Le Salar d’Uyuni pour le pire et pour le meilleur !

Uyuni

 

Ce matin là, tout commençait bien ! Une bonne nuit de repos à San Augustin et cap sur le Salar !

 

La lagune rose

 

Quelques kilomètres après le village, les falaises deviennent subitement roses, un pur enchantement pour les yeux ! Elles se reflètent dans une lagune glacée dans laquelle se baignent des flamants de la même couleur.

 

 

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Le fils de JC apprend à marcher sur l''eau

Le fils de JC apprend à marcher sur l »eau

 

Nous repartons véritablement émerveillés, avant de déchanter à toute vitesse. Enfin, façon de parler ! La piste atroce de la veille semble se prolonger à l’infini. Nous sommes secoués, malmenés, rebondissant d’un caillou à un autre (et Dieu sait s’ils sont nombreux, puisque c’est une piste empierrée), vibrant à l’unisson avec le fourgon. Pour vous donner un ordre d’idée, imaginez-vous assis sur une machine à laver en position essorage pendant plusieurs heures !! Pas terrible … Essayez, vous verrez que j’ai raison !…  40 kms nous séparent encore du village de Juloca que nous pensons (à tort) être la porte d’entrée du Salar … A 15 kms/h de moyenne, notre supplice semble se prolonger pendant une éternité …

 

Il est plus de midi quand nous passons sans transition d’un paysage de haute montagne à une vaste plaine recouverte d’un désert de sable blond. Nous arrivons enfin à Juloca où Jérôme pense trouver des infos sur le Salar. Malheureusement il s’agit d’un village fantôme à moitié enseveli sous le sable. On se croirait dans un Western ! Tout y est : la voie ferrée, les maisons en terre délabrées, la poussière et les tombes du cimetière qui émergent péniblement du sable… Le seul « cow-boy » encore vivant nous regarde passer devant sa porte sans mot dire … Nous sommes presque seuls et nous n’allons pas tarder à le regretter.

 

 

 

 

Le salar de la peur …

(merci Jean-Raymond !!)

 

Laissant le village derrière nous, nous nous engageons sur une piste de sable. Belle, lisse, longue, nous pouvons enfin dépasser les 15 kms/h … 20, 40, 60 kms/h … Grisés par la « vitesse » nous ratons un embranchement de piste …

 

« – Jérôme ! J’ai une idée géniale ! Comme on a pas grand-chose à raconter dans le blog, tu pourrais faire un truc rigolo avec le fourgon ?

  • Pas de souci ma chérie, je refais le coup des roulements ?
  • Ben … non … ça fait déjà 3 fois … On risque de perdre des lecteurs s’ils se lassent !
  • OK ! Alors, je te propose de faire ½ tour sur la piste, ça changera des roulements !!
  • Ah !! Tu crois ? C’est pas très drôle !
  • Mais si !! Mais si !! Tu vas voir !! »

 

Et hop ! Sitôt dit sitôt fait ! Les deux roues avant s’enfoncent d’un coup dans 30 bons centimètres de terre meuble, limite sables mouvants, tandis que celle de derrière ont également quitté la piste dure. Super ! Bien Joué !! Je la tiens mon anecdote !!

 

Dans la réalité, nous sommes dépités. Il était juste question de faire un ½ tour pour reprendre une piste et non pas d’amuser la galerie en nous tankant sévèrement dans de la glaise … D’ailleurs, quelle galerie ? Au moment où nous nous embourbons, nous sommes absolument seuls au milieu d’un désert de sable/sel/boue. Bien que le fond de l’air soit glacial, le soleil est paradoxalement brûlant (indice 11/11 !). J’installe Charles devant sa tablette, un sandwich comme repas, et sort voir ce que Jérôme en pense. La situation est délicate car le véhicule semble s’enfoncer tout seul doucement. L’avant – et donc le moteur- ne tardent pas à se poser sur la boue. Nous tentons alors de glisser nos plaques sous les roues arrière, mais la tentative de marche arrière ne fait que nous enfoncer un peu plus. Seule solution : les glisser sous les roues avant, qui ont presque disparu dans le sol. Il va falloir creuser à la pelle et à la main là où elle ne passe pas. Creuser à la main sous le fourgon ??? C’est une blague ??? Je regarde mes 10 doigts, ce sont des doigts d’universitaire très agiles sur un clavier d’ordinateur, mais pas du tout aptes à ce genre de tache !! Or, à ce moment précis ce qu’il me faudrait ce sont des pattes avant de ragondin !! Nécessité faisant raison, je renonce provisoirement à toute dignité (que penserait le nain de Morsang sur Orge s’il me voyait ??! – blagounette de juriste pour public averti), et me mets à creuser le sol telle une ragondine souhaitant élargir son terrier. J’fais des trous, des p’tits rous, encore des p’tits trous … et on m’mettra dans un grand trou et j’entendrai plus parler d’trous !!!

