Chili : comment sortir des sentiers battus en tombant (encore) en panne ?

San Pedro de Atacama, Calama

 

Ben oui … vous l’avez compris, jamais 2 sans 3 !! C’est fait ! Nous sommes de nouveau en panne et pas très très contents de l’être… Pourtant, tout commençait bien au Chili. Les paysages étaient superbes, les routes goudronnées … Nous sommes allés de San Pedro de Atacama à Calama. Et puis, et puis … un drôle de bruit vlouchvlouchvlouch … des regards surpris dans le fourgon … et stop !!!!!

L’occasion de sortir des sentiers battus me direz-vous ! Certes, San Pedro était totalement touristique, mais nous regrettons quand même de ne pas y être tombés en panne plutôt qu’à Calama, cité minière et peu attrayante. Menfin … C’est la vie !!

 

De l’ivresse de l’argent à San Pedro de Atacama …

 

Le plus étonnant quand on arrive de la frontière bolivienne au village de San Pedro de Atacama au Chili, c’ est certainement l’immense toboggan qui conduit tout droit à ce dernier. La route, belle et goudronnée, plonge en effet de 5000 à 2500 mètres d’altitude, tout droit (aucun virage) sur une vingtaine de kilomètres ! Quel changement avec les mauvaises pistes boliviennes et surtout quelle belle frayeur que de se laisser glisser en évitant de se mettre debout sur les freins tous les 500 mètres ! On arrive en bas soulagés, mais avec une légère odeur de freins brûlés !!

L’arrivée à San Pedro est, elle aussi, source de grand dépaysement … pour les non francophones !! Je dis bien pour les non francophones car, San Pedro de Atacama, 2029 habitants chiliens (recensement 2002, nous dit fièrement la pancarte à l’entrée du pueblo) est avant tout une cité gauloise où la langue de Molière se parle à chaque coin de rue, chaque coin de tables de restos … Il y a tellement de touristes français, qu’on en oublierait presque que nous sommes ici au Chili !

 

Je dis bien presque, car les agences de tourisme local font absolument tout ce qui est en leur pouvoir pour capter cette manne financière venue de loin ! Pour minuscule que soit le village, il  compte quand même de 70 agences qui, toutes, proposent les mêmes excursions et racolent le client dans la rue :mrgreen: :mrgreen: . L’une d’elle se différencie néanmoins, puisqu’elle affiche sur son seuil un petite ardoise indiquant « un français vous accueille et vous accompagne ».  C’est là que nous rencontrons le très sympathique Julien (qui, chose exceptionnelle, connaît  Mallemort, notre petit village d’origine, puisqu’il y a travaillé), en rade avec son véhicule à San Pedro depuis plusieurs semaines et, qui, n’en pouvant plus d’espérer que le garage local se mette un jour à réparer sa bagnole, vend ses services de « guide »  à une agence moyennant l’équivalent chilien de 8 euros  pour 12 heures de présence journalière !!

 

Car oui, San Pedro de Atacama est certes la capitale du désert éponyme, mais aussi et surtout le temple du business touristique du Nord Chili ! Difficile ici de lier connaissance avec des autochtones autrement que pour faire du commerce, la qualité de l’accueil semblant varier en fonction de l’épaisseur supposée du portefeuille du client  !! Tu es là pour raquer, alors, tu raques … Les restos sont plus chers, les hôtels et les campings aussi (40 dollars pour une nuit en camping aaarg). Et puis, surtout, tous les sites sont payants, sauf la vallée de la mort, allant de 2000  à 15 000 pesos  (sans les agences). Bref, si les sites visités sont somptueux, ici tout s’organise autour de l’argent.

 

On avait retrouvé un peu d’authenticité au village de Toconao, avec sa jolie église et sa fête de la Vierge le 14 août où la moitié du village dansait et l’autre regardait.  Pas un touriste à l’horizon, à part nous …

 

 

Nous cherchions de l’authentique ? Encore une fois, nous allions être servis le lendemain !!

 

… A la cité de la peur à Calama

 

Changement de décor. Nous nous arrêtons dimanche en fin d’après-midi à Calama dans le camping « Las cabanas de la vallée ». On ne compte y passer qu’une nuit car Calama est une cité minière sans attrait et charme particuliers. Une ville prospère, une ville à vivre, mais pas une ville musée… 200 000 habitants, des voitures partout, beaucoup d’hommes seuls (les mêmes qui travaillent aux mines), des malls, des supermarchés, des concessionnaires de bagnoles. Une ville entourée d’un désert pas très gai. Ici la vie paraît rude. L’eau est rare, la poussière et le vent  fouettent les visages, la végétation est quasi inexistante. Les seuls arbres qui poussent spontanément sont une race épineuse de mimosas et … des poivriers qui répandent leurs grains aux 4 vents  !!  Même la végétation est inhospitalière hihi ! Seules les petites collégiennes dans leurs uniformes charmants (jupes plissées, chaussettes hautes)  et les petites échoppes multicolores apportent un peu de gaieté à l’ensemble !

Plus étrange, on nous prévient immédiatement que Calama est une ville dangereuse. Il ne faut pas aller en ville avec un appareil photo au risque de se le faire arracher (précision inutile car tu n’aurais pas l’idée d’aller prendre en photo un mall ou la concession Fiat du coin). Il ne faut pas sortir la nuit tombée … Le danger existe-t-il vraiment  ? Difficile à dire … Toujours est-il que la plupart des gens vivent dans des quartiers privés, gardés et entourés de barbelés assortis à la piquante végétation !! Dégage ! semblent nous dire ces quartiers sans âmes !!!!  En les voyant je repense à la chanson de Mickey 3D « La France a peur » . Ici, le « Chili a peur ».

