La Patagonie en bleu, blanc, vert

Barrancas, Chos Malal, Las Lajas, Aluminé, San Martin de los Andes

 

Le panneau « Patagonie » que l’on croise à l’entrée de Barrancas ne marque pas seulement une frontière avec la province de Mendoza, mais constitue aussi une véritable frontière météo. On nous avait dit : « tu verras, en Patagonie il y a du vent ! ».  Nous sommes en mesure de confirmer qu’il décoiffe ! Ou plutôt qu’il recoiffe, la première bourrasque soulevant les mèches, la seconde les fixant droit sur la tête grâce à la poussière ! Comme dans les films, la brise qui soufflait gentiment se transforme en méchantes bourrasques, à peine le panneau « Patagonie » dépassé ! Incroyable ! On pensait tout connaître du vent grâce au mistral, on en découvre un autre, tout aussi froid mais beaucoup plus brusque et intimidant !

C’est donc sous le vent que notre semaine a débuté, balayés par les rafales qui déstabilisent le fourgon sur la route et le remplissent (encore et encore) de poussière… Agaçant … On a beau le nettoyer, le combat est perdu d’avance. Impossible de le tenir propre, impossible de nous tenir propres ! Nous avons désormais un super look de roots, vêtements douteux et cheveux cartonnés par la poussière… Il me manque un sarouel et des dreadlocks pour Jérôme mais sinon, on est crédible !! Pour Charles, c’est le look ordinaire depuis 3 mois et demi, donc aucun souci pour lui  :mrgreen:  :mrgreen:

 

 

Les argentins, les clôtures et nous …

 

A Chos Malal, gentille petite bourgade endormie au bord d’une rivière, le printemps est revenu. Les tamaris sont en fleurs et les Renault 12 de sortie. Nous y passons une journée, profitant un moment du concert  mélodieux des boums-boums des enceintes calées dans les coffres. On ne s’en lasse pas ! Il y a même de la moquette autour des volants. Ici, on danse encore le mia !

 

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Il nous faut pourtant avancer pour arriver un jour prochain à Bariloche. Or, l’un des trucs les plus surprenants de l’Argentine, ce sont les routes. Déjà parce qu’à part sur les grands axes, leur état n’a parfois rien à envier aux pistes boliviennes, mais surtout car les distances à parcourir sont gigantesques. Sorties des montagnes, elles traversent des centaines de kilomètres de steppe, tout droit, sans le moindre virage, sans croiser de villes ou de villages. Rien à voir ou presque (sauf à se passionner pour la botanique des steppes, mais il faut vraiment être très très passionné !!)…  Rien à faire d’autre que d’avancer…  Aucun endroit pour stationner un moment et se reposer…

Mais le plus étonnant n’est pas là. A nos yeux, ce sont les milliers de kilomètres de clôtures qui bordent les routes … Est-ce pour parquer le bétail ? Peut-être … Mais il n’y a pas de grands troupeaux dans ce coin. Est-ce pour marquer qu’il s’agit d’une steppe « privée » ?  Peut-être … Mais que pourrait-on bien piquer ici à part des bouses de vaches ? Etrange … Le plus malin de tous étant quand même le gars qui a réussi à vendre tous ces poteaux et tout ce fil de fer  :mrgreen: :mrgreen:

 

C’est donc conduits à bon port par les barbelés que nous arrivons à Las Lajas, un peu las et ennuyés par la monotonie des décors désertiques. Plutôt que de prolonger notre ennui, nous choisissons de quitter la route 40 pour emprunter les routes 242 et 23 qui conduisent au lac d’Aluminé et au loin à San Martin de los Andes.

 

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Bonne pioche ! Il fait un temps superbe et les décors traversés nous changent agréablement des décors minéraux de ces derniers mois. Au col, il y a encore pas mal de neige pour le plus grand bonheur de Charles. La piste, en revanche, est « bolivienne » (selon l’expression consacrée par Valérie B. rédactrice de ce blog) et il nous faut pas mal de temps pour atteindre le lac.

 

 

Nous y passons une super journée, à nous balader au bord d’une eau totalement cristalline. C’est cliché, mais c’est beau !! Jugez-en par vous-même :

 

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Le parc naturel de Lanin, les clôtures et nous …  

 

Le lendemain, nous reprenons la route pour gagner le parc naturel de Lanin, au bord du lac Huechulafquen. A l’office du tourisme du lac d’Aluminé, la dame était formelle : il ne fallait que deux bonnes heures pour relier les deux endroits. Il nous en faudra 6 … sans compter les arrêts … Le premier à nous dire que nous allons trop vite prend une poignée de « ripio ondulado » (c’est le plus mauvais gnarf gnarf) dans la figure !!

 

 

L’entrée du parc est, bien entendu, payante. Rien de choquant à cela, si ce n’est qu’encore une fois le touriste « hors MERCOSUR » paye plus cher que l’argentin. Les boliviens ont inventé le carburant à prix touriste, les argentins, ont transposé le concept aux sites naturels et culturels ! Bienvenue en Amérique du sud ! Pour vous remercier d’avoir fait ce long trajet jusqu’à nous, vous allez payer le double du prix :mrgreen: !

Nous nous acquittons donc de notre dû, certains de pouvoir profiter d’un lieu exceptionnel et surtout, de pouvoir nous y promener à pied. C’est malheureusement un peu raté …

 

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Le parc s’organise en fait autour d’une route en ripio longue de 32 kilomètres qui, côté montagne, est bordée de fermes et de clôtures et, côté lac, est bordée de campings et … de clôtures 👿 . Aucune possibilité de s’arrêter en chemin, si ce n’est dans les campings payants, ni  de se promener comme on le souhaiterait : librement !!  Il y a bien quelques sentiers aménagés et peut-être deux ou trois accès libres au bord du lac, mais c’est à notre goût très insuffisant dans un « parc naturel ». C’est un peu comme si tu payais ta place au ciné pour voir un film et qu’on ne te montre que les bandes annonces 🙁 …

 

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En revanche, le paysage est fantastique. Nous avons l’impression d’être en haute montagne alors qu’au niveau du lac nous sommes seulement à 900 mètres d’altitude. Quel contraste avec la Bolivie  où, à 4500 mètres, nous nous pensions au niveau de la mer ou presque !!

 

 

Autre point positif, nous sommes quasiment seuls, à part un couple de grands voyageurs français que nous rencontrons par hasard et avec qui nous passons une très bonne soirée à parler de voyages (c’est original, je sais !)

 

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Conclusion : le site est magnifique et vaut la peine de s’y arrêter. Néanmoins, il vaut mieux en profiter hors saison et avec l’idée qu’on ne pourra pas en profiter aussi librement qu’on pourrait le souhaiter en raison … des clôtures ! Je déteste les barrières, c’est grave docteur ???

 

 

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3 pensées sur “La Patagonie en bleu, blanc, vert

  • 25 octobre 2015 à 13 h 17 min
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    Avez-vous entendu parlé du glacier Périto Moreno Patagonia Argentina?

    il est impressionnant.
    Bonne continuation dans de beaux paysages. Gros Bisous à tous les trois

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  • 30 octobre 2015 à 21 h 24 min
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    Merci « Valérie B., rédactrice du blog » pour ce bel article ! Gros bisous à tous les 3 😉

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  • 13 novembre 2015 à 4 h 56 min
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    Saludos desde El Chaltén…! Espero que su recorrido por el Sur siga en la buenaventura! Eternamente agradecido por viajar con ustedes en ese inesperado tramo de « ripio ondulado » en la Ruta 40. Merci…!

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