 

 

Voilà maintenant plus de 2H30 que nous essayons de nous en sortir, le ventre vide, et toujours aucun autre véhicule à l’horizon. En plus, nous sommes crevés car l’altitude élevée ne favorise pas l’effort physique.  Tout à coup, j’aperçois au loin de la fumée. Or, dans le désert, sauf mirage, il n’y  a pas de fumée sans vent et/ou véhicule. Hourra ! Nous sommes tirés de l’embarras ! Un 4X4 de touristes approche. Nous lui faisons de grands signes. Mais, au moment où il aperçoit que nous sommes en mauvaise posture, il change brusquement de piste pour ne pas nous porter secours. Nous sommes atterrés (sans mauvais jeu de mots) ! Que faire ? On brûle au soleil. J’ai soudain l’intuition – bonne ou mauvaise – qu’il faudra attendre que le sol regèle pour avoir un appui et sortir enfin de notre trou.  Ce qui veut dire passer le reste de la journée et la nuit surplace.

 

Nous sommes quasiment résignés quand un autre 4X4 se profile au loin. Même scénario. Au moment où il nous voit, il s’arrête net, hésitant à rebrousser chemin pour ne pas avoir à nous aider. Cette fois je ne lui laisse pas le choix. Je pars en courant dans sa direction et la conscience du chauffeur fait le reste. C’est une famille de chiliens en Pajero. J’affiche sur mon visage mon sourire n° 112 (vous savez, celui qui veut dire S.O.S. dans toutes les langues et toutes les cultures), sort l’artillerie lourde en lui expliquant que s’il nous laisse ici nous mourrons de soif avec notre enfant (faut ce qu’il faut) et lui demande de nous sangler. Il hésite encore, mais Jérôme a déjà sorti notre sangle. Il faut s’y reprendre en 3 fois, supplier notre sauveur de ne pas nous laisser tomber si près du but, avant de regagner la terre ferme. Un immense merci plus tard et nous voilà repartis !!

 

 

Le Salar bien mérité !

 

Il nous faudra encore 20 bons kms de sablar défoncé avant d’arriver à ce fameux Salar d’Uyuni. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Désolée de vous le dire, mais vous êtes probablement le seul et le dernier sur la planète ! Comment dire ? Le salar est à la Bolivie ce que la tour Eiffel est à la France, le mur à Berlin, le pont à Avignon … ! D’ailleurs, je suis sure que vous avez déjà vu des photos de gens qui bondissent sur celui-ci  (pourquoi, je ne sais pas, mais ils bondissent) ! Il y en a tellement partout sur les blogs de voyageurs, dans les agences de tourisme, que lorsque j’arrive sur celui-ci je sais déjà à quoi m’attendre, ce qui gâche un peu mon plaisir. Mais bon, ne boudons pas d’y être enfin !! L’endroit est exceptionnel au sens propre du terme. Imaginez une surface blanche parfaitement plate, recouverte de sel qui forme des alvéoles planes. C’est immense et fascinant ! Les distances sont abolies, les montagnes qui sont à plus de 80 kms de nous semblent très proches, la vue est complètement bouleversée. Ce soir là nous décidons de dormir au pied de « l’île Incahuasi ». Nous sommes seuls. C’est la pleine lune. Le calme et la sérénité sont revenus !

 

Le Salar de jour :

 

 

 Le salar à la tombée de la nuit :

 

 

 

 

Le salar de nuit sous la pleine lune :

 

 

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Le matin (6H30) nous sommes réveillés par une meute de 4X4 de touristes qui, tels des mercenaires, prennent l’île d’assaut alors qu’il fait encore nuit noire. Je suis bien au chaud dans mon lit et regarde les chauffeurs se cailler fortement dehors. Ce matin là j’avoue éprouver un certain plaisir à penser que celui qui n’a pas voulu nous secourir la veille doit être entrain de se geler quelque part sur l’Altiplano alors que je bois un café brûlant dans mon fourgon surchauffé (mon fond mauvais, certainement). A ta santé l’ami ! Ce matin, nous sommes dans une situation plus enviable que la tienne ! Chacun son tour !

 

 

On croise même Miss Bolivie sur le Salar !

 

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Les yeux du Salar nous regardent !

 

 

Au-revoir le Salar  et ses hôtels de sel !!

 

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2 pensées sur “Le Salar d’Uyuni pour le pire et pour le meilleur !

  • 22 septembre 2015 à 12 h 50 min
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    waouh, comment dire… même si cela n’a pas du être rigolo ce moment si difficile et périlleux… j’étais explosée de rire à te lire… je sais pas drôle, et je pense que maintenant que vous êtes sortis de ce sable presque « mouvant », vous pouvez en rire ! J’adore cette photo (du fourgon) dans cette nuit bleutée étoilée, magnifique !!!!!

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  • 30 octobre 2015 à 13 h 53 min
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    Coucou
    Comme promis je rêvasse en regardant ton carnet de voyage … En dépit des péripéties le Salar de Uyuni a l’air extraordinaire. Je rêve d’y aller tu m’as enchantée

    Belles routes en Patagonie là où tu te trouves au moment où je t’écris

    Bien à toi
    DELPHINE (petite collègue d’Aix)

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