La malédiction des momies d’Arica

 

Ou comment (re,re) retomber en panne de roulements après avoir changé ses pneus…

 

Depuis quelques temps, nous nous pensions tranquilles mécaniquement, Jérôme entretenant régulièrement le fourgon.

Notre départ pour la Bolivie s’annonçait très proche. On avait même rendez-vous avec Christian et Valérie à Putre (vers la frontière) dans la soirée, après avoir visité ensemble la veille, le musée des momies d’Arica.

On aurait dû se douter que tous ces corps desséchés par plus de 6000 ans de désert, couchés et recouverts de boue pour certains, assis et enveloppés dans des linges pour d’autres, risquaient de nous jeter un sort à trop les espionner derrière des vitres !

 

Pas raté !

 

 

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En panne en pleine montagne désertique ?

 

 

Nous achevons de gravir les 130 kms qui séparent Arica de Putre, passant sans transition du niveau de la mer à plus de 3500 mètres d’altitude quand un bruit familier nous fait blêmir … Ne serait-ce pas la douce mélodie du roulement agonisant ? Jérôme se gare comme il peut sur le bord de la route à côté d’une petite chapelle mortuaire (restons dans l’ambiance), lève le fourgon et constate que c’est bien le roulement arrière gauche qui se meurt, en attendant que le droit agonise à son tour … La looooose …. Nous avons changé les 4 pneus la veille et le remontage a dû être fait avec une telle douceur que le garage Michelin a précipité la fin des roulements.

 

 

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En pleine montagne et loin de toute habitation il nous faut prendre une décision : continuer ou rebrousser chemin. Le bruit des roulements n’encourage pas à bouger davantage. Néanmoins, nous ne pouvons pas dormir en plein virage sur le bord d’une route alors que de très nombreux camions vont nous frôler (c’est le seul axe qui relie Arica au Chili à La Paz en Bolivie). On décide de redescendre vers Arica quand même. Une prière à la défunte Correa plus tard, nous voici repartis.

 

 

 

En chemin nous croisons Christian et Valérie très étonnés de nous voir à contresens. Nous les informons de la situation et chacun poursuit sa route, les uns vers l’océan, les autres vers les hauts sommets. Il nous faudra plusieurs heures pour rejoindre Arica en roulant aussi doucement que possible.

 

 

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Dommage que nous n’ayons pas la tête à en profiter car les paysages sont une nouvelle fois superbes.

 

 

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Retour chez les momies et après ?

 

 

Troisième nuit devant le musée des momies. Au matin nous partons à la recherche d’un garage et d’un hôtel. Le fourgon roule encore, mais pour combien de temps ?

 

Chose incroyable, sur le chemin, nous croisons Pierre et Vivien « nos » deux trikers rencontrés à Punta Arenas en novembre ! Juste le temps de s’embrasser et d’échanger des news sur le bord de la route et nous repartons.

 

Ce que Jérôme veut surtout c’est un garage où il pourra lui-même faire les réparations. Pas facile à trouver car les sud-américains sont ultra fiers et ne supportent généralement pas de se faire donner des conseils (alors qu’ils n’y connaissent rien en mécanique Dangel). C’est comme ça qu’ils nous ont bousillé les moyeux et les cardans lors des précédentes réparations (que nous avons eux aussi changé à Mendoza en octobre).

 

Pour la 4ème fois depuis notre arrivée sur le continent, il nous faut donc remplacer les roulements arrières. Les deux premières fois, les mécanos argentins avaient mis des pièces qui n’étaient pas étanches. La troisième fois, les mécanos chiliens nous avaient prévenus qu’il y avait désormais du jeu dans les moyeux. C’est pour cette raison que j’avais reçu pour mon anniversaire des pièces de rechange venues de France !

 

 

 

La défunte Correa ayant une nouvelle fois mis le paquet, nous tombons sur le seul garage acceptant de louer ses outils et son personnel à Jérôme pour que celui-ci fasse lui-même une partie de la réparation ! En effet, il faudra quand même quelqu’un pour actionner la presse en temps voulu. Laquelle ne fonctionne finalement pas (ce qu’on ne saura que bien plus tard).

 

 

« J.C. », des initiales de sauveur !

