Lost in translation : Valérie fait les courses en Argentine !

Ceux qui me connaissent un peu savent que je déteste faire les courses et à manger. Je suis capable d’entrer dans un hypermarché vaste comme un stade de foot et de ne ressortir qu’avec une boîte de thon et une tablette de chocolat au lait aux noisettes. Même si je me suis un peu améliorée ces dernières années, il faut bien le reconnaître !

 

Mon défi ? Faire des courses alimentaires en Argentine ! Parce que si l’Argentine n’est pas la Bolivie – il existe parfois ici des supermarchés de type européen autour des très grandes villes, comme à Mendoza où Carrefour est très présent –  elle n’en présente pas moins certaines spécificités déroutantes. En tout cas pour moi !

 

Je ne sais pas quelle idée nous a pris l’autre jour de vouloir aller acheter du gel douche dans une boutique s’intitulant pompeusement supermarché (en fait une grosse épicerie de type « petit casino ») ! Il était 17 heures, heure à laquelle il paraît raisonnable qu’un commerce soit ouvert. Pas de chance pour nous, dans la ville en question les magasins étaient ouverts de 8H à 13H et de 18H30 à 23H ! Grrrr … Une heure et demie plus tard, le rideau de fer se soulève enfin. Je fonce au rayon cosmétique dans lequel je me heurte à un mur de shampoings en tous genres (pour les faire pousser, pour les faire tomber, pour les faire friser, pour les défriser, pour les teindre, les reteindre, les déteindre…) qui débouche sans transition sur un mur de savonnettes. Le gel douche s’il vous plaît madame l’épicière ? Vous n’en avez pas ? Il faut aller à la pharmacie ?! Ahh ok ! Pour ne pas ressortir bredouille, j’achète quand même un pot de dulce de leche (confiture de lait très onctueuse que les argentins ajoutent partout et qu’on trouve en France sous la marque Bonne Maman), le délicieux équivalent national du nutella (peu connu ici).

 

 

Coup de bol, la pharmacie « Sainte Rita » – de nombreuses officines s’appellent ainsi en Argentine, ce qui est très rassurant – se trouve juste en face. En plus elle a l’air grande. Mêmes horaires que pour l’épicerie, pour une fois je suis dans le bon créneau. Je rentre et me retrouve nez à nez avec de magnifiques sacs en cuir et de petites valises. Je les contourne, un peu surprise. Le mur de gauche est entièrement recouvert de jouets pour enfants, des Barbie, des Playmobil, des Lego … Humm … étrange … Au milieu, un présentoir propose en vrac des cartouches d’encre pour imprimantes, des crayons de couleurs, des carnets et des cahiers, des cartes mémoires pour appareils photos et … des smartphones (je n’invente rien) ! Toujours pas de gel douche. Ah si ! Les voilà ! Le mur de droite présente des articles de parfumerie bas de gamme, des savonnettes, des couches pampers  et du savon liquide. Victoire ! J’en prends un et me dirige vers la caisse pour payer. Comme dans les stations services, je trouve à cet endroit des chewing-gum, des bonbons et des kinder surprise. J’en achète un pour Charles, il sera content. Mais au fait, où sont les médicaments ? J’en vois un certain nombre en vente libre à côté des kinder. Les autres sont bien cachés … enfin s’il y en a … Je renonce à m’en assurer auprès de la pharmacienne de peur de la vexer.

 

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LA VITRINE DE LA PHARMACIE

 

Je fonce ensuite à la boulangerie, acheter du pain (vous auriez deviné). Je ne peux pas me tromper, il est écrit en gros sur la devanture : « panaderia ». Je rentre –  là encore, je n’invente rien – et me trouve nez à nez avec un monceau de cuisses de poulet crues. Je ressors immédiatement, pensant m’être trompée. Vérification faite, il est bien écrit boulangerie sur la devanture. Je me dirige donc vers la « boulangère » qui est entrain de découper ses poulets sans complaisance à leur égard et demande un peu timidement s’il reste du pain. Elle me tend une baguette qui ressemble à un jouet en celluloïd. Vue l’amabilité de la dame, je ne moufte pas et repars avec mon pain et deux bouteilles de bière (valeur refuge dans ces contrées où le goût du vin n’est pas toujours à notre goût), craignant de subir le même sort que les volailles.

 

Je me rends ensuite à la boucherie.

