Cartes postales des Magallanes

Puerto Natales, Torres del Paine

 

 

J’étais partie pour poser définitivement mes valises à Punta Arenas quand Jérôme et Charles m’ont gentiment bousculée. Assise face au détroit de Magellan, j’aurais pu passer le reste de ma vie à regarder passer les bateaux, la folie du reste du monde bien calée derrière mon dos… Néanmoins, après 5 jours de séjour, le premier – en incorrigible gourmand – continuait à se voir vivre à Sucre dans un improbable avenir. Tant qu’au second, en voyageur chevronné, il n’en démord pas : le plus bel endroit du monde, c’est Bandol-83150-France (de préférence dans une villa située au sommet d’une colline avec vue imprenable sur la baie – Brigitte, t’as tout bon ! Ne bouge surtout pas !!). A moins que Charles ne préfère la Suisse car – truc de fou- il parle désormais avec un fort accent de là-bas (les copains suisses, si vos enfants s’expriment maintenant avec des intonations marseillaises, il faut absolument que nous nous revoyons pour faire un échange d’accents !).

 

Direction Puerto Natales puis le parc Torres del Paine.

 

 

51° 43’ 39’’ : Puerto Natales, de l’Atlantique au Pacifique

 

 

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 200 kms plus haut que Punta Arenas, nous arrivons à Puerto Natales qui, déjà, tourne le dos à l’Atlantique pour regarder plein ouest vers le Pacifique, lové au fond d’un fjord. C’est pas mal ici aussi, ça nous plaît bien !

 

 

C’est le soir choisi par Charles pour déclencher une super méga fièvre. Un suppo-et-au lit plus tard, je pars faire un tour sur le port, à la recherche d’une pharmacie pour le lendemain. Il est 21h30, il fait encore jour puisque dans le grand sud, à cette époque il y a plus ou moins une vingtaine d’heures de lumière par jour (oui, je sais, c’est moche de vous dire ça alors que c’est presque l’inverse en Europe). C’est à ce moment là que je me heurte à … une minuscule mais bruyante manifestation de chiliens furieux contre la politique de santé du maire … Hummm … étrange … Ce ne sont pas les français qui iraient défendre leurs droits à l’heure de leur série préférée à la télé. Mais ici, ça se fait. Une chose est sure, c’est pas gagné pour faire soigner le petit ici !

El pueblo, unido, jamas sera vencido !

El pueblo, unido, jamas sera vencido !

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On s’endort sur le port, réveillés de temps en temps par les voitures de d’jeunes qui viennent rigoler non loin. On aimerait profiter de l’ambiance, mais décidément les boum-boum c’est pas notre truc. Charles qui dort comme une souche n’entend rien. Il se lève le matin en pleine forme. Ouf. Pas besoin de tester le système de santé local !

 

Cygnes à col noir

Cygnes à col noir

 

 

Des rencontres sympathiques

 

 

En arrivant à Puerto Natales, nous croisons sur la route des cyclistes avec qui nous avions séjourné à Punta Arenas. Enfin, je ne sais pas comment dire car ils ne font pas du vélo, mais du trike. Vous ne savez pas ce qu’est le trike ? Nous, nous le savons pour avoir eu la chance de vivre à côté du célèbre fondateur du Drift Trike de Mallemort (Steph’ on te salue au passage !) : c’est un tricycle. Vivien et Pierre sont partis sur une plus longue distance que Charleval-Lambesc, mais c’est le même principe. Comme tous les cyclistes, ils profitent pleinement des routes interminables, du vent et des petites cabanes aménagées en bord de route. Voici le lien vers leur blog : http://betterbytrike.com.

 

 

Le surlendemain, autre rencontre insolite (n’en concluez pas que je place Pierre et Vivien sur le même plan, notre nouvel ami ne faisant pas de vélo à 3 roues, ni à 2 d’ailleurs) : celle d’un milodon. Encore perdus ? Alors je vous explique : le milodon est un paresseux préhistorique (je parle d’une bestiole, of course), laineux et mesurant plus de 4 mètres de haut. Voici son immense grotte et sa statue.

 

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L’animal n’avait pas mauvais goût : beaucoup de place dans sa tanière et vue superbe sur les alentours. On sait vivre dans cette région !

 

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Le pays où les arbres indiquent la direction du vent !

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C’est bien ce que se disent aussi tous les autres animaux qui logent dans les environs : des guanacos aux pumas, des condors aux oies sauvages : on est bien ici !

 

 

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Le parc Torres del Paine élu plus bel endroit du monde … par nous

 

 

Enfin, pas par Charles, puisqu’il préfère Bandol. Nous arrivons à Torres del Paine en sachant que c’est un endroit génial. Nous ne sommes pas déçus : par beau comme par mauvais temps, avec ou sans vent, c’est exceptionnel de beauté. En revanche les kms de pistes qui y conduisent sont très pénibles, que ce soit en provenance du Chili ou de l’Argentine : ripio ondulado, un peu de goudron, ripio defonsado … Lourd …

 

