Adieu Patagonie argentine !

El Chalten, Fitz Roy, Cueva de los manos

 

Nous avons quitté El Calafate après une petite semaine de villégiature, en direction de la frontière chilienne qui se trouve environ 600 kms plus haut. Derniers jours en Patagonie argentine, donc. Nous la quittons sans regrets : contents d’être venus y faire un tour pendant 2 mois, contents d’en repartir. Si les paysages sont ponctuellement sublimes, cette partie du pays nous a semblé beaucoup moins accueillante que l’Argentine du nord ouest et beaucoup moins dépaysante, la monotonie de la steppe vert de gris et ses clôtures dans lesquelles périssent des centaines de guanaco séchant au bord de la route, finissant par lasser très fortement. Avant de basculer sur la (rude ?) carretera australe chilienne (nous sommes toujours très au sud pour ceux qui nous chercheraient sur une carte), petit aperçu de notre dernière semaine.

 

PS – ici c’est la pleine saison des cerises : 2 fois dans l’année nous sommes gâtés  !!

 

 

Le Fitz Roy démystifié !

 

 

Connaissez-vous l’Aiguille du Midi argentine (sans le téléphérique) ? Elle s’appelle le Fitz Roy ! Des voyageurs du monde entier se déplacent pour voir, approcher, escalader le Cerro Fitz Roy depuis le village del Chalten, fourmilière grouillant de milliers de bipèdes vêtus de goretex et parcourant tels de vaillants petits soldats les sentiers conduisant à la montagne sacrée.

 

 

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Assise derrière mon ordinateur français, lisant les récits des uns et des autres, je m’étais fait une image complètement idéalisée du Fitz Roy, souvent décrit avec des superlatifs et des points d’exclamation. Il y avait même des voyageurs qui, à l’avance, avaient conditionné la réussite de leur périple au fait de pouvoir accéder au pied de cette montagne par beau temps. Sinon, tout était foutu, mort, inutile … Waouh ! Bonjour la pression quand on sait qu’au niveau du 49ème parallèle, le climat est … austral (donc capricieux et c’est un euphémisme) !

 

 

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En quittant El Calafate, notre assurance voiture en poche (ai-je omis de vous raconter que nous nous sommes aperçus par hasard au bout de 5 mois de voyage, que nous roulions avec une assurance pour le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay, alors que nous sommes en Argentine, en Bolivie et au Chili … pfffff …. le tout sans que les policiers de ces derniers pays n’y aient trouvé quoi que ce soit à redire lors de leurs nombreux contrôles….), la météo était formelle : 5 jours de pluie annoncés. Dans ces conditions, à quoi bon faire un détour de 140 kms AR pour aller voir un pic fantôme ? Après hésitation, nous choisissons quand même de faire le pèlerinage, d’autres n’hésitant pas à débourser une fortune depuis le reste de la planète pour s’y rendre.

 

Nous arrivons bel et bien sous les nuages, mais le site est quand même grandiose.

 

 

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Le lendemain, nous ouvrons un œil pensant nous rendormir pour la journée. Mais, surprise, il fait un temps merveilleux. Les nuages ont disparu, tout comme le vent. C’est l’été ! Nous habillons Charles à toute allure et prenons le chemin du Fitz Roy. Il fait 14 kms AR et nous savons que nous n’arriverons pas au bout avec un petit de 5 ans. Qu’importe ! Nous nous laissons dépasser par les dizaines de marcheurs (français et asiatiques) qui s’engagent en même temps que nous et tombons sur une petite lagune relativement désertée par les autres : la laguna capri. L’endroit est splendide.

 

 

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De retour au fourgon nous avons fait 8 kms et sommes encore en pleine forme. De peur de voir filer le beau temps, nous ferons encore deux autres marches dans la journée. En tout 14 kms … M…de ! Charles avait bien les capacités d’aller au pied du Fitz Roy ! Mais du coup, si un petit garçon peut faire cette marche, c’est bien dire que les descriptions faites par les voyageurs dans leurs blogs étaient un peu exagérées ?! N’y aurait-il que des marseillais en voyage ? Méfiez-vous les gars, on risque de vous débusquer car on s’y connaît en exagération !!

 

 

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Voyage, coïncidences et coups de mains

 

 

En l’espace d’une semaine nous nous sommes retrouvés confrontés à 3 coïncidences assez bizarres.

 

La première, à El Calafate quand nous tombons nez à nez avec des voyageurs rencontrés en Islande dont nous parlions la veille. Nous les croisons tout naturellement au coin d’une rue alors que la dernière fois que nous leur avions parlé c’était au Danemark à l’été 2014 et que nous ne connaissions absolument pas leur projet de voyage en Amérique du sud. La conversation reprend telle que nous l’avions laissée, bonne surprise !

