 à 6 h 22 min
    Lien Permanent

    Coucou, apres un chagrin immense, me revoila a relire vos péripéties . Malgré vos pannes, les paysages sont magnifiques, c’est toujours ca de gagner… bisous a vous 3

    Répondre

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