La boucherie

La boucherie

 

Pas de chance pour nous, il est tard et le boucher n’a plus que des « milanaises » (viande panée) et ça fait 4 fois qu’on en mange cette semaine car c’est un peu le plat de base argentin… ! Du jambon, peut-être ? Non ? A l’épicerie/supermercado ? Ok ! J’y retourne ! En attendant, le rayon fruits et légumes de la boucherie étant superbe, j’en profite pour acheter des  avocats, des tomates et des bananes ( !) pour 17 pesos. Je lui tends un billet de 20. Comme les pièces sont rares dans ce pays, il n’est pas en mesure de me rendre la monnaie. En dédommagement, il m’offre donc une mandarine et un bonbon, pratique courante.

 

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La monnaie d’échange

 

 

Au supermercado, l’épicière un peu surprise de me voir revenir me propose son meilleur jambon. Un bloc rectangulaire rose pas très naturel, mais qui a l’air très pratique à ranger dans son frigo parmi les autres blocs rectangulaires de salami et d’autres charcuteries. J’en prends 6 tranches (il est vrai que nous ne sommes que 3, mais je suis une mère de famille prévoyante !). En sortant, prise de regrets, je repasse à la boulangerie acheter des cuisses de poulet. On les aura pour le lendemain !

 

Pendant ce temps, Jérôme s’est mis à la recherche d’empanadas. Vous savez, les délicieux petits chaussons à la viande, au poulet ou au fromage que l’on trouve partout. Après avoir fait le tour des endroits où il pensait raisonnablement pouvoir en trouver, il revient les mains vides. Pas de souci, je pars me renseigner. Une dame, très aimable, m’indique que la gomeria Mendez, spécialisée dans les pneus Good Year, vend les meilleures empanadas du coin. Effectivement, Mme Mendez qui fait aussi la compta de son mari, en vend pour arrondir les fins de mois de la famille !

les empanadas

les empanadas

 

De retour dans le fourgon, nous mettons en commun notre maigre butin : empanadas, pain en celluloïd, tomates, avocats, bananes. Je brandis fièrement mon jambon ! Jérôme ouvre le paquet, découvrant que les tranches sont à ce point fines qu’on voit le jour à travers. On dirait des feuilles de cigarette ! A défaut de les manger, je propose donc de les rouler. N’étant pas fumeurs, nous n’avons pas de tabac. Du maté devrait pouvoir faire l’affaire. Il est 22h47. Charles s’est endormi sur le coin de la table, une empanadas dans le bec … Tiens ! Si on roulait plutôt les tranches de jambon avec du dulce de leche ?!

 

Misère ! J’ai oublié d’acheter du sel ! Tant pis ! J’en ai vu au cyber ! On y passera après manger car les autres boutiques risquent d’être fermées après 23 heures. Tiens ! La musique démarre un peu partout dans les rues ! Les argentins ont du rentrer du boulot et commencent leur soirée à l’heure où nous allons nous coucher. Autre pays, autres mœurs …

 

Vous pensez que j’exagère ? Un peu, c’est vrai … cette aventure alimentaire ne s’étant pas déroulée sur une journée, mais sur deux. Autrement tout ce que j’ai mentionné avoir trouvé dans les boutiques est rigoureusement vrai ! Pour vous en convaincre, venez donc faire un petit tour en Argentine du nord ouest ! Votre défi ? Trouver un poulet rôti. Un indice ? Il n’est pas à la boucherie !!

 

 

P.S. –  aux pharmaciens de la famille : la pharmacie que j’ai visité n’est pas une curiosité locale. Ici les officines de villages s’appellent généralement « farmacia, perfumeria, regaleria », soit « pharmacie, parfumerie, magasin de cadeaux ». On y trouve absolument de tout et peut-être même des médicaments ! Incroyable aux yeux de français. Une voyageuse m’a même dit qu’on lui avait donné un paquet de pâtes en cadeau un jour où elle avait acheté pas mal de médicaments !

4 pensées sur “Lost in translation : Valérie fait les courses en Argentine !

  • 12 octobre 2015 à 19 h 58 min
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    Finalement vous vous êtes bien débrouillés avec vos courses hi hi.. C’est un vrai défi! Maintenant il me reste que de vous souhaiter un très bon appétit. :p

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  • 12 octobre 2015 à 20 h 27 min
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    Hello la famille, bon j’ai bien rigolé en lisant le résumé des courses, c’est bien mieux le drive non 🙂

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    • 12 octobre 2015 à 23 h 13 min
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      si tu savais comme on le regrette le drive … hihi

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  • 27 octobre 2015 à 5 h 44 min
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    Ah l’aventure. … que du bonheur rien de tel pour casser la routine hi hi hi

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