 

 

La seconde est encore plus géniale. Nous avons en Provence une excellente ostéopathe qui a plaqué son cabinet pour aller faire un tour de France dans son fourgon aménagé. Nous avions pas mal discuté de nos projets et avons dû êtres parmi ses derniers patients, quelques heures avant nos départs respectifs en juillet 2015. En Argentine, nous avons rencontré Christian et Valérie dans leur gros camion blanc et jaune. Ils sont originaires du Lot et Garonne et attendaient des amis venant leur rendre visite pour 3 semaines depuis les Pyrénées Orientales. Aucune chance que nous puissions les connaître. Nolwenn est ostéo elle aussi. Pendant son absence elle se fait remplacer par sa nièce. Stupéfaction générale de personnes qui ne se connaissaient pas encore la veille : sa nièce  c’est Orianne notre ostéo ! Incroyable … Orianne, si tu nous lis, nous t’attendons avec ton fourgon, RV au Chili !

 

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La dernière est plus triste (enfin, toutes proportions gardées) et ne nous concerne qu’indirectement. Repartant del Chalten, nous sommes contraints d’emprunter la route 40 qui, à un moment, devient une mauvaise piste de plus de 70 kms de long. Nous avons déjà parcouru une quarantaine de kms quand, sur le bord de la « route », deux femmes nous font de grands signes afin de nous arrêter. Nous hésitons, pensant d’abord qu’il s’agit d’auto-stoppeuses. Nous nous arrêtons finalement car faire du stop à cet endroit désertique c’est vraiment risquer de mourir de soif ou d’insolation avant la fin de la journée. En fait, Catherine et Anne-lise qui, en plus d’être suisses ( !), sont en panne. Nous avons croisé leur véhicule quelques kms avant. Personne n’a daigné s’arrêter pour les aider, les téléphones ne passent pas et aucune âme ne vit à moins de 100 kms à la ronde. Le constat est accablant : la boîte de vitesse de leur Defender est cassée et elle ne pourront pas repartir. Que faire ? Nous ne pouvons pas les tracter, leur véhicule étant beaucoup trop gros. Par chance, nous nous souvenons que Christian et Valérie nous suivent avec une bonne heure de retard. Avec leur camion, ils pourront les remorquer sur la dernière centaine de kms qu’il reste à parcourir jusqu’au prochain bled. Christian et Valérie ? A ces mots nos deux suisses bondissent de joie ! Ils ont passé plusieurs semaines ensemble sur le bateau les ayant conduits d’Europe-Afrique en Amérique du sud. Ils ne se sont plus revus depuis Montevideo il y a plusieurs mois. Les retrouvailles sont joyeuses malgré la situation critique. Le remorquage se passe sans souci et nous passons finalement une excellente soirée tous ensemble dans la célèbre ville de Gobernador Gregores (7000 habitants, son supermarché « la Anonima » et sa station service YPF).

 

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De coups de mains en coups de mains

 

 

Ne pouvant plus rien faire pour nos suisses en panne, nous les abandonnons tristement à Gobernador Gregores, espérant qu’elles puissent se faire remorquer dans les meilleurs délais dans la prochaine grande ville ayant une concession Land Rover (a priori Rio Gallegos à plus de 400 kms quand même …). En route pour la Cueva de los Manos !

 

 

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La Cueva de los Manos est un site rupestre de plus de 13 000 ans et non le fruit du travail d’une école maternelle. Les couleurs sont dans un état de conservation qui ferait presque douter de l’authenticité du site (!).

 

 

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au milieu se cache un chinchilla !

au milieu se cache un chinchilla !

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Charles affirme qu’il peut faire aussi bien. A vous de juger ! En plus des traces de mains, il s’est en plus lancé dans la rédaction d’un véritable roman qui compte aujourd’hui de nombreuses pages ! Il est très rigolo car il a compris il y a quelques jours que les lettres pouvaient être assemblées pour faire des mots, puis des phrases. Tout en phonétique et de façon totalement autodidacte il s’est mis à déchiffrer des mots puis à écrire, écrire, écrire … à partir des sons qu’il (re)connaît. C’est chouette de voir un petit s’éveiller soudainement à la lecture et l’écriture !

 

 

 

Pour autant, il n’en reste pas moins un petit bonhomme adorant se salir dans les terres ocres que nous croisons à la sortie de la Cueva de los Manos ! Super ! On a pas de machine à laver ! Mais à quoi pensent les enfants ?!!!  :mrgreen:

 

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3 pensées sur “Adieu Patagonie argentine !

  • 20 décembre 2015 à 15 h 51 min
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    Bonjour ,

    Nous avons, enfin, pris un peu de temps pour regarder votre parcours et découvrir les merveilleuses photos de votre voyage.
    Camille découvre elle aussi l’écriture et grandit bien pour cette dernière année de maternelle.
    Le bébé a bien grandis : on a soufflé sa première bougie. Elle ne marche pas encore mais galope bien vite!!!!
    Nous remontons à saint Étienne pour fêter noël en famille
    Toute la famille vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année. Un joyeux noël du bout du monde…..un bon 31 et surtout une excellente année 2016 Camille et Anne Sophie Oriol

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    • 20 décembre 2015 à 23 h 54 min
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      Bonjour !

      Merci de votre message ! Nous parlions justement de Camille ce matin même, Charles se demandant si elle se souvenait de lui. Il est maintenant rassuré et ravi ! Nous vous souhaitons aussi d’excellentes fêtes stéphanoises (pour la première fois de ma vie, je ne serai pas là-bas hihi). Grosses bises et bonnes vacances

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