 

 

 

Peut-on rire de tout ? (ben, y va bien falloir …)

 

Et c’est là que les choses deviennent rigolotes : nous (rerere)tombons en panne !! ! A croire que la vie met un malin plaisir à nous faire abandonner nos réflexes d’européens stressés !

1er réflexe à abandonner : tout prévoir ! Ordonnance : répéter comme un mantra : ne rien prévoir, ne rien organiser, ne rien prévoir …

2ème réflexe à abandonner : être pressés et considérer que les journées doivent être amorties ! Ordonnance : répéter comme un mantra : le temps ne vaut rien,  le temps n’existe pas, le temps ne vaut rien, le temps n’existe pas …

3ème réflexe à abandonner : penser que les chiliens sont comme les argentins ! Ordonnance : répéter comme un mantra : tu ne peux compter que sur toi, tu ne peux compter que sur toi …

Ben parce que oui … Un peu bêtement, nous pensions que l’hospitalité argentine pouvait être contagieuse jusqu’au Chili… Sommes-nous mal tombés, pas de chance ? Ou bien les chiliens du Nord sont-ils comme on nous les a décrits : près de leurs sous et indifférents ? Difficile à dire ! Le fait est, néanmoins, qu’à l’exception notable du propriétaire du camping où nous sommes toujours, les rencontres faites ces derniers jours ont été plutôt désagréables.

Tous les garages nous ont envoyé bouler. Pourtant on demandait juste qu’ils commandent les pièces et procèdent à la réparation, sans négocier le prix … Rien … Nous en sommes donc réduits à commander nous-mêmes des pièces en Argentine, voire à les faire commander en France par notre David préféré !

 

Affaire à suivre donc, mais quelque chose me dit que nous allons aller nous employer aux mines (à défaut de faire le guide comme Julien à San Pedro) histoire de tuer le temps !! Ah !! oui ! Ne pas oublier ! Répéter comme un mantra : le temps ne vaut rien ! Le temps n’existe pas ! Julien , nous sommes solidaires ! Tiens bon de ton côté, ce n’est pas le garage de San Pedro qui est rempli de mauvaise volonté, mais tous les garages de la région  !!

 

A moins que nous attendions le mois de janvier pour nous employer sur le Paris Dakar dans la maintenance des véhicules ?!! Avec l’expérience et le vocabulaire qu’on est entrain d’acquérir, je sens que c’est va être un bon job !!! Au fait, en argentin « roulement » se dit « rulamen » et en chilien  « rodamiento » !!!

 

A suivre  …

 

PS – Ne venez pas forcément passer vos vacances à Calama, il n’y a rien à voir ni à faire en tant que touristes. En revanche, le camping « Las cabanas de la vallée » situé 1207 calle Bilbao (à côté du stade), est une bonne adresse : pas chère,avec électricité, WI-Fi, machine à laver, cabanas … et un patron super sympa !!

 

 

4 pensées sur “Chili : comment sortir des sentiers battus en tombant (encore) en panne ?

  • 22 août 2015 à 18 h 17 min
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    Bonjour, les voyageurs !!!!

    Votre voyage semble aussi bien passionnant que stressant parfois !!!!! On a regardé avec Camille toutes les photos qui sont magnifiques ! Quel beau voyage! Ici, Camille a bien profité de ses vacances : cousins à la maison, une semaine à Saint-Étienne, puis à saint Rémy, puis avec nous a cap d’agde! On commence à préparer la rentrée scolaire 🙁 …… Camille est déjà triste a l’idée de ne pas revoir Charles a la rentrée 🙁 heureusement elle part de nouveau chez sa grand mère en Ardèche ! Pour ma part, je reprend moi aussi le boulot le 1er septembre …:-( ! Profitez bien de votre voyage …. Ici a mallemort on vous suit et on pense a vous ! Bon courage surtout ….. Avec la voiture qui a l’air d’être capricieuse !!!!!!!!! Bisous

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    • 22 août 2015 à 20 h 10 min
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      Coucou ! Contente d’avoir de vos nouvelles! Charles est fou de joie de savoir que Camille a regardé le blog ! J’espère que la rentrée ne sera pas trop dure pour vous ! Nous, nous patientons … grosses bises et a très vite !

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  • 7 février 2016 à 16 h 54 min
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    ahah
    j’espère que ous n’y êtes plus si oui appelez moi
    92940023
    suis arrivée samedi 6 à Calama erreur de ??? en bus
    suis en train de faire miens vos mantras
    je vais attendre lundi pour visiter la mine de Chuqi puisque je suis là mais pas très envie ‘aller me noyer dans la foule de SPA
    alors je me disais est ce qu’en partan de Calama vers la Bolivie où je veux aller de toutes façons yaurait pas moyen d’en voir autant qu’en passant par SPA?
    vous qui y etes passés vous auriez des trucs à dire sur le sujet ?
    à plus quisas?
    Michèle

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    • 10 février 2016 à 23 h 21 min
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      Je crois que c’est le cas : si tu passes par Ollague pour aller à Uyuni, il y a plein de volcans et de lagunes aussi. Et c’est beaucoup moins touristique !

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