 

 

Nous voici donc au « garage ». Il paraît qu’ils savent changer des roulements. Jérôme, alias « J.C. »,  commence à démonter les roues, puis le pont et les cardans. Au passage, il se rend compte que la réparation réalisée à Mendoza a été aussi mal faite que les autres : la tête changée à ce moment là est morte, tout comme les moyeux.

 

Les mécanos qui l’entourent sont de plus en plus perplexes. A leurs têtes nous comprenons qu’ils ne vont pas être capables de remonter les roulements eux-mêmes… Mais comment faire désormais ? On ne peut plus repartir sans avoir fait cette réparation, c’est mécaniquement impossible.

 

 

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C’est dans de tels moments qu’on se rend compte que partir en voyage longue durée sans parler la langue des pays traversés et sans savoir faire de mécanique est un sérieux handicap. Ou, tout au moins, une source d’emmerdements sans fin. Déjà qu’en parlant correctement l’espagnol et en ayant un mécano à bord, c’est souvent la galère … Mais sans ça, ça doit vite devenir l’enfer … Avis aux futurs voyageurs : n’apprenez pas seulement l’espagnol, apprenez les rudiments de la mécanique hihi !

 

« Life after death » or « The never ending story » ?

 

Y a-t-il une vie après la mort des roulements ou sommes nous condamnés à les changer tous les deux mois ?

Comme d’habitude, la grosse incertitude est de savoir si la réparation  tiendra jusqu’à notre retour. Faite par « J.C. » himself, on a quand même bon espoir.

Comme disent nos amis Joelle et Klauss, philosophes voyageurs (en panne eux aussi, mais en Bolivie): « gardons le sourire et ouvrons en grand le compte bancaire ! ». Et n’oublions pas que  « si certaines choses n’ont pas de prix, pour tout le reste il y mastercard …  » :mrgreen:  :mrgreen:

 

Ayant appris aujourd’hui même que la Bolivie était totalement bloquée par de violentes grèves ayant fait plusieurs morts, nous renonçons par la force des choses à nous y rendre dans l’immédiat. En route donc pour le Pérou ! Enfin, on l’espère  :mrgreen:  :mrgreen:

 

 

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6 pensées sur “La malédiction des momies d’Arica

  • 6 février 2016 à 8 h 52 min
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    Ah ah!! Même en étant en France, je me confronte avec le même problème que vous: Voiture en panne que personne veut la réparer car c’est très compliqué… Donc, Val, je suis d’accord avec toi, il faut apprendre la mécanique

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  • 8 février 2016 à 23 h 14 min
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    Alors, dixit Steph, après la mort des roulements…. un jeu qui peut être utile dans un camping car si l’on s’ennuit.. (en attendant que le camion soit réparé par exemple), jouer aux billes… 🙂 bon d’accord, il sort… Le camion 1 point, les crouzet… 0 point… bon ok, moi aussi je sors… mais avant bisoussssss et bon courage

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  • 20 février 2016 à 7 h 29 min
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    Bonjour

    Je viens de terminer la lecture de l’intégralité de votre site. J’ ai évidemment beaucoup apprécié ce récit sur un humoristique. Par contre votre expérience me fait flipper car nous partons en août pour le continent américain avec un camping-car Dangel 4×4
    http://tranquiloubilouauxameriques.over-blog.com/2015/10/le-vehicule.html et je dois dire que 4 jeux de roulements en environ 20000 kms cela fait peur. Je vous ai envoyé sur le formulaire de contact quelques questions. Si vous avez la possibilité de me répondre ce serait très sympa. En vous remerciant par avance et vous souhaitant un bon voyage.

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  • 27 février 2016 à 14 h 40 min
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    Ah la la et pendant ce temps le bon vieux Toy qui suit vos aventures se dit dans son ptit bloc moteur intérieur : « Pourquoi vous ne m’avez pas emmené !! » 😉 Jerome, ça fait plaisir de te voir tout en couleur 😉 Bisous à vous trois, on vous suit et vous supporte !! Haut les coeurs !

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    • 28 février 2016 à 22 h 44 min
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      Mouhaha ! C est vrai qu il nous manque notre toy !!! Mercipour vos encouragements on a bien besoin ces derniers temps ! Gros bisous !

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