Sur le chemin de la rédemption : Sucre-Cochabamba

Totora, Punata, Arani et Tarata

 

La Bolivie nous plaisant énormément, nous avons décidé de poursuivre notre chemin vers le nord afin d’aller visiter Cochabamba, ville de 2 millions d’habitants un peu en dehors des circuits touristiques, réputée pour 3 choses : la douceur de son climat, la qualité de sa gastronomie et son Christ de la Concorde de plus de 40 mètres de haut. N’ayant pas vu celui de Rio, on irait au moins s’agenouiller devant son frère jumeau pour obtenir la remise de tous nos péchés. Néanmoins, nous aurions dû nous douter que remettre les compteurs à zéro de ce point de vue ne pouvait se faire en claquant des doigts,  seul un chemin de croix pouvant conduire à la rédemption.

 

 

Poussière tu étais, pavée tu redeviendras …

 

A défaut de chemin de croix, nous (re)quittons Sucre avec difficultés puisque une partie de la population très fâchée contre le gouvernement, en bloque les accès. Sucre la délicieuse, la propre et la moderne, perd un peu de son aura à nos yeux quand elle nous contraint à la quitter par des pistes dignes du sud Lipez à deux pas de son centre ville. Nous rejoignons enfin une belle route en goudron qui nous conduit jusqu’à Aiquille où nous passerons la nuit garés devant l’hôpital. Le plus dur est à venir, même si nous ne le savons pas encore.

 

Il faut avoir essayé de circuler par ses propres moyens en Bolivie pour savoir (et apprendre à ses dépends) que : 1) il n’existe quasiment pas de panneaux indicateurs  2) une piste peut en cacher une autre. A la sortie d’Aiquille, si aucun panneau n’indique Cochabamba (of course), on signale en revanche plusieurs fois à l’automobiliste que « Cristo es el camino » (« Le Christ est le chemin »). OK. Très utile, sauf que ce matin là, si nous cherchons bien le chemin qui mène au Christ, c’est au sens propre, pas au figuré.

 

A l’intersection entre les deux « routes » possibles, faute d’indications plus concrètes, il ne nous reste donc plus qu’à nous en remettre à notre Seigneur pour qu’il soit notre berger et nous conduise dans la bonne direction. C’est 30 kms plus tard (1H30 de trajet tout de même), sur une piste en travaux, parcourue par d’innombrables énormes camions impossibles à doubler et nous ensevelissant sous la poussière, que nous nous rendons compte que le diable a usurpé l’habit du Christ pour nous conduire dans une direction erronée. M****** !! Obligés de rebrousser chemin dans les mêmes conditions : 3 heures de perdues, 100% de stress de gagné et 2 kgs de poussière collante à l’intérieur du véhicule. Même les biscuits sont poussiéreux… La journée commence bien.

 

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La cordillère centrale et ses routes dignes de l’Altiplano

 

Retour à la case départ. Par défaut, nous nous engageons sur la seconde branche de l’alternative. C’est une route pavée. Nous pensons que les pavés vont faire place à du ripio ou du goudron. Pas du tout ! La route de montagne est entièrement pavée sur 70 kms !! C’est aussi confortable qu’une piste empierrée, sauf que là les pierres ont été rangées par la main de l’homme et non par dame nature. J’hallucine ! La dernière fois que j’avais emprunté une route pavée c’était en 1981, dans la Renault 6 orange de mon grand-père pour aller de Firminy à Saint Just Malmont (révisez votre géographie). Et déjà à l’époque on la nommait « l’ancienne route » car une autre route goudronnée avait été construite en parallèle ! Retour en Bolivie : la seule voie qui relie Sucre (capitale constitutionnelle) à Cochabamaba (2 ou 3ème ville du pays) est une route pavée ! Nous mettrons longtemps à la parcourir … ZZzzz….

 

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Les villages coloniaux

 

Le « Petit fûté Bolivie » fait toute une histoire d’un certain nombre de villages à l’architecture coloniale, immanquables, tellement merrrveilleux. Nous nous arrêtons donc dans chacun d’entre eux : Totora, Punata, Arani et Tarata. Bilan : il est vrai que tous  (à part Punata qui est une ville très moche) offrent aux visiteurs une très belle place principale. Et c’est tout ! Il existe un contraste saisissant entre le cœur des villages qui ressemblent tous à des décors de théâtre et le reste, totalement  décati. A être venus jusque-là, nous faisons comme les boliviens : assis sur un banc nous profitons de la végétation ! Il faut dire que nous en avons manqué sur l’Altiplano.