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Le second jour nous donne l’occasion d’y tester le vent. On raconte (c’est l’histoire d’un gars qui connaît un gars qui connaît un gars à qui on a raconté…) que celui-ci serait parvenu à retourner un bus comme une crêpe. On ne saura jamais si c’est la vérité, mais je peux vous dire qu’il est susceptible de souffler ici comme une véritable furie et que l’histoire paraît crédible. Nous en avons fait l’expérience. Nous nous couchons avec une brise et sommes réveillés par des rafales énormes qui bousculent le fourgon dans tous les sens. Le frein à main grince et craque. A l’intérieur j’ai presque le mal de mer. Autant dire qu’il est inutile de vouloir dormir. Au matin, les bourrasques augmentent encore en intensité. La météo annonce 90 kms/h de moyenne, mais les rafales sont au moins à 130 ou 140 (et dans le sud de la France, si on aime bien exagérer, on s’y connaît en mistral). Laissant Charles dans le fourgon, nous descendons sur la plage voisine. Le vent est si violent et souffle si bas qu’il manque de nous faucher à chaque instant. J’emploi le terme volontairement car on dirait une boule de bowling lancée à toute vitesse sur des quilles : pour éviter le strike à nos dépens, nous nous agenouillons quand il le faut. On finirait par trouver ça amusant !

 

A part Charles qui, nous ayant rejoint, trouve le jeu consternant.

 

 

L’endroit est néanmoins splendide avec ses icebergs échappés du glacier voisin. Toutes ressemblances avec l’Islande seraient une nouvelle fois purement fortuites.

 

 

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Le lendemain, le ciel nous offre un moment de grâce météorologique : soleil et absence de vent … Le rêve pour faire quelques marches et profiter du paysage.

 

 

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Déclinaison de Torres del paine … On ne s’en lasse pas !

 

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De lacs en cascades …

 

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De genêts en orchidées sauvages …

 

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Des condors tournoient au-dessus de nos têtes, tandis que des lièvres courent à nos pieds (c’est là qu’on se rend compte qu’il est beaucoup plus facile de photographier un coquillage) . Un guanaco sentinelle monte la garde pour le troupeau, son rôle étant de prévenir ses congénères de toute approche de puma gourmand.

 

En bas à droite, le guanaco sentinelle

En bas à droite, le guanaco sentinelle

 

Même sous les nuages l’endroit reste exceptionnel. Le paradis aurait-il une annexe au sud du Chili ? C’est probable, mais ceux qui ne voyagent pas en camping car trouvent la note très très salée. Ici, tout se paie au prix très fort. On nous a parlé de 115 dollars US par personne pour une nuit en dortoir dans un refuge, nourriture non comprise. Ce qui ne décourage nullement les centaines de personnes qui déambulent dans le parc. Quelle affluence il doit y avoir en saison ! Le visiter fin novembre était un choix pertinent.

6 pensées sur “Cartes postales des Magallanes

  • 29 novembre 2015 à 14 h 24 min
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    Encore une fois tu nous gâtes avec des photos magnifiques!! Froid ou pas, on dirait qu’il s’agit plutôt des peintures et non pas des vrais endroits… Tout simplement Magnifique. Contente que Charles va bien. Bisous

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  • 1 décembre 2015 à 17 h 02 min
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    Désolée de vous avoir raté sur Skype dimanche… Encore des paysages magnifiques, pour le vent, on vous envie pas par contre…Bisous a vous trois.

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  • 5 décembre 2015 à 9 h 10 min
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    Un petit coucou du sud pour partager avec vous votre ressenti lorsque vous avez fait la rencontre du majestueux condor! Il ne bat jamais des ailes il se laisse porter par le vent! Au Pérou pour les observer par dizaines de très près (à environ 3 m : on se rend compte qu’ils mesurent jusqu’à 1m3 de haut pour une envergure de plus de 3,2m) allez au canyon de Colca très touristique le seul hic… (Vous l’avez très certainement programmé) Pour éviter la foule il ne faut pas se limiter au point de vue mais faire une longue rando dans le canyon ( on a fait fini sous l’orage ! Et après gd soleil ! Climat instable)… Et si vous avez apprécié les guanacos vous apprécierez (ou avez déjà apprécié en Bolivie) les vigognes au Pérou dont la laine se vend à prix d’or … Préférez lui le baby alpaga ou alpaca pour les locaux :()
    D’ici là, et c’est de circonstance … Bon vent !

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    • 9 décembre 2015 à 17 h 45 min
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      Salut Delphine ! Merci pour tous ces conseils ! Je me disais que si tu avais le temps d’ici le mois de mars tu pourrais peut-être nous faire un petit topo de tout ce qui vous avait intéressé au Pérou ? Bises en espérant que tout aille bien à Aix !

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      • 14 décembre 2015 à 8 h 40 min
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        Coucou

        Oui avec plaisir je vous fais un petit topo :)) me replonger dans de si jolis souvenirs sans pb! Bon je pense que votre carnet de route péruvien sera plus dense et riche mais je peux peut-être vous apporter une petite découverte originale 🙂
        Bise

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  • 2 janvier 2016 à 7 h 01 min
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    Coucou, tout d’abord merci pour le petit clin d’oeil pour le drift trike mallemort qui malheureusement est en declin definit et n’existera plus quand vous reviendrez… concernant la ville la plus belle pour Jérôme. .. ne serait ce pas plutot Pelissanne…. d’apres mes souvenirs… jerome avait un net penchant pour cette ville … lol. Par contre, cet endroit est magnifique, merci pour ce moment magique bonne continuiation les loulous bisous a vous 3

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