Sucre la délicieuse

Sucre

 

Au Salar d’Uyuni Charles avait été très impressionné par les hôtels construits en briques de sel : les murs étaient en sel, les tables étaient en sel, les lits étaient en sel … Du sel encore du sel ! Il se languissait donc d’aller à Sucre, s’imaginant tels Hansel et Gretel dévorer une porte de maison en caramel, déguster des murs en pain d’épices, grignoter des fenêtres en sucre d’orge… Difficile de lui faire comprendre que Sucre est en fait une ville comme une autre, quand bien même il s’agit de la capitale constitutionnelle de la Bolivie…

Et pourtant, tout commence par la dégustation de cannes à sucre à Yotala

 

Le 31 août, nous faisons une escale dans le village de Yotala. Nous ne sommes déjà plus sur l’Altiplano : le climat est beaucoup plus doux, les vallées sont fertiles, le printemps vient d’arriver, les arbres étant couverts de fleurs et de bourgeons verts tendres.

 

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Le carnaval annuel a eu lieu la veille (nous l’avons raté), mais la fête se poursuit. Des centaines de personnes se pressent autour de l’attraction majeure du jour, une espèce de corrida sans effusion de sang.

 

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L’ambiance est excellente, terriblement bon enfant. A cette occasion des marchands de cannes à sucre sont venus de loin en camion, les épluchant, les découpant en petits morceaux afin de les vendre. Tandis que Charles se rue sur les précieux morceaux dégoulinant de sucre, je lève mon verre plein de chicha (sorte d’alcool de maïs) à ma propre santé (après avoir bu cela dans une corne de vache, je ne suis pas sure de survivre jusqu’au lendemain hihi) !

 

Charles et la canne à sucre :

 

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Val, la chicha et les vendeuses de rue :

 

 

Petit tour de bagnole :

 

 

Le lendemain, dans la rue, nous assistons à la présentation d’un projet scolaire. La Constitution bolivienne de 2009 oblige la prise en compte des diversités communautaires (l’exact opposé de la Constitution française) et chaque région doit veiller au respect des cultures autochtones (ici ce sont des quechuas) et tout faire pour les valoriser. Un peu comme dans la pédagogie Montessori, les enfants sont totalement acteurs dans le processus éducatif. Nous sommes bluffés !

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Des hotels de sel à l’hotel à Sucre

 

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A défaut de trouver des hôtels en sucre, nous décidons de faire une halte quelques jours dans un hôtel à Sucre. Non comestible, c’est pourtant une ville délicieuse à l’architecture coloniale. Ses façades blanches et ses rues très propres contrastent avec le reste de la Bolivie. Pour la première fois du voyage j’entends Jérôme me dire qu’il pourrait vivre ici et se sentir bien. Je suis d’accord. Reste le problème de la pollution des bus qui saturent l’atmosphère de particules toxiques.

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Sucre est une ville très bien organisée. Les gens y circulent à peu près normalement ( sans respect des piétons malgré tout). Les corps de métiers sont regroupés quartier par quartier. Ainsi, si l’on trouve les avocats à côté du Tribunal Suprême (rien de très étonnant, me direz-vous), on trouve leur équivalent végétal à côté des marchands de ketchup et de mayo au marché central !! Pas mal, non ?!

 

Portraits de boliviennes au marché central :

 

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A défaut de se goinfrer de sucreries, Charles finira son séjour à Sucre sous une montagne de frites, dévoré par un dinosaure !

 

 

6 pensées sur “Sucre la délicieuse

  • 4 avril 2016 à 14 h 53 min
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    Bonjour,
    Notre chorale travaille une des « canciones populares argentinas » de Carlos Guastavino, De Camargo voy pa’Sucre, et mes recherches sur Sucre et Yotala m’amènent sur votre site, et votre périple alertement commenté. Je me ferai un plaisir d’inviter mes co-choristes à le visiter, c’est tellement plus joyeux d’avoir dans la tête des images de ce que l’on chante.
    Votre connaissance des lieux ou des traditions locales vous permet-elle de donner une traduction de ce chant : » De Camargo voy pa’Sucre y haré mi posta en Yotala tran tranquito para la capital…Molino que andas moliendo con tanto a fan, trabajo que hacen los pobres, pa’que ostro se coma el pan ». J’ai mis en ligne cette mélodie https://musescore.com/user/95114/scores/1932186, j’y ajouterai volontiers cette traduction en vous citant et en renvoyant vers votre site, si vous le voulez bien.

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    • 6 avril 2016 à 0 h 19 min
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      Bonjour ! Merci de votre gentil message qui nous fait chaud au coeur ! Vous me chargez d’une sacrée mission hihi Je vais faire de mon mieux dans la mesure de mes modestes moyens de traductrice débutante ! Je vous envoie cela dès que possible !

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    • 7 avril 2016 à 17 h 56 min
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      Bonjour,

      Alors j’ai essayé mais je n’en tire rien … j’ai l’impression qu’il y a du patois dedans (qui sait du quechua , car dans cette région il est autant parlé que l’espagnol ) . Il faudrait que je demande à quelqu’un qui connaît les deux langues…

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      • 10 octobre 2016 à 15 h 11 min
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        Merci d’avoir essayé. Compte tenu du rythme, nous pensons dans notre chorale – en tout cas moi qui suis grand père – qu’il s’agit d’une comptine enfantine propre à faire sauter les tout petits sur nous genoux au rythme des cahots du chemin, avec des onomatopées « tran tran quito » sans doute analogues à notre « a dada sur mon bidet », avec un passage pour mouliner avec les mains quand y sont évoqués les « travailleurs faisant tourner vigoureusement les moulins pour procurer aux autres la farine à laquelle eux-mêmes, trop pauvres, n’ont pas accès ».
        Je comprends pourquoi je ne trouve pas de traduction avérée.
        J’ai revu avec plaisir vos photos et journal qui nous promènent ailleurs , si loin et pourtant plus proches de ces frères de notre chère terre commune.

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