 

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Totora

 

 

 

Cochabamba la fleurie

 

Bivouaquer dans le centre ville de Cochabamba étant impensable, nous nous lançons à la recherche du seul camping de la ville. Il est à l’opposé de l’endroit où nous nous trouvons. Et là, ce que nous redoutions s’impose à nous : il va falloir traverser une ville de 2 millions d’habitants bouleversée par des travaux d’envergure, à l’heure de pointe du soir. Comme à Potosi, il n’existe bien sûr aucune règle de circulation… L’horreur !

 

 

Nous mettons une bonne heure et demie pour faire 3 ou 4 kms, nous faufilant comme nous le pouvons entre les piétons, les taxis et les colectivos. C’est simple : quand il existe officiellement 2 voies, on circule sur 4 ; quand il en existe 3, on circule sur 6 + le trottoir, etc, etc … Tous pensent piloter une F1 alors qu’ils se limitent en fait à conduire comme des fous, accélérant soudainement, fonçant sur les autres véhicules pour les faire déguerpir, freinant à la dernière seconde … le tout dans un concert de klaxons épouvantable. Mais comment font-ils pour ne pas avoir d’accidents ? Nous le découvrirons le lendemain en empruntant à notre tour les transports en commun. Regardez bien le petit autocollant collé au plafond d’un colectivo (on était 22 dedans !!) : tout est là !!

 

 

Une chose est sure, ce soir-là, nous sommes sur le point de nous décourager (de nous mettre à insulter tout le monde, en d’autres termes) quand j’aperçois la statue du Christ sur la colline d’en face. « Nous sommes sauvés ! Je vois le Christ !! ». Sauf que le Christ a d’autres moyens que les nôtres et n’habite pas du tout au camping. A défaut d’intervention divine, il nous faudra nous en remettre au GPS. C’est lui qui finira par nous conduire au seul camping de Cochabamba, à la nuit tombante. Récompense : nous nous endormons dans une magnifique forêt d’eucalyptus, la ville à nos pieds. Petit regret : le Christ n’est plus que notre lointain voisin. Mais l’Eglise ne dit-elle pas que Celui-ci est comme le sucre dans le lait chaud, partout à la fois (à moins que ce ne soit Coluche, je ne sais plus très bien) ?!

 

 

Cochabamba vue depuis le camping

Cochabamba vue depuis le camping

 

Nous passerons finalement 3 jours formidables à Cochabamba ville tropicale, grouillante de vie et de marchés, aux parcs soignés regorgeant de fleurs et de végétation. Ici les hibiscus sont des arbres et les ficus poussent aussi hauts que des sapins ! Difficile d’en repartir alors que nous logeons dans un parc écotouristique de 46 hectares qui, à lui tout seul, mérite le détour ! Allez, nous allons être grands seigneurs à notre tour. Pour les voyageurs qui seraient intéressés, le parc est situé au sommet de Quillacolo (17 kms du centre ville de Cochabamba en direction de La Paz). Il s’appelle le parc écotouristique de Pairumani. Voici les coordonnées GPS : 17.344991 – 66.3311756

 

 

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Place centrale

 

 

Et des marchés partout !!

 

4 pensées sur “Sur le chemin de la rédemption : Sucre-Cochabamba

  • 13 septembre 2015 à 1 h 55 min
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    Bon! on en déduit que vous êtes prêts pour circuler dans La Paz… bouchons, déviations, manque de panneaux…tout y est

    bon courage
    Christian et Armelle

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  • 13 septembre 2015 à 8 h 24 min
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    enfin un endroit sympa ,les hibiscus quel joli mot dans ton recit
    n en bouger pas
    à mon avis votre voyage a été sponsorisé par VEOLIA OU SUEZ ENVIRONNEMENT
    avec rapport à la clef et contrat à venir grâce à votre expertise de l état de l AM SUD

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  • 13 septembre 2015 à 8 h 52 min
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    Rha cette route empierrée, on s’en souvient encore! C’est grâce à elle qu’en France, on s’extasie devant un simple chemin vicinal bitumé. Profitez de votre séjour en Bolivie…

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  • 23 septembre 2015 à 13 h 01 min
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    Effectivement, cela donne envie de s’incruster dans ce beau village… peut être allez vous vraiment trouver le paradis et je ne jamais revenir… bon vous n’êtes qu’au début de vos périples :-). En attendant, j’ai bien rêvé mais la réalité me rattrape…. et le temps aussi, c’est l’heure pour aller bosser… bisous les amis à bientôt sur les ondes de